THE JOY FORMIDABLE au Bota, six mois plus tard…

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L’avantage de se montrer curieux par rapport aux groupes émergents de la scène musicale indépendante, c’est que l’on a la possibilité de les voir évoluer et prendre de l’assurance au fur et à mesure de leurs venues. Et cela peut parfois aller très vite. Ainsi, les Gallois de The Joy Formidable sont passés, en six mois, de la Rotonde à l’Orangerie du Botanique, où ils se sont produits ce mardi 25 octobre. Pour être honnête, on pensait vraiment se retrouver dans une salle un rien surdimensionnée pour eux. Et bien pas du tout. Un public nombreux et averti avait effectué le déplacement, tout en ne snobant pas la première partie, assurée par Funeral Suits. Il s’agit d’un quatuor irlandais en passe de sortir un premier album (produit par le légendaire Stephen Street) et qui, manifestement, s’est construit une identité sur le circuit live. C’est en tout cas l’impression qui s’est dégagée du début du set grâce à des guitares nerveuses, deux chanteurs aux voix complémentaires et une énergie canalisée, quelque part entre Gang Of Four, Foals et The Young Knives.

Il faut savoir qu’à part le batteur, les trois autres s’échangent aussi bien leur place sur scène que leurs instruments. En parlant d’instrument, pointons un synthé récalcitrant qui finira par énerver passablement celui qui essayait vainement d’en faire sortir un son, perturbant irrévocablement la suite de la prestation du groupe. Peut-être s’agissait-il d’un signe car les compositions qui fonctionnent le mieux font abstraction des sons synthétiques. Preuve en a été donnée lors du final puissant qui nous a définitivement donné l’envie d’aller jeter une oreille à leur album dès que celui-ci sera disponible.

The Joy Formidable sont des habitués du Botanique. En décembre 2009 déjà, ils avaient ouvert pour The Temper Trap à la Rotonde et en mars dernier, c’est dans la même salle qu’ils ont joué en tête d’affiche pour la première fois en Belgique. Entre-temps, “The Big Roar”, leur premier album, est finalement sorti, succédant à un nombre impressionnant de singles et d’EP’s depuis 2008. En tout cas, Ritz Bryan, la souriante chanteuse (comme son nom ne l’indique pas) blonde platine du trio, ne manquera pas de le signaler à de nombreuses reprises…

Ceux qui s’attendaient à une redite de leur concert d’il y a quelques mois en sont restés pour leurs frais, notamment grâce au thème de la soirée puisé dans les fonds marins (le décor à l’arrière de la scène, une mini barre accrochée au micro et une musique d’intro que l’on jurerait enregistrée dans un sous-marin). Cela dit, le calme inhérent aux profondeurs va rapidement faire place à un déluge de décibels avec “A Heavy Abacus” et “The Magnifying Glass”, les deux premiers titres du concert qui vont nous faire comprendre qu’ils ne se sont pas déplacés pour une croisière tranquille…

En effet, la spitante chanteuse qui ne tient pas en place est entourée du guitariste Rhydian Davies et du batteur Matt Thomas (qui joue parallèlement à la scène pour un effet garanti, même si parfois, il en fait un peu trop). De plus, il tient particulièrement à ses baguettes, au point de les jeter dans un coin de la scène à l’issue du concert au lieu de les offrir à la foule en délire. Musicalement, on pense à du Sky Larkin en plus musclé ou a du Blood Red Shoes en plus travaillé. Encore que, c’est mon voisin de concert qui a mis le doigt sur une comparaison pertinente: le rock indé de Veruca Salt au milieu des 90’s.

Toujours est-il qu’ils ne vont laisser aucun répit aux oreilles des spectateurs qui, manifestement, avaient rallié le Bota en connaissance de cause. Des titres comme “Austere” ou “The Greatest Light Is The Greatest Shade” ont gagné en maturité et leur interprétation ce soir efface d’un revers de la main le sentiment brouillon qui avait prévalu à l’époque. Ils maîtrisent désormais impeccablement leur sujet et “Whirring”, titre pop qui se transforme petit à petit en tuerie sonore va, à coup de larsens et d’effets stroboscopiques agressifs, nous transporter dans le même sous-marin qu’au début, mais en pleine attaque ennemie avec une certaine panique à bord.

On a d’ailleurs douté qu’ils reviennent sur scène, tant l’intensité de ce morceau avait été digne d’une fin de rappel. La bonne surprise, c’est que non seulement ils sont revenus, mais qu’ils ont surtout réussi à maintenir l’attention focalisée sur eux, grâce au single “I Don’t Want To See You Like This”, dédicacé à un membre du public qui en avait fait la demande juste avant, mais surtout à “The Everchanging Spectrum Of A Lie”, pièce d’une petite dizaine de minutes construite patiemment et qui finit par atteindre des sommets. Visiblement, un deuxième album serait déjà prêt et une tournée en 2012 programmée. Un conseil: soyez curieux…

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