Graham COXON prend son pied au Bota

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Entre un concert annulé (The View, la veille, ont jeté l’éponge à deux heures de leur prestation) et un autre reporté (Yeasayer à l’AB), le Bota accueillait un guitariste de renom dans son Orangerie copieusement garnie ce vendredi 21 septembre. Graham Coxon, universellement connu pour son rôle de guitariste au sein de Blur, mais également auteur d’une carrière solo riche de déjà huit albums… De plus, cet événement revêtait une saveur toute particulière pour le chroniqueur que je n’étais pas encore en 2004, lorsque l’ami Graham était passé dans la même salle, mais des raisons nébuleuses liées à une activité trop intense ont fait que le ticket soit toujours muni de sa souche aujourd’hui…

Ce soir, la première partie a été confiée à Organic, un projet bruxellois new wave à tendance électro mis sur pied l’an dernier par Raphaël Haubourdin, qui s’est entouré pour l’occasion d’un bassiste (Joris Oster) et d’un excellent batteur au look de tueur (Olivier Justin). Tous trois ont de l’expérience, un sacré bagage derrière eux mais surtout une complicité perceptible, comme le démontre la dynamique intro instrumentale qui lorgne du côté de Placebo version première mouture.

Ceci dit, lorsque le chanteur prend le micro, l’environnement adopte une vision nettement plus sombre, et sa voix caverneuse trafiquée n’y est pas étrangère (regrettons au passage son attitude un rien trop sérieuse car pour le moins inopportune). Musicalement parlant, on se retrouve transporté deux à trois décennies en arrière au moyen d’un son électro assez noir (Nine Inch Nails n’est pas loin, et la vague EBM non plus, avec une touche plus moderne toutefois). Quoi qu’il en soit, ils ont récolté un joli petit succès et leur premier album, “Under Your Carbon Constellation”, a trouvé nombre d’amateurs au stand merchandising.

L’année 2012 de Graham Coxon a déjà été bien remplie. Entre deux répétitions pour la dernière reformation en date de Blur qui a cette fois culminé avec un concert spécial en clôture des Jeux Olympiques de Londres à Hyde Park, il a sorti au printemps dernier “A+E”, un huitième album solo. Jamais à court d’idées et constamment à la recherche de sonorités inédites, il a cette fois mis en exergue des influences électro rock qui tranchent radicalement avec le folk du précédent (le semi-réussi “The Spinning Top”).

Ce soir, mis à part “Sorrow’s Army” en guise de conclusion du rappel, il n’y aura que peu de place pour de la tendresse acoustique. En effet, le leitmotiv du bonhomme à l’occasion de la dernière date de sa tournée sera de mettre un point d’honneur à délivrer une prestation endiablée qui va débuter sur les chapeaux de roue avec la plage d’intro d’“A+E”, “Advice”.

Et lorsque l’on sait que lors des vingt premières minutes, on aura aussi droit à un “Spectacular” bardé d’une basse infernale et d’un très brut “Standing On My Own Again”, vous avez une idée du degré d’énergie présent dans l’Orangerie. Surtout que, par moments, il y a carrément quatre guitares en action (en fait, lorsque les deux nanas discrètes à l’arrière de la scène troquent un synthé contre une six cordes).

Parmi les autres musiciens, le bassiste au look de Robin des bois tatoué et barbu est loin de passer inaperçu alors que le batteur à la chevelure bouclée abondante renvoie au look du regretté Stuart Cable (ex-Stereophonics). Graham Coxon, quant à lui, ne porte pas ses traditionnelles lunettes et cela modifie drastiquement sa physionomie. D’un point de vue musical, en revanche, rien ne change, il s’agit toujours d’un guitariste hors pair et, n’en déplaise à ses détracteurs, il chante désormais juste à défaut de posséder une voix magnifique.

Les nouvelles compositions, déjà d’une redoutable efficacité sur disque, ne vont absolument pas décevoir lors du traitement que le groupe va leur réserver en live. Citons pour preuve un “City Hall” exécuté le volume dans le rouge, un “Running For Your Life” particulièrement énervé et surtout un excellent “What It’ll Take” au groove insolent.

Outre des extraits de son classique album de 2006 (“Love Travels At Illegal Speeds”) qui déclenchent toujours la même hystérie (“Don’t Let Your Man Know”, “You & I”), on aura droit à un tout nouveau titre (“Billy Says”) et à une cover de The Nerves (“When You Found Out”) à la vibe très 60’s. Le tout entre son humour, sa fougue (il a tout de même réussi à casser une corde d’une de ses guitares) et ses références personnelles (lors d’un temps mort, il a commencé à fredonner le titre de A Flock Of Seagulls, (“Wishing (If I Had A Photograph Of You)”).

Le set principal se clôturera avec le très bluesy “Girl Done Gone” suivi de la dernière plage d’“A+E”, la bien nommée “Ooh, Yeh Yeh”. Suivront plusieurs minutes de silence entrecoupées de quelques cris avant que le groupe ne revienne au grand complet pour un rappel d’une durée qui frisera la demi-heure. La générosité, une qualité supplémentaire de Graham Coxon qui proposera pour commencer ce second round un dernier nouveau titre, “Seven Naked Valleys”.

Suivront la composition la plus ancienne de la soirée (“You Never Will Be”, un extrait de son troisième album sorti en 2001) et une poignée datant de sa période “Happiness In Magazines” dont les surprenants chœurs féminins d’“All Over Me” rendront le moment atypique alors que la version de “Freakin’ Out” s’avérera diablement musclée. On sait déjà que son set se terminera sur une note acoustique apaisante, histoire de ramener le public sur la terre ferme au terme de deux heures sans temps mort. Il aura peut-être fallu huit ans, mais le jeu en valait clairement la chandelle…

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