Nuits Botanique 2012 : FRIENDS, des amis qui vous veulent du bien

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Nuits ou pas, le Botanique garde invariablement sa ligne de conduite dont l’objectif principal est de mettre en exergue un maximum de découvertes musicales. Pour preuve, ce mardi 15 mai, la Rotonde accueillait Friends, un groupe New-Yorkais dont on commence à sérieusement parler et qui est sur le point de sortir son premier album… Ce sont leurs voisins de High Places qui avaient été choisis afin de chauffer la salle, bien qu’on les aurait plutôt imaginés pour l’after de la soirée. Il s’agit en effet d’un duo mixte à tendance électro qui se produit derrière deux tables encombrées de machines en tout genre aux câbles entremêlés : batterie électronique, mini Korg, sequencer et échantillonneur pour ne citer que les plus apparents. Le résultat penche vers des arrangements synthétiques, quelque part entre les Chemical Brothers et Orbital, si ce n’est qu’une voix féminine très aérienne (logique avec le nom du groupe) vient se poser sur des beats métronomiques bidouillés.

Le souci, c’est que ces derniers sont mâtinés d’effets parfois très datés, mais surtout que la voix de la chanteuse se retrouve bien souvent noyée et finit par ressembler à des incantations. Si on trouve la formule originale au début, on finit par bien vite se lasser tant les compositions ont l’air de se baser sur une formule arrêtée qui séduit davantage les clubbers que les rockeurs. On y trouve ainsi quelques petites pointes de dub et d’ambiant, voire des influences rappelant les balbutiements de la house (l’Haçienda et A Guy Called Gerald ne sont pas très loin). Une première partie qui ne restera pas dans les annales, peut-être aussi parce qu’avec ce type de musique, il est préférable de jouer le set d’une traite plutôt que de le découper comme lors d’un vrai concert. Sans compter qu’un visuel (quasi inexistant ou figé ce soir) pourrait apporter un petit quelque chose en plus…

En revanche, s’il y a bien quelque chose qui caractérise Friends, c’est leur image, surtout qu’ils savent comment la modeler, tant par rapport au look qu’à l’attitude. On ne connaît pas encore grand-chose de ce quintette originaire de Brooklyn, si ce n’est qu’ils ont une affection particulière pour les excentricités sonores des années 80 et que la poignée de singles catchy sortis ces derniers mois se retrouveront sur leur premier album, “Manifest!”, annoncé pour début juin.

Si la chanteuse Samantha Urbani, avec sa coiffure et ses pas de danse inspirés du début de la carrière de Madonna, capte immédiatement l’attention, le reste du groupe vaut également le détour, ne fut-ce qu’avec le batteur en marcel qui joue debout, le claviériste à la coiffure hirsute et le malabar qui frappe sur une sorte de tambour recouvert d’une peau de chamois. À leurs côtés, la deuxième nana, Lesley Hann, paraît bien sage avec sa basse et sa discrète seconde voix sur “Movement”, l’intro du concert.

Cela dit, cet environnement va se retrouver perturbé dès le deuxième titre, car les instruments vont changer de mains sur base régulière, ce qui va accentuer davantage la variété des sons. D’autres influences vont également faire leur apparition au fur et à mesure de l’avancement du set, réservant un caractère nettement plus rock à l’ensemble dès qu’une guitare sera sortie de son étui (“Ghosts”, “Ruins”), même si l’environnement pop reste la norme. Un peu plus tard, c’est un triangle qui va y apporter un subtil scintillement.

À ce propos, si l’on pense à la décennie qui a élevé la pop synthétique au rang de phénomène musical, le son de Friends reste très actuel malgré tout, un peu comme les Anglais de New Young Pony Club l’ont montré sur leur deuxième album. D’ailleurs, Samantha Urbani partage certains traits physiques avec Tahita Bulmer. Par contre, c’est son énergie qui la différencie, elle qui n’hésite pas à faire un tour dans le public tout en tentant un pas de danse avec un spectateur choisi au hasard, quand elle n’en prend pas un en aparté pour lui réserver un hug.

Inutile de dire que ces incursions ont favorisé l’interaction avec le public, les entêtants refrains de leurs compositions faisant le reste. Ainsi, “Friend Crush” et surtout “I’m His Girl” vont achever de convertir les derniers sceptiques. La pop accessible et colorée de Friends risque bien, lorsqu’elle inondera les ondes, de rythmer l’été. Enfin, si celui-ci daigne arriver un jour…

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