L’ouragan BLACK BOX REVELATION s’abat sur l’AB

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La semaine dernière, Black Box Revelation jouait à l’Eden de Charleroi dans une salle loin d’afficher complet. Un contraste saisissant avec la ferveur qui régnait ce vendredi 4 novembre à l’occasion de la deuxième date d’affilée archi sold out du duo bruxellois à l’Ancienne Belgique, où ils venaient présenter leur troisième album, “My Perception”.

Bonne nouvelle pour ceux qui ont eu la chance d’assister aux deux concerts, la première partie était différente de la veille. En effet, ce soir, c’est Ganashake qui s’est occupé de chauffer un public traditionnellement curieux. Au vu des influences de ce jeune trio originaire des environs de Machelen, il s’agissait effectivement d’un très bon choix. On remarque instantanément une filiation avec Jimi Hendrix (la manière de chanter, même si le timbre de voix renvoie plutôt du côté de Paul Weller) et Led Zeppelin (les guitares très classic rock) dans la plus pure tradition rock ‘n’ roll.

Impeccable d’un point de vue musical, on pourrait toutefois leur reprocher de se concentrer un peu trop sur leurs instruments au détriment d’un contact avec le public. On a ainsi l’impression qu’ils vivent dans leur monde et que la bulle qui les enveloppe sur scène les protège de la réalité. Ceci dit, ce sont des détails qui se corrigent mais on peut toutefois affirmer que la demi-heure intense qu’ils ont proposée a atteint son objectif initial.

Avec “My Perception”, le troisième album de Black Box Revelation en quatre ans, le chanteur guitariste Jan Paternoster et le batteur Dries Van Dijck, affinent leur style et deviennent des acteurs incontournables de la scène musicale belge indépendante (à l’instar de Triggerfinger, par exemple, même si ces derniers ont nettement plus de bouteille qu’eux). En tout cas, une chose est certaine, ils ont du talent à revendre et la prestation de ce soir va conforter cette impression.

C’est d’ailleurs avec une poignée d’extraits de leur nouvelle plaque qu’ils vont entamer les festivités, prenant les spectateurs à la gorge sans concession. “Madhouse” va ainsi indiquer d’emblée la direction que prendra la soirée, entre guitares crasseuses et blues rock nerveux sur fond de compositions réarrangées pour le live, suivi d’un puissant “Rattle My Heart” et d’un “Bitter” incroyable d’intensité. À l’arrière de la scène, une banderole rectangulaire sobre va refléter les ombres des musiciens qui n’ont sans doute jamais été aussi épanouis. Curieusement, le leader a enfilé une vareuse qui tient presque de la tunique, en contraste avec le son volontairement daté qui s’échappe des amplis.

Ceci dit, cela n’a aucunement empêché les deux compères de montrer toute l’étendue de leur talent en retournant la salle tout en restant fidèle à leur réputation. Car ce qui frappe surtout chez eux, c’est la complicité qui les lie. Une alchimie qui explique en partie la formule magique du duo, à tel point qu’un musicien supplémentaire ne pourrait que perturber la mise en place savamment orchestrée. En deux mots, il n’y a pas de place pour un bassiste ou, pire, des claviers qui dénatureraient l’ensemble. Lorsque les coups de baguette de Dries Van Dijck répondent aux riffs de guitare de Jan Paternoster, rien ne peut leur arriver. Quant à la voix nasillarde de ce dernier, elle s’avère tout simplement parfaite pour ce genre de compositions.

Ce soir, autant les nouveaux titres (pointons encore les évidents “My Perception” et “Shadowman”) que les classiques des deux premiers albums (“Set Your Head On Fire”, “Hang On A Wire” et la bombe qu’est “I Think I Like It”, notamment) feront l’unanimité. Bien que, par moments (sur “I Don’t Like It” par exemple), une trop grande place est laissée à l’improvisation, avec pour conséquence un allongement inutile des morceaux. Il est vrai que ce sont des virtuoses et qu’ils n’hésitent pas à le montrer, mais le spectateur lambda risque dès lors de se perdre dans leurs délires sonores. Encore que la puissance et l’énergie qui caractérisent leurs prestations ont tendance à balayer ces affirmations d’un revers de la main.

Pour les retardataires, une nouvelle date est annoncée au même endroit le 10 avril 2012. Nul ne doute qu’avec six mois de pratique supplémentaire sur les planches (en support notamment de Beady Eye et des Meat Puppets aux States), ils auront encore gagné en intensité. À bon entendeur…

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