La délicate rigueur germanique de GET WELL SOON

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Le vendredi 12 octobre 2012 à l’Ancienne Belgique était synonyme de choix cornélien pour les amateurs de compositions émotionnellement travaillées. Jugez plutôt : le néo crooner Richard Hawley se produisait dans la grande salle alors que le tout aussi écorché Konstantin Gropper alias Get Well Soon investissait le Club à l’occasion de la sortie récente de son troisième album. Mais comme l’ami Richard était déjà passé au Bota en juin, c’est vers le second que notre choix s’est finalement porté.

Inconnu au bataillon, David Lemaitre ne le restera sans doute plus longtemps. Ce bolivien d’origine (et berlinois d’adoption) assure en effet la première partie de la tournée des teutons en œuvrant sensiblement dans la même lignée. Un public réceptif se trouve donc dans la salle même si le Club n’affichait pas encore complet au moment où les premiers accords se sont échappés de sa guitare. Autour de lui, deux musiciens dont un claviériste aux pieds nus et un batteur qui joue sur un instrument que l’on dirait bricolé au moyen de quelques planches de bois.

Outre son look de footballeur sud américain, ce garçon possède une voix douce et rêveuse qui fait de temps à autre penser à celle de Jasper Steverlinck (surtout lorsqu’il monte dans les aigus). Ses compositions riches parsemées de longs passages instrumentaux viennent vous caresser les oreilles tout en vous emportant sur un petit nuage. Il va falloir le tenir à l’œil et guetter la sortie de son premier album prévu au début de l’année prochaine.


On ne présente plus Get Well Soon, l’ambitieux projet de Konstantin Gropper qui n’en finit pas de composer des perles musicales à faire craquer les cœurs de pierre les plus coriaces. Ainsi, en parallèle à ses albums, il se charge également de mettre en musique des séries télévisées et des films (Rendez-vous à Palerme de Wim Wenders notamment dont il interprétera “Good Friday” ce soir). Ceci dit, c’est avec un troisième opus sous le bras qu’il est venu conquérir l’AB Club, une salle qu’il connaît bien pour y avoir déjà joué en mars 2010.

Cette plaque porte le titre étrange de “The Scarlet Beast O’Seven Heads” et emprunte un lyrisme de plus en plus marqué, raison sans doute pour laquelle plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’en apprécier la profondeur. Mais lorsque l’on entend “Prologue” et “The Last Days Of Rome”, les deux premiers titres de la set-list, la délicatesse de sa plume apparaît comme une évidence, même s’il faudra attendre l’excellent “We Are Free” et ses cuivres pour voir à la fois le groupe et le public se décoincer.

Un peu à l’étroit sur la petite scène du Club, les six musiciens se produisent devant un décor sobre constitué d’un rideau rouge en velours, un peu comme si l’on se trouvait au théâtre ou à l’opéra pour une représentation. Et c’est vrai qu’un titre récent comme “Roland, I Feel You” ne dépareillerait pas au sein d’un espace majestueux. Encore que, Konstantin Gropper pourrait bien vous prétendre le contraire, lui qui paraît tellement timide et introverti (il ne s’adressera d’ailleurs au public qu’à de rares occasions).


Ceci dit, Get Well Soon ne serait pas Get Well Soon sans la voix et le violon de sa sœur Verena Gropper. Elle apporte en effet la chaleur et la touche féminine à des compositions déjà très sensuelles, comme le féérique (et bien nommé) “Disney”, qui parle autrement en live que sur disque (le puissant final en a surpris plus d’un) ou “A Gallows”, qui se rapproche du génie de Prefab Sprout par exemple. Et que dire du toujours aussi prenant “Listen! Those Lost At Sea Sing A Song On Christmas Day”

Konstantin Gropper s’autorise même quelques incursions qui l’éloignent de sa ligne de conduite en incorporant notamment un surprenant groove disco à “Courage, Tiger!”. Ce titre, couplé au violon de Verena, fonctionne contre toute attente admirablement bien. Mais c’est tout de même les compositions délicates et chargées d’émotion qui nous donnent le plus d’effet. Ainsi, le nouveau “Oh My! Good Heart” rentre dans cette catégorie alors que “You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance)” passe par toutes les couleurs et propose un final tout simplement explosif, pour ne pas dire noisy.

Le seul regret, finalement, aura été de devoir attendre le dernier titre du rappel pour avoir le plaisir de se replonger dans son magnifique premier album avec “I Sold My Hand For Food So Please Feed Me” (Konstantin a toujours été friand de titres destinés à simplifier la vie des animateurs de radio). Juste avant, “A Voice In The Louvre”, nous aura fait presque le même effet. Ceci dit, il a tenu parole en venant présenter son nouvel album et à ce niveau-là, on est loin d’avoir été déçu. Comme d’habitude, serions-nous tentés d’ajouter…

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Photos © 2012 Jean-Marc Quinet

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