Nouvelle escale de BRITISH SEA POWER à la Rotonde

0 Participations


Initialement prévu le 17 mars dernier pour accompagner la sortie de leur nouvel album et reporté pour des raisons restées nébuleuses, le concert de British Sea Power s’est finalement déroulé ce vendredi 7 octobre à la Rotonde du Botanique. Un endroit qu’ils connaissent bien puisque la dernière fois qu’ils ont joué dans une salle belge, c’était ici même, en février 2008… Nouvelle date donc, mais première partie différente. En effet, en lieu et place de The Sparrow & The Workshop prévu à l’époque, c’est A Classic Education qui a lancé les festivités ce soir. Il s’agit d’un groupe italien qui aurait tout aussi bien pu provenir de la banlieue de Manchester. Par le look du chanteur, tout d’abord, dont la coiffure hirsute rappelle celle de Morrissey aux débuts des Smiths. Via leur son, ensuite, qui s’inspire du rock indé tel qu’on l’a découvert dans les années 80. Encore que, le college rock US de la même période n’est pas à exclure non plus.

Ceci dit, ils parviennent malgré tout, au moyen d’un son légèrement crasseux, à se forger une propre identité (les envolées énergiques qui doivent beaucoup au punk par moments n’y sont pas étrangères non plus). Le leader (qui parle un français de très bonne facture) capte majoritairement l’attention, au contraire de la claviériste à sa droite, qui a l’air de s’ennuyer fermement. Dans l’ensemble, quelques bons moments nous encouragent à aller jeter une oreille attentive à leur premier album, “Call It Blazing”, qui arrivera d’ici la fin octobre.

British Sea Power a sorti début d’année
Valhalla Dancehall
, un quatrième album d’excellente facture qui fait suite à un projet particulier. On leur a en effet demandé de composer une nouvelle bande originale à un documentaire filmé en 1934, “Man Of Aran”. Un exercice peu courant, mais qui a eu le mérite de développer les facultés d’un groupe par définition peu conventionnel.

On a toutefois l’impression qu’ils se concentrent de plus en plus sur la musique car les allusions et les références visuelles à leur nom sont désormais complètement absentes de leurs prestations. Un décor sobre donc, et un début de concert qui sera particulièrement brouillon ce soir. En plus d’une balance hasardeuse, les guitares ne se faisaient entendre que superficiellement. On n’a dès lors pas du tout profité de “Wooden Horse” ni de “Larsen B”. Pire, ceux qui étaient aux premiers rangs ont même eu la désagréable vision d’un roadie s’affairant non stop sur des pédales à effets récalcitrantes. Ne mentionnons même pas la violoniste qui se trouve à l’extrême droite de la scène, dont l’instrument passera complètement inaperçu, car il s’agit d’une remarque récurrente…

À partir de “We Are Sound”, les choses ont commencé à aller mieux, mais ce n’est pas avant un très sombre “Mongk” que l’on rentrera dans le concert. Surtout qu’arrivera rapidement un moment de pur bonheur sous la forme d’une trilogie que l’on caractérisera à posteriori de point d’orgue: “No Lucifer”, délicieusement pop, suivi de “Who’s In Control?” au son caractéristique et de “Lights Out For Darker Skies”, un des meilleurs extraits de “Do You Like Rock Music?”, leur impeccable opus précédent.

Cependant, la suite se révèlera plus ou moins inégale, un peu comme s’ils voulaient à tout prix se montrer généreux. 1h45 de concert, ce n’est pas courant mais on n’aurait pas crié au scandale s’ils avaient joué une demi-heure de moins en canalisant leurs idées. Ainsi, des titres comme “Living Is So Easy” ou l’explosif “Atom” s’avèrent bien plus essentiels que “North Hanging Rock” ou “Observe The Skies”, qui ont conduit certains spectateurs à déserter la salle avant terme. Autre reproche, plus personnel, celui-là : alors qu’Hamilton possède une voix bien plus captivante que Yan, celui-ci ne lui cèdera le micro qu’à de trop rares occasions (“Baby”, par exemple, était assez atypique).

Heureusement, la dernière partie du set allait remettre les choses en place. On a notamment découvert une facette inédite du groupe au travers de “Bear” (un extrait du EP “Zeus” sorti l’an dernier) dont le final presqu’électronique en a (positivement) surpris plus d’un. Par la suite, on a retrouvé pleinement le British Sea Power tel qu’on l’attendait, avec les désormais classiques “Carrion” et “Waving Flags” alors que l’envoûtant “The Great Skua” va ponctuer un rappel au format inhabituel qui récompensera les fidèles spectateurs alors que minuit se rapprochait… Et si la prochaine fois, ils apprenaient à devenir un rien plus égoïstes ?

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :