S.C.U.M passe par la case AB

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Bien qu’ils soient présents sur le circuit depuis quelques temps déjà, les Londoniens de S.C.U.M sont enfin passés à la vitesse supérieure l’an dernier en sortant un recommandable premier album (“Again Into Eyes”) sur le célèbre label indépendant Mute. Leur tournée européenne des clubs faisait escale au premier étage de l’Ancienne Belgique ce mercredi 1er février. En tout cas, ils n’ont vraisemblablement pas choisi le groupe qui allait ouvrir pour eux ce soir. On pourrait même tabler sur le fait que le manager de Sabena soit quelqu’un de très influent au pouvoir de persuasion particulièrement affûté (ils allaient également assurer la première partie de Customs quelques jours plus tard). En effet, les atmosphères colorées dégagées par ce nouveau groupe belge contrastent radicalement avec l’environnement ténébreux véhiculé par les stars de la soirée.

Il est d’ailleurs assez compliqué de leur coller une étiquette, mais tentons de résumer en trip hop ethnique sur des beats electro parsemés de samples, le tout chapeauté par des incantations tribales et une mise en scène à la limite du ridicule. Citons pêle-mêle un sosie du Professeur Decodor (pour les fans des Snuls) vêtu d’un cache-poussière qui arbore le nom du groupe, des chorégraphies rappelant les instructions d’une hôtesse de l’air avant le décollage quand ce ne sont pas des mains baladeuses qui tapent en rythme sur les fesses de la chanteuse.

Ceci dit, la voix de cette dernière sauve l’ensemble d’une mascarade sonore finalement assez brouillonne au volume exagérément poussé dans le rouge. Le public présent n’étant clairement pas prêt à subir ce type de prestation, leur set s’est terminé dans l’indifférence quasi générale. Wrong time, wrong place, assurément…

On avait découvert S.C.U.M en première partie de The Horrors au Cirque Royal en février 2010 et ils nous avaient déjà fait bonne impression, confirmée l’an dernier au Trix lorsqu’ils avaient joué avant The Kills. Autant dire que la scène n’a plus vraiment de secret pour Thomas Cohen et ses compères parmi lesquels on retrouve notamment le bassiste Huw Webb (le frère de Rhys Webb de The Horrors) et le claviériste Samuel Kilcoyne (le fondateur des Underage Club Nights, genre de soirées concerts outre-Manche réservées aux moins de 18 ans). À leurs côtés, la fluette batteuse androgyne Melissa Rigby et le co-fondateur du groupe Bradley Baker complètent le line-up.

On attendait d’eux qu’ils nous prennent d’emblée à la gorge afin d’oublier la soirée en demi-teinte qui nous avait été imposée jusque là et ils ne nous ont pas déçus… On n’a effectivement jamais été aussi heureux de se retrouver dans l’obscurité et d’entendre “Days Untrue” que ce soir. Cheveux longs et natte fantaisiste, Thomas Cohen sera instantanément dans son trip alors que sa voix caverneuse et nasillarde va poser les bases d’un environnement sombre sans pour autant devenir sinistre. Elle sera même par moments pleine de chaleur comme sur le magnifique “Paris” interprété plus tard dans le set.

En attendant, à l’instar du concert d’Echo & The Bunnymen un étage plus bas une quinzaine de jours auparavant, on ne distingue pas grand-chose sur scène. Tout au plus l’usage intensif des stroboscopes permet de distinguer des ombres de manière plus précise et de se rendre compte du fait qu’ils sont extrêmement jeunes mais qu’ils ont surtout du talent à revendre. Ils vont d’ailleurs intelligemment laisser leurs instruments s’exprimer, préférant limiter la communication au minimum syndical.

Fougueuse par moments (“Faith Unfolds”, “Amber Hands”), leur prestation va également se faire plus subtile en incorporant des influences intemporelles (“Cast Into Seasons” rappelle Joy Division) qui vont même jusqu’à nous faire penser à du shoegazing gothique (“Summon The Sound”). Mais ce sera surtout l’excellent “Whitechapel”, composition savamment construite et articulée autour d’une basse affolante, qui va faire office d’hymne de la soirée. On s’attendait à ce que ce titre soit joué en toute fin de set, mais certainement pas à ce qu’il clôture brusquement le concert, après à peine quarante-cinq minutes d’une prestation intense. En d’autres mots, on n’aurait pas craché sur l’un ou l’autre rappel… Rendez-vous à Dour cet été?

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