L’éclectisme vocal d’ARCHIVE à son paroxysme

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Le Botanique, l’Ancienne Belgique, les Halles de Schaerbeek ou encore le Cirque Royal. Les salles de concerts bruxelloises n’ont plus aucun secret pour Archive qui les a toutes remplies une à une. À l’occasion de la sortie récente de son nouvel album, “With Us Until You’re Dead”, c’est carrément à Forest National que le collectif londonien avait choisi de le présenter ce mardi 13 novembre. Ceci dit, pour une fois, ils n’ont pas fait le plein. La version Club du temple bruxellois était même franchement parsemée lorsque SAF, le groupe choisi pour assurer la première partie, est monté sur scène. Oui, vous avez bien lu, pour une fois, ce n’était pas Birdpen qui était de corvée… Mais ce groupe parisien a tout de même un lien avec Archive puisque Darius Keeler a produit leur premier EP en début d’année.

D’ailleurs, les influences du mentor et de sa troupe sont plus qu’évidentes, notamment sur les guitares et les atmosphères. Mais c’est lorsqu’ils s’en éloignent que l’on remarque leur potentiel, surtout lors des titres plus nerveux qui fonctionnent assez bien, malgré une voix parfois trop criarde. Alors que quand elle se tempère, la chanteuse assez excentrique (comme l’atteste son survêtement en fourrure), n’est pas loin d’atteindre l’équilibre qui manque encore à leurs compositions. Et, parallèlement, si on leur suggérait de donner un indice par rapport à la signification de ces trois initiales…


La dernière fois que l’on a vu Archive en salle, c’était l’an dernier à l’occasion d’une tournée spéciale entouré d’un orchestre symphonique. Une manière originale de recycler du matériel déjà existant, mais vu que leur dernière production datait de 2009 (les quatre parties du conceptuel “Controlling Crowds”), on commençait tout doucement à s’impatienter. “With Us Until You’re Dead” est arrivé à point nommé pour relancer la machine et revivre une expérience live (c’est en effet sur scène que le groupe s’exprime le mieux).

Cette nouvelle plaque, bien que pas toujours évidente à cerner du premier coup d’oreille, comprend toute la science qui a donné au groupe la position qu’il occupe aujourd’hui. Pointons les ambiances planantes, les structures progressives, les constructions complexes ainsi que les parties vocales savamment sélectionnées au gré du cachet qu’ils veulent conférer au morceau. Mais on pourrait également y ajouter un titre d’intro particulièrement accrocheur.


Ainsi, ce soir, “Wiped Out” va se développer au terme d’une interminable préface mâtinée de cloches et de coups de batterie. Pollard Berrier, chevelure au vent plus longue que jamais, sera le premier à se jeter à l’eau pour en interpréter une impeccable version, bien plus dynamique que sur le disque. C’est d’ailleurs lui qui va se montrer le plus convaincant dans un premier temps avec un “Sane” qui va véritablement lancer les festivités et un “Stick Me In My Heart” d’excellente facture (sans doute le meilleur titre de “With Us Until You’re Dead”), même si son prolongement naturel (“Conflict”) emprunte une direction moins confortable que le guitariste Dave Pen s’empresse judicieusement de prendre à son compte pendant que les percussions se retrouvent amplifiées.

Comme le veut la tradition, les deux têtes pensantes que sont Darius Keeler et Danny Griffiths se font face de part et d’autre de la scène derrière leurs claviers (le second nommé sera très expressif dans ses gestes, un peu comme s’il manipulait des haltères virtuelles…). Mais Archive en concert, c’est avant tout un défilé de chanteurs qui viennent poser leurs voix au gré de la set-list. On a déjà parlé de Pollard Berrier qui s’est depuis quelques années imposé au sein du collectif ainsi que du fidèle Dave Pen.


Parallèlement, deux nanas viennent également pousser la chansonnette : Maria Q (qui viendra entre autres subjuguer “You Make Me Feel” et “Pills”) mais aussi une petite nouvelle, Holly Martin, grande blonde toute fluette à la voix étonnamment puissante (elle donne sa griffe à des titres nerveux comme “Violently” et “Hatchet”). Finalement, seul le rappeur Rosko John manque à l’appel, pour le plus grand plaisir de certaines mauvaises langues.

Au rayon des surprises, retenons une version acoustique de toute beauté de “Again” mais surtout un surprenant “Fuck U” interprété par un chanteur à la physionomie proche de celle de Craig Walker (la voix de “You All Look The Same To Me” et de “Noise”). Pollard Berrier prendra à son compte la fin du set principal, avec une version surpuissante de “Dangervisit” aux jeux de lumière affolants et “Damage”, un nouveau titre qu’il porte à bout de bras.

La première vague de rappel sera entamée en douceur avec “Rise” avant que Maria Q ne vienne dorloter les tympans des spectateurs au travers de “Silent”, une nouvelle composition d’une évidence insolente. Puis, tout d’un coup, pendant l’allongé “Controlling Crowds”, on se replonge dans la tournée précédente dont le visuel avait été particulièrement travaillé et on se rend compte que ce soir, il a été quasiment inexistant. Pas un handicap en soi lorsque l’on s’appelle Archive et que le public se retrouve souvent transporté les yeux mi-clos, mais il faut bien avouer que cela complémente avantageusement un set essentiellement basé sur des atmosphères et des ambiances. En revanche, saluons le son impeccable d’un bout à l’autre du concert.

D’un naturel généreux, ils reviendront sur scène pour un second rappel, histoire de correspondre au timing ambitieux de 2h15 qui avait été annoncé sur les écrans dans les couloirs de la salle (une nouveauté à Forest National). C’est alors que le groupe choisira trois titres parmi les cinq mentionnés sur la set-list. Les excellents “Bullets” et “Kings Of Speed” seront donc balancés à une audience toujours aussi réceptive malgré l’heure tardive, alors que le très rare “Waste” (un deuxième extrait de “Noise” à l’interprétation soignée ce soir) ramènera tout ce beau monde en coulisses. Pas de doute possible, Archive est de retour et n’a rien perdu de sa superbe…

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Photos © 2012 Bernard Hulet

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