DIONYSOS en folie totale à l’Ancienne belgique

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Cinq années sans concerts de Dionysos, pour le fan du groupe, c’est juste trop. Du coup, le public de ce soir est au taquet dans une Ancienne Belgique, pleine à craquer. Les origines de Team Wild sont plutôt troubles : rien ne filtre sur la rencontre entre Johnny Boom Golightly et Amélie D.Noordzee. Ni frère et soeur, ni mari et femme, ni voisins, ni cousins, ni jumeaux. Ils pourraient pourtant être jumeaux tellement la complémentarité et la complicité entre les deux musiciens sont flagrantes. À peine Team Wild reconnaît-il avoir été influencé par des artistes comme Joanna Newsom, Scout Niblett ou les Dresden Dolls. Dans la combinaison binaire du groupe -guitare/batterie- on pourrait bien en effet retrouver la pop lyrique de l’une, le minimalisme rock de l’autre, et l’énergie viscérale des derniers.

Le duo est constitué d’Amélie à la guitare et au chant, de Johny Boom à la batterie. Cela veut donc dire simplicité, énergie, rock comme dans tous les groupes à deux composantes tel que White Stripes, Petula Clarck et Black Box Revelation. Le punch est bien là dès le début. Amélie a d’ailleurs du prendre une infime partie des vitamines du chanteur de Dionysos car lui c’est la déjante totale.

“Keep It Simple Stupid” est le titre éponyme de leur premier EP, il débute le set en force, Amélie attaque celui-ci avec sa guitare qui est plutôt incisive. Johnny Boom fait corps avec ses bâtons et les composantes de sa batterie. Il y frappe d’ailleurs avec vigueur. Il est suivi de “We Are A Ghetto”. “At The End Of Everything”, démarre en douceur pour s’électriser petit à petit et se terminer en force. “Beautiful Sun” est écouté par un public attentif qui s’anime peu à peu. “Ô My Broken Heart” et “Bring Me Back To Tears” sont deux chansons où l’énergie est présente. Le concert se termine par “The winner Takes It All”, surprenante reprise du groupe Abba, qui est interprétée avec brio et de main de maître. Team Wild est une très belle découverte, un groupe qui a du punch et surtout à suivre.

Nous allons passer au clou de la soirée, soit le groupe Dionysos, juste après cette surprenante mise en bouche. C’est la première fois que je vois Dionysos. Mon voisin de gauche me signale que c’est la cinquième fois qu’il voit ce groupe et me fait remarquer que l’énergie est présente du début à la fin et ces dires vont bien se confirmer pendant les deux heures d’un concert fou et très dynamique.

C’est donc avec un plaisir éclatant que Dionysos va enchaîner les chansons d’un setlist diabolique conçu pour rendre fou les fans du groupe, mélange de nouveaux classiques qui prennent tous leurs sens en live et de vieux titres dont certains que l’on n’avait pas entendus depuis longtemps.

“Bird ‘N’ Roll” est le septième album studio du groupe Dionysos sorti le 26 mars 2012. Quelques gazouillis d’oiseaux précèdent la musique de “La Marche Impériale” issue de l’oeuvre Star Wars, effet emprunté à Ghinzu qui fait cela depuis déjà quelques années. C’est sur simple fond noir et avec à l’arrière, suspendu au plafond, cinq cadres immenses qui se tournent peu à peu pour afficher “Bird ‘N’ roll” en lettres de lumières qu’apparaissent les 6 musiciens de Dionysos. Mathias Malzieu arrive en dernier et arbore un majestueux masque d’oiseau sur la tête (corbeau). Sous le masque, Mathias semble plus motivé que jamais.

Il ne faudra pas 5 minutes pour que Mathias mette la salle sens dessus dessous. Il saute, invite la salle à l’imiter et cela marche très bien. La chanson va se terminer par des sifflotements, repris en cœur par toute la salle. “June Carter en Slim”, tous les musiciens imitent Mathias et encouragent le public à faire de même, c’est déjà le début de la folie. Impossible de suivre le chanteur motivé qui saute au moins 15 à 20 fois à la minute. “Tai-Toi Mon Coeur” est normalement une chanson calme mais, avec Mathias, il ne faut pas rêver. Il termine quand même en douceur, ouf.

