Rien de neuf sous le soleil de CLAP YOUR HANDS SAY YEAH

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Quarante-huit heures après le concert des Maccabees, retour à l’Orangerie du Botanique ce samedi 11 février pour la prestation de Clap Your Hands Say Yeah, un groupe qui venait également défendre son troisième album. Cela dit, le parallèle entre les deux formations s’arrêtait ici, vu que leurs carrières respectives ont suivi jusqu’à présent des directions diamétralement opposées. En effet, les premiers nommés ont gravi petit à petit les marches de la reconnaissance alors que les New-Yorkais se sont brusquement retrouvés sur le devant de la scène en 2005 grâce à un premier album éponyme distribué de manière artisanale qui a généré un buzz sur Internet. La suite a été moins glorieuse (le catastrophique follow-up “Some Loud Thunder”) mais la sortie de leur très réussie nouvelle plaque (“Hysterical”) va peut-être les aider à remettre les pendules à l’heure.

En guise d’apéro, ils avaient invité Meursault, mais les œnologues amateurs vont rester sur leur faim, car ces Écossais semblent avoir été davantage inspirés par les grands espaces américains que par les vignobles bourguignons. On pense ainsi furieusement à Bruce Springsteen voire à Eddie Vedder par rapport aux intonations du chanteur dont le visage particulièrement expressif fait partie intégrante du spectacle.

Musicalement, la folk qui parsème leurs disques se voit avantageusement boostée sur scène grâce notamment à deux guitares (parfois trois lorsqu’un roadie vient leur donner un coup de main). En fait, ce sont surtout les parties électriques et nerveuses qui permettent aux compositions de décoller et de trancher avec le calme relatif inhérent à certaines parties de leurs titres. L’un dans l’autre, on a accroché malgré quelques longueurs…

Il aura donc fallu quatre bonnes années à Clap Your Hands Say Yeah pour revenir sur le devant de la scène et passer outre l’épisode loupé de “Some Loud Thunder”. Entre-temps, le leader Alec Ounsworth s’est fendu d’une escapade en solitaire (“Mo Beauty”, 2009) et a développé un projet parallèle sous le nom de Flashy Python (“Skin And Bones”, la même année).

C’est dire si “Hysterical”, leur troisième plaque, fait office de quitte ou double. Un album qui tient la route et sur lequel la voix du chanteur se révèle bien moins énervante que par le passé. Un soulagement pour les uns (c’est notre cas) et un sacrilège pour les autres. Quoi qu’il en soit, la question était de savoir comment tout ceci allait se goupiller sur une scène…

La réponse allait venir rapidement et, malheureusement pour nous, ce sont les partisans de la seconde catégorie qui allaient prendre leur pied ce soir. En effet, Alec Ounsworth, lunettes de geek et casquette vissée sur la tête, va (ab)user de son organe vocal. Si on ne sera pas surpris de le remarquer sur “Let The Cool Goddess Rust Away”, il en sera différent lors de “Same Mistake”, le premier nouveau titre joué. La voix nasillarde et par moments plaintive du chanteur prendra invariablement le dessus tout au long du set, et finira par nous taper sur le système.

Cela dit, un concert ne se limite heureusement pas à une voix et le fait de prendre un peu de recul par rapport à celle-ci permet d’appréhender les compositions d’une autre manière. La construction pas toujours conventionnelle en est une, les petites pointes pop mélodieuses jalonnées d’arpèges à la guitare en sont une autre. D’un point de vue visuel, en revanche, on est loin d’être en présence d’un groupe qui prend son pied sur scène…

Hormis “Satan Said Dance” qui est peut-être bien leur morceau de bravoure, ils vont partager équitablement la set-list entre la découverte du nouvel album et les extraits de celui qui les a révélés à l’époque. On a dès lors eu la confirmation qu’“Hysterical” contient quelques petites perles dont une plage titulaire redoutable d’efficacité, un “Ketamine And Ecstacy” dansant aux sonorités 80’s ou encore un très beau “Misspent Youth”.

Parallèlement, les classiques du groupe que sont “In This Home On Ice” et “Over And Over Again (Lost And Found)” vont combler de bonheur des fans qui s’étaient visiblement déplacés en masse pour entendre les hits. Ils seront particulièrement comblés lors du final qui verra se succéder “Is This Love?”, “The Skin Of My Yellow Country Teeth” et “Upon This Tidal Wave Of Young Blood”. Une trilogie qui a eu pour effet de provoquer des scènes de danses hystériques. Cela dit, le groupe n’a pris aucun risque non plus à ce niveau…

Parmi les rappels, on retiendra surtout le titre atypique du dernier album, “Adam’s Plane”, comptine folk à la croisée des chemins entre Neil Young et Bod Dylan (l’harmonica fait beaucoup) avant de virer vers une composition prenante à souhait. “Heavy Metal” clôturera les débats sur une note malgré tout positive. Il suffisait de ne pas trop faire attention à la voix…

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