La séduisante métamorphose des MACCABEES

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Avec l’excellent “Given To The Wild”, les Maccabees ont peut-être déjà sorti un des albums de l’année. Les premières critiques vont en tout cas dans ce sens, même si c’est surtout l’Angleterre qui succombe à leurs charmes pour le moment. Ils n’ont toutefois eu aucun mal à remplir l’Orangerie du Botanique où ils se produisaient ce jeudi 9 février. Autant le dire d’emblée, la soirée s’est avérée excellente de bout en bout, et le groupe choisi pour assurer la première partie n’y est certainement pas étranger. En effet, We Are Augustines, un trio de Brooklyn pour qui l’énergie n’est pas un vain mot, a instantanément mis le feu à une salle déjà bien garnie, en démarrant pied au plancher.

Pendant une demi-heure, ils ont balancé des compositions parfaitement au point, dans un style qui rappelle autant U2 et Pearl Jam que Soundgarden. Il faut dire que la voix du chanteur Billy McCarthy laisse non seulement passer des émotions, mais se veut surtout franche et directe lorsqu’il s’agit de se marier avec les guitares nerveuses environnantes. Non seulement, ils ont donné des regrets aux retardataires, mais ils ont surtout démontré qu’ils risquent de ne pas rester confinés bien longtemps dans des petites salles. Leur son a déjà le potentiel pour illuminer un stade, reste à voir si les aléas de la vie de musiciens les mèneront jusque-là…

En juin 2009, les Maccabees avaient joué à la Rotonde en support de leur deuxième opus (“Wall Of Arms”) et on avait assisté à une prestation honnête, mais sans grand éclat. Quelques mois plus tard, ils ouvraient pour Editors à Forest National avant de passer par le festival de Dour en 2010, avec plus ou moins la même impression. Raison pour laquelle les ambitions dévoilées lors de leur entrée en studio paraissaient démesurées à nos yeux.

Toutefois, à l’écoute du produit fini, on peut sans crainte affirmer que le groupe londonien a non seulement atteint une certaine maturité, mais leur approche musicale a également intelligemment évolué vers des contrées plus pointues. Un état de fait impensable à l’écoute de leur premier album (“Colour It In”) qui apparaît désormais bien candide (ils ne vont d’ailleurs y replonger que très rarement, oubliant même le single qui les a révélés au grand public, “Toothpaste Kisses”).

Ils vont d’ailleurs débuter leur set avec les deux premières plages de “Given To The Wild” (“Child” et “Feel To Follow”) qui peuvent, dans un premier temps, apparaître étonnamment construites en tendant vers une approche pompeuse à la limite du progressif. Mais lorsque les guitares s’en mêlent, on arrive dans un univers radicalement différent aux envolées délicieuses qui ne peuvent laisser personne de marbre.

Bien au contraire, la voix d’Orlando Weeks, bien que reconnaissable (à l’instar de sa coupe de cheveux au bol), n’a jamais paru aussi posée et assurée que maintenant. Les deux frères aux guitares (Felix et Hugo White aux allures de surfeur) s’en donnent à cœur joie alors que l’imparable basse de Rupert Jarvis et le jeu de batterie régulier de Sam Doyle complètent la rythmique. Ils se font accompagner par un claviériste de tournée bien utile pour rendre sur scène les atmosphères du nouvel album.

Une plaque dont ils sont particulièrement fiers et qu’ils vont arpenter de long en large avec un cœur grand comme ça. Alors que leur style semblait relativement convenu jusqu’alors, ils parviennent désormais à brouiller les pistes en gardant une ligne de conduite rationnelle. Prenez par exemple “Glimmer” aux influences très Roxy Music ou “Went Away” que n’aurait pas renié Arcade Fire. Quant à l’excellent “Forever I’ve Known”, il capture l’essence même de la nouvelle direction du groupe tout en restant fidèle à ses racines.

Cela dit, parmi les titres issus de leur back catalogue, un des grands moments de la soirée sera leur impeccable version de “No Kind Words” qui a encore gagné en intensité tout en apparaissant moins sinistre que par le passé. On pourrait même presque le mettre à égalité énergique avec le fougueux “X-Ray”, puisé dans le premier album. Autres moments choisis, les désormais classiques “Can You Give It” et “Love You Better” qui ont encore fait grimper la température.

Si “Pelican” n’était pas le choix le plus judicieux pour terminer le set principal, on n’aurait pas rêvé mieux que l’incroyable “Unknow” pour entamer les rappels. Cette composition atypique a montré toute l’ampleur de sa puissance ce soir, bien aidée par des jeux de lumière subtilement dosés et une basse à tomber. Le plus ancien “Precious Time” et la plage de clôture de “Given To The Wild” (“Grew Up At Midnight”) se chargeant d’achever une prestation exempte de tout reproche. Un excellent concert de la part d’un groupe qui est clairement passé dans une catégorie supérieure. Le fait qu’ils viennent d’être annoncés au prochain festival de Werchter n’est donc que la suite logique dans leur désormais irrésistible ascension…

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