“Dreamoscope”, Mathias entonne la chanson de sa voix grave et demande au public de danser. Babet taquine son violon avec brio. Mathias court de gauche à droite et monopolise toute la scène qui paraît exigüe. “Le Grand Cheval aux Yeux Gris”, ce morceau est plus calme mais, malgré les sifflotements des musiciens, Mathias sollicite l’assemblée à frapper énergiquement dans les mains. “Coccinelle” est un extrait de l’album live “Whatever The Weather”, morceau un peu fou où Mathias peut exprimer pleinement son débordement survitaminé. Il se lance d’ailleurs dans le public avec succès. Il a réussi son premier saut dans la foule qui est ravie et hystérique, cela ne sera pas le dernier. Pour “Le Jour Le Plus Froid Du Monde”, extrait de l’album “La Mécanique Du Coeur”, Matthias a pris un coucou (horloge) sur le ventre et l’exhibe fièrement car “La Mécanique du cœur” est le troisième livre de Mathias Malzieu, sorti le 22 octobre 2007. L’histoire commence à Édimbourg en 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde avec un cœur gelé. La sage-femme sorcière qui l’a mis au monde, le Docteur Madeleine, parvient à le sauver en greffant sur son cœur une horloge à coucou qui l’aide à battre à un rythme normal. Jack peut vivre ainsi, mais à condition de remonter son horloge chaque jour et d’éviter toute émotion forte : pas de colère et surtout, pas de sentiments amoureux.

Sur “Miss Acacia”, Stéphane (bassiste) se met à la scie musicale. Mathias joue du ukulele. Les autres musiciens utilisent également quelques instruments insolites pour cette chanson. C’est le troisième single de l’album “Monsters in Love” (2005). Cette chanson d’amour très “dionysiaque” a été la première chanson de l’album à introduire le Ukulélé et à faire son apparition lors des concerts de Dionysos en 2004. On retrouve dans ce morceau certains des thèmes récurrents du dernier album, à savoir les chats, les monstres et les femmes.

On passe ensuite à “Mac Enroe’s Poetry”. Cette chanson est un hommage du groupe Dionysos à John McEnroe, célèbre tennisman des années 70-80. McEnroe était autant réputé pour son mauvais caractère (expulsé de cours de nombreuses fois et forcé de payer de lourdes amendes pour insultes à ses arbitres ou juges de ligne) que pour son talent (7 titres du grand chelem, 4 fois vainqueur de la Coupe Davis, N°1 mondial de 1981 à 1984). Le texte de la chanson est plutôt atypique et c’est le bordel aussi dans les sons. Mathias triture son ukulele et il y a une exaltation de sons distordus de la part de tous les musiciens.

Suit “Cloudman”. Tom (Hématome), “Cloudman” est un personnage imaginé et créé par Mathias Malzieu dans le roman Métamorphose en bord de ciel. Le moyen de transport de Tom Cloudman au début du roman est un cercueil. Cela n’est pas sans rappeler “Coffin Song”, une chanson du groupe Dionysos où le cercueil devient finalement un endroit chaleureux. Mathias à la fin invite un nombre certains de “ladies” pour le transporter à bout de bras comme le héros Cloudman.

“Song For Jedi” est un ancien titre issu de l’album “Western Sous La Neige”. Mathias armé de sa guitare vient à nouveau taquiner le public qui est chaud depuis longtemps. À la fin, Mathias présentera, l’orgasmophone, instrument étonnant pour lequel Stephano, claviériste du groupe, a parcouru la Belgique à la recherche d’orgasmes à la note musicale juste. Mathias signalera judicieusement qu’à Anvers (prononcé à la française), le public corrigeant immédiatement en ajoutant le “ssss”, les orgasmes sonnaient tous faux. Eh oui, Bart, tu es connu partout. Après ce moment ludique, Mathias signale qu’il veut entendre le public jouir. Ce dernier enchaîne et c’est plaisant. S’intègre parfaitement dans ce petit jeu “Can I”. “Spidergirl Blues” termine ce concert plus que dynamique et interactif à souhait. C’est d’ailleurs cette chanson qui termine l’album en douceur avec, seul à la guitare, un Mathias pour une fois assagi, accompagné de la scie musicale.

