KASABIAN à Forest National : la destruction massive annoncée a bien eu lieu

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Alors que l’harassante tournée en support de
Velociraptor!
, leur excellent quatrième album, était terminée depuis la fin de la saison des festivals, les excellents Kasabian ont décidé de donner deux ultimes prestations avant de prendre un repos bien mérité. Quarante-huit heures après Moscou, c’est à Bruxelles que le groupe s’est produit ce samedi 24 novembre. Un privilège que le public de Forest National allait leur rendre au centuple. Le support de la soirée avait été confié à Little Barrie, un groupe qui tourne sur le circuit depuis une bonne dizaine d’années. Malgré trois albums et le fait qu’ils sélectionnent soigneusement leurs collaborateurs (Edwyn Collins et Dan The Automator les ont notamment produits), ils ne sont jamais parvenus à dépasser le stade du succès d’estime.

Emmenés par un chanteur androgyne qui force parfois un peu trop sur sa voix, ce trio de chevelus puise son inspiration dans l’étalage de la britpop à travers les âges, des Beatles à Oasis en passant par les Kinks, avec au final un résultat qui fait vaguement penser à Jet ou à 22-20s (tout ça pour ça…). Si les titres courts ne sont pas dérangeants en soi, les compositions plus travaillées flanquées de longs passages instrumentaux finissent par laisser tomber l’attention de l’auditeur. Pas simple d’ouvrir pour un groupe à l’incommensurable réputation live…

Car c’est bien sur une scène que Kasabian déploie toute l’étendue de sa puissance. Cette année, on a déjà eu l’occasion de s’en rendre compte à trois reprises. Personne n’est en effet sorti indemne du Cirque Royal, du Zénith de Lille ni de Rock Werchter. Et la bonne nouvelle, c’est qu’ils récoltent enfin ce qu’ils ont semé au fil des ans sans pour autant avoir dérogé à leur ligne de conduite qui pourrait se résumer en trois mots : drugs, rock ‘n’ roll and tunes.


D’ailleurs, ils ne vont pas y aller par quatre chemins en balançant d’emblée la tuerie qu’est “Days Are Forgotten” qui sera instantanément reprise en chœur par la foule. Vous l’avez compris, pas question de round d’observation, surtout que “Shoot The Runner” et “Velociraptor” vont continuer sur la même lancée. Tom Meighan, lunettes de soleil vissées sur le nez, se trouve déjà dans un état d’hyperactivité aigüe qui ne faiblira à aucun moment. Sa complicité avec Serge Pizzorno va sauter aux yeux et il ne faut sans doute pas chercher plus loin ce qui fait la force du groupe.

Ils sont tous deux vêtus d’un t-shirt noir aux rayures de squelette et rayonnent au milieu de la scène, tout juste devant une énorme reproduction de la pochette du dernier album. À leurs côtés, pointons l’état second du batteur Ian Matthews et l’attitude toujours aussi planante du guitariste Jay Mehler. En revanche, la cohésion du groupe atteint des sommets. N’oublions pas non plus le plus sérieux d’entre tous, le trompettiste de tournée Gary Alesbrook dont les parties vont clairement donner une plus-value à des titres comme “Let’s Roll Like We Used To” et “La Fée Verte”.


S’il fallait encore le démontrer, ils sont parfaitement affûtés pour ce type d’endroit. Par ailleurs, le son impeccablement réglé ne fera qu’amplifier ce qui n’est plus un secret de polichinelle depuis bien longtemps. Chaque composition aura la puissance d’un hymne dans l’antre de Forest National (“Underdog”, “Where Did All The Love Go”, “Club Foot”), couplé à une interaction inouïe avec un public plein de dévotion. Puis, il y a les titres auxquels on ne pense pas immédiatement (“I.D.”, “Goodbye Kiss”) mais qui font autant le boulot que les précédents.

Le seul bémol de la soirée, finalement, sera lorsque Tom quittera la scène l’espace de quelques instants pour laisser Serge calmer les ardeurs. Un peu surprenant alors qu’ils venaient de mettre tout le monde à genoux au moyen d’une explosive trilogie (“Re-Wired” avec une basse d’enfer, “Empire” au beat infernal et “Fast Fuse” aux guitares nerveuses). Mais, avec le recul, il était peut-être plus sage de procéder de la sorte, car la fin du show allait atteindre de nouveaux sommets, même si ceux-ci allaient se mettre en place progressivement avec une demi-cover du “Praise You” de Fatboy Slim qu’ils vont enchaîner à “L.S.F. (Lost Souls Forever)” dans une version hooliganesque avant de quitter la scène.

Une sorte de teasing à des rappels d’une intensité aux saveurs de concert de l’année. “Switchblade Smiles” va tout d’abord poser les bases d’une exceptionnelle communion entre un groupe et son public. Ensuite, “Vlad The Impaler” et “Fire” verront Forest National sauter à l’unisson si ce n’est que sur ce dernier titre, les spectateurs finiront par se retrouver assis par terre avant de poursuivre leurs extensions à tout va, exactement comme dans cette même salle avec The Prodigy sur “Smack My Bitch Up” voici quelques années. Insatiables, ils se lanceront encore dans quelques mesures du “She Loves You” des Beatles au moment de rejoindre les coulisses. Cette fois, l’année de Kasabian est terminée pour de bon. Le meilleur groupe live britannique actuel aura, une fois de plus, embelli la nôtre…

Les autres photos de
Kasabian

Photos © 2012 Jean-Marc Quinet

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