L’irrésistible ascension de BAND OF SKULLS

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La popularité grandissante de Band Of Skulls pourrait se mesurer au fur et à mesure de leurs visites au Botanique. Après le Witloof Bar en janvier 2010 et la Rotonde quelques mois plus tard, c’est dans une Orangerie pleine à craquer que le plus américain des trios de blues rock anglais est venu présenter son futur deuxième album ce mercredi 19 octobre. La première partie avait été confiée à Broken Hands, un tout jeune groupe provenant du Kent dans le sud-est de l’Angleterre et qui officie dans le même registre, c’est-à-dire qu’ils s’avouent particulièrement sensibles aux sonorités vintage. Une fois n’est pas coutume, la balance était impeccablement réglée et la voix du chanteur Dale Norton a ainsi donné la pleine mesure de sa puissance. Une voix criarde légèrement cassée qui nous fait penser à Noddy Holder, le leader de Slade.

Précisons tout de même que le visuel adopté ne part absolument pas dans les délires à paillettes du glam rock. Au contraire, ces petits jeunes ont une attitude naturellement cool qui les rend encore plus crédibles. Et lorsqu’ils se perdent dans des moments inspirés des Doors, on se rend compte que leurs influences dépassent largement le cadre dans lequel on aurait tendance à vouloir les enfermer au premier coup d’oreille. Etant donné leur relative candeur dans le milieu, leur marge de progression semble immense et on ne crierait pas au scandale si d’aventure ils revenaient en tête d’affiche dans les prochains mois tant on sent un talent bien présent.

Après avoir tourné assidûment Baby Darling Doll Face Honey, un premier album qui leur a permis de prolonger la curiosité consécutive à l’incursion d’un de leurs titres (“Friends”) sur la B.O. du film “Twilight: New Moon” (même si, en réalité, c’est l’inverse qui s’est produit…), Band Of Skulls est rentré en studio pour mettre en boîte leur deuxième album qui devrait sortir d’ici le début de l’année prochaine. En attendant, les revoici partis sur les routes pour déjà prêcher la bonne parole au travers de leurs nouvelles compositions.

C’est d’ailleurs avec deux d’entre elles, “Sweet Sour” et “Lies”, qu’ils vont, sans round d’observation, prendre le public à la gorge. Leur blues rock moderne bourré d’énergie n’éprouve en effet aucune peine à convaincre des spectateurs dont beaucoup se sont retrouvés dans la salle par recommandation ou bouche à oreille. Une preuve supplémentaire qu’un bon groupe live ne peut que faire l’unanimité, peu importe le degré de popularité qui entoure ses compositions.

Il est vrai aussi que l’on est en présence de trois musiciens virtuoses qui manient leur instrument respectif à la perfection. En plus de la guitare et de la basse, les voix respectivement de Russel Mardsen et d’Emma Richardson se complètent à merveille. On pense par moment à The Kills (le dernier single “The Devil Takes Care Of His Own” en est un bon exemple), surtout grâce au batteur Matt Hayward, véritable pieuvre qui n’a rien à envier à Tyson Vogel (Two Gallants) et qui apporte une chaleur stratégique à l’ensemble.

Assez curieusement, ce sont les nouveaux titres qui vont le plus nous impressionner ce soir (“Bruises” est un futur hit alors que “Wanderlust” se veut novateur avec des parties de guitares plus travaillées). La puissance et la conviction avec laquelle ils vont les interpréter va de fait apporter un petit quelque chose en plus qui va, contre toute attente, reléguer les extraits du premier album un rien en deçà de nos attentes, même si hâtons-nous de préciser que les excellents “Patterns”, “Fires” ou “Blood” font toujours le boulot. Une constatation qui démontre combien le groupe chevelu de Southampton paraît loin d’avoir épuisé ses munitions.

Avec “Death By Diamonds And Pearls” et “I Know What I Am”, la fin du set prendra une tournure musclée qui ravira un public réellement en train de prendre son pied et qui succombera carrément au moment où le groupe reviendra pour un rappel entamé avec le très expressif “Hollywood Bowl” alors qu’“Impossible” mettra un terme à un concert très réussi. Avec un deuxième album sous le bras début 2012, il y a gros à parier que Band Of Skulls sera invité aux Nuits du Bota l’an prochain. Le chapiteau devrait dans ce cas compléter leur appréciable palmarès au Botanique…

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