TRIBES, un air de déjà entendu…

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Trois mois après avoir assuré la première partie de Kaiser Chiefs un étage plus bas, les jeunes Londoniens de Tribes étaient de retour à l’Ancienne Belgique ce lundi 27 février, mais au Club cette fois, précédés d’un buzz comme les journalistes anglais ont la manie d’en créer chaque semaine. C’est à Thin Line Men qu’avait été confié le soin de poser les bases d’une soirée qui s’annonçait guitares en avant. En tout cas, ce groupe basé à Ostende dont le premier album officiel (“Out On The Tiles”) est sorti fin d’année dernière a saisi sa chance à pleines mains, en proposant un set musclé et affûté. On est effectivement en présence d’une formation parfaitement en place pour qui la scène semble être un terrain de jeu idéal. Ceci s’explique sans doute par le fait qu’ils mettent leur son en place depuis un certain temps déjà (un album autoproduit, “Hitchhiker”, était sorti en 2005).

Un son résolument rock qui fonctionne particulièrement bien lorsque les influences se retrouvent puisées dans la vague Madchester du tout début des années 90. En fermant les yeux, on a parfois l’impression d’entendre un pont entre les Stone Roses (le groove) et les Charlatans (la voix). Il faut dire que les légères pointes électroniques qui boostent ces compositions les font sortir du lot. Le reste du set pâlit dès lors de la comparaison en proposant un environnement pop rock qui rappelle de temps à autre le Ryan Adams de la bonne époque, par exemple.

Ceci dit, on a également l’impression que certaines idées ne sont pas complètement exploitées, comme lorsqu’un cinquième musicien vient sporadiquement jouer de l’harmonica ou du tambourin, voire apporter une seconde voix avant de disparaître aussitôt. Néanmoins, leur potentiel est réel et ne devrait que se bonifier avec le temps.


Cela fait une bonne année maintenant que Tribes, les natifs de Camden, sont choyés par la presse musicale britannique. Et la sortie de leur premier album (“Baby”) en janvier dernier n’a fait qu’accentuer la chose (la plaque atteindra le top 20). Dans la foulée, ils ont été invités à participer au NME Awards Tour 2012 aux côtés notamment de Metronomy et de Two Door Cinema Club.

Quoi qu’il en soit, la hype n’a pas l’air d’avoir traversé la Manche puisque la salle est loin d’afficher complet ce soir. En revanche, le public présent ressemble un peu à celui des Wombats. Entendez par là que la moyenne d’âge doit osciller aux alentours de la majorité sexuelle. Bon nombre de parents accompagnant leurs rejetons auront même l’occasion de se plonger dans leur jeunesse rebelle à l’écoute de la play-list punk rock qui accompagne les roadies dans les soundchecks.

D’ailleurs, lorsque “Whenever”, la plage d’intro de “Baby”, lance les festivités sur les chapeaux de roue, on s’attend légitimement à un set intense, surtout que “Girlfriend” embraye dans la même veine. Il faudra pourtant rapidement déchanter. En effet, en lieu et place de la fougue des Strokes ou des Libertines (qu’ils revendiquent), on navigue plutôt dans un rock propret que ne renieraient pas les Kooks ou les Rifles. Hasard ou pas, le chanteur Johnny Lloyd a un petit air de famille de Luke Pritchard (le leader des premiers cités) tandis que le look du guitariste Dan White s’inspire de celui de Lucas Crowther (le guitariste des seconds).


Ainsi, on se retrouve bien trop souvent dans un pastiche déjà entendu qui renvoie principalement vers la Britpop (“Corner Of An English Field” fait furieusement penser à Blur alors que “Walking In The Street” rappelle Menswear) ou de lointaines influences punk gentillettes (l’intro de “When My Day Comes” est pompée à la version du “I Fought The Law” des Clash). Curieusement, ce sont finalement les titres les plus calmes qui fonctionnent le mieux, “Sappho” (aux paroles ambigües) et “Nightdriving” en tête, car ils permettent au chanteur de mettre sa voix en valeur.

Tout ceci n’empêchera pas les spectateurs d’être tout à fait acquis à la cause du groupe et de se lancer dans des pogos et des stage divings à des moments pas toujours opportuns. Il faut dire que la majorité du public n’a connu le mouvement phare du milieu des années 90 qu’en étant haut comme trois pommes sans avoir eu l’opportunité de s’y identifier. C’est en substance ce que raconte “We Were Children”, le titre qui va mettre un terme au set principal après à peine une petite quarantaine de minutes.

Ils reviendront pour un mini rappel mais au lieu de mettre une dernière fois la gomme, c’est avec “Coming Of Age”, une composition acoustique très sage (pour l’occasion, même le batteur avait attrapé une guitare sèche) qui va clôturer une prestation pas vraiment révolutionnaire pour des férus de concerts comme nous. Les kids, quant à eux, ont sans doute assisté à leur concert de l’année, et la dévotion qu’ils vont témoigner aux musiciens devant le stand merchandising ne fera que confirmer nos dires. On est tout de même curieux de voir si la carrière de Tribes subira un sort plus envieux que celles de Little Man Tate, de The Twang ou de Viva Brother, trois pétards mouillés relégués aux oubliettes après avoir été encensés…

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Photos © 2012 JP Daniels

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