L’univers envoûtant de BAT FOR LASHES

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Relativement discrète depuis un bon bout de temps, Natasha Khan alias Bat For Lashes a enfin effectué son retour cette année avec un troisième album (“The Haunted Man”) et une tournée qui a fait escale dans une Ancienne Belgique pleine à craquer ce jeudi 29 novembre.

Elle avait emmené avec elle Race Horses, des Gallois pas tout à fait inconnus puisque leur premier album,
Goodbye Falkenburg
, avait obtenu une note plus qu’honorable dans ces colonnes en 2010. Depuis, ils ont changé de guitariste et accueilli un musicien supplémentaire, en la personne de la multi-instrumentiste Mali Llywelyn, peut-être bien la pièce du puzzle qui leur faisait défaut en terme de cohésion. Leur deuxième album, “Furniture”, apparaît ainsi moins disparate que son prédécesseur et la prestation de ce soir va franchement se révéler convaincante à plus d’un égard.

Bien entendu, leur univers reste fantasque mais la manière dont le leader Meilyr Jones prend désormais le contrôle des opérations montre à quel point ils ont engrangé de la maturité. Sa voix enlevée caractéristique emmène le public dans des sphères à la limite de l’imaginaire, alors que les parties de claviers vintage favorisent le voyage vers l’au-delà. En apparence bordéliques, leurs compositions présentent néanmoins une trame mélodieuse évidente qui finit par les rendre entêtantes (Arcade Fire et Pulp ne sont pas loin). Et avec une prochaine tournée anglaise en première partie de Kaiser Chiefs, nul ne doute qu’ils ne vont pas en rester là…

Le retour aux affaires