CROCODILES au Bota : intense, mais bref…

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Rarement une rentrée du Botanique aura été aussi chargée que cette année. Alors que la première semaine de septembre n’était pas encore terminée, le Witloof Bar avait déjà eu l’occasion de trembler par deux fois sur ses bases. Après la folk enlevée de Family Of The Year lundi, ce sont leurs compatriotes californiens de Crocodiles qui ont envahi la plus petite salle du complexe ce jeudi 6 septembre.

On les avait découverts sur scène un soir de mars 2011 à l’Ancienne Belgique en première partie de White Lies dans un set suffisamment noisy que pour nous donner envie de prolonger l’expérience. Juste avant l’été, on a ainsi plongé dans leur nouvel album, “Endless Flowers”. Même s’il faut bien avouer que leur style s’est légèrement assagi, le groupe de Brandon Welchez n’en demeure pas moins très à même de présenter un environnement puissamment pesant…

Justement, à l’écoute de cette plaque, on a l’impression que l’influence de son épouse, Dee Dee, la chanteuse de Dum Dum Girls, a été plus prépondérante qu’il n’y paraît. Pour preuve, les légères pointes sixties qui jalonnent quelques compositions, dont la bien nommée “No Black Clouds For Dee Dee” (un romantique affirmé sous une carapace sombre, ce Brandon).

Ceci dit, lorsque le groupe débarque sur scène, l’eau de rose présumée va bien vite se retrouver de côté grâce à “I Wanna Kill”, un premier titre d’une noirceur presque gothique, introduit de main de maître par des riffs de basse aussi hantés qu’envoûtants (exécutés par un musicien qui joue les yeux fermés à deux doigts de l’extase). La voix de Brandon, quant à elle, achève de donner un caractère glacial à l’ensemble. Pourtant, il n’a pas du tout la tête de l’emploi, présentant un large sourire et un accoutrement classique (si ce n’est peut-être le t-shirt imitation peau de léopard sous sa veste).

À ses côtés, son compère Charles Roswell va assurer les parties de guitare en leur donnant une vision proche de celles de The Jesus & Mary Chain, à la fois froides et noisy. Mais les Raveonettes et Black Rebel Motorcycle Club ne sont pas loin non plus, comme le laisse suggérer “Sunday (Psychic Conversation #9)” par exemple. Mentionnons également la claviériste d’origine asiatique qui a passé le set assise sur le rebord d’un flight case et qui, de prime abord, ressemblait étrangement à Dee Dee. Mais, vérification faite, ce ne pouvait pas être elle, vu que son groupe donnait un concert à Berlin le même soir.

Vous l’aurez compris, l’atmosphère n’était pas vraiment à la rigolade mais l’environnement ne penchait pas non plus dans la dépression pour autant, grâce notamment à ces nouvelles compositions nettement plus colorées, sous des jeux de lumière finalement très sobres. Ceci dit, une note stroboscopique pendant le puissant “Mirrors” va propager une vague d’excitation dans le public et sous les arcades du Witloof Bar. C’est pourtant au terme de ce titre que les cinq musiciens quitteront la scène, après à peine une grosse demi-heure de prestation… pour ne plus revenir, si ce n’est poser dans les environs du stand merchandising.

Bref, il était 21h05 et la soirée était déjà terminée. Bonne nouvelle pour les amateurs de Masterchef mais les rockeurs purs et durs, en revanche, l’ont trouvée moins drôle. Il est vrai qu’avec trois albums à leur compteur, on était en droit d’attendre un peu plus de générosité de la part de Crocodiles. Surtout lorsqu’aucune première partie n’est programmée…

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