Un premier rappel avec “Dark Side”. Cette chanson pourrait être traduite littéralement par côté obscur et pourtant Mathias est encore une fois divin. Le public est sur les genoux. “Platini” termine ce brillant premier rappel, les Michel Platini sont les sept oiseaux de compagnie de Tom Cloudman appelés ainsi en hommage au joueur de football Michel Platini.

Au début du second rappel, Mathias présente ses musiciens qui débutent “Wet”, ou le rock fou à la visseuse qu’utilise le talentueux bassiste Stéphane mais ici sur une guitare. Cela prépare le voyage magnifique de Mathias sur la foule. Il traverse toute la fosse survoltée. Ce périple en apothéose le mènera de la scène jusqu’au sommet des gradins de l’AB où il chantera dans un mégaphone, puis des étages de la salle à la scène en se laissant à nouveau tomber dans le public depuis les balcons du premier niveau.

Dionysos pastiche la chanson américaine des années 40 et le surf rock où le groupe invente une fois de plus de drôles d’histoires et de personnages. Après 19 ans, Dionysos n’a pas perdu son côté punk et le groupe risque bien de convertir les salles de concert à sa nouvelle invention le “Bird’N’roll”.

Dionysos a toujours eu une affection particulière pour les drôles d’oiseaux. Il y a eu Don Diego 2000, l’homme doué “de dyslexie magique”, Giant Jack, l’ombre géante qui vous suit comme le deuil, et il y a désormais Tom “Hématome” Cloudman. Dans le dernier livre écrit par Mathias Malzieu, Métamorphose en bord de ciel, Tom Cloudman “est le plus mauvais cascadeur du monde”. Circulant dans un cercueil roulant, il va de ville en ville pour présenter des numéros de voltige chaque fois plus mauvais et rêve de voler comme un oiseau.

J’ai passé une excellente soirée et je pense que les 1999 autres spectateurs de l’AB aussi. Merci Dionysos.

2 pensées sur “DIONYSOS en folie totale à l’Ancienne belgique

  • novembre 8, 2012 à 06:44
    Permalink

    “Cinq années sans concerts de Dionysos, pour le fan du groupe, c’est juste trop.”

    Le ‘fan du groupe’ n’aura attendu que quelques semaines.

    05/07/2012 : Dionysos @ Les Ardentes
    12/04/2012 : Dionysos @ Botanique
    11/04/2012 : Mathias Malzieu @ Fnac City 2
    07/05/2011 : Mathias Malzieu @ Fnac Toison d’Or

  • novembre 8, 2012 à 10:49
    Permalink

    Merci pour ce compte rendu.
    Coccinelle est issu de l’album Haïku et non pas du disque live Whatever The Weather.
    Babet ne s’écrit pas avec tte !
    Mathias et pas Mathieu.
    Comme indiqué, ils sont venu en avril au bota et ils sont venu le 8 mai 2008, donc ça ne fait pas 5 ans ;o).
    Le fan du groupe aura été voir le concert version acoustique à Lille le 1er octobre 2009.
    Enfin, ce concert était plus calme que d’habitude, de nombreuses chansons ont été arrangées de manière plus douce (Miss Acacia, Le Jour Le Plus Froid Du Monde…). Je pense en effet qu’ils ont voulu faire quelque chose de plus travaillé, moins brut, que les versions du début de la tournée et des festivals d’été.
    Enfin, le coucou n’était pas situé sur le ventre, mais sur le coeur bien sûr !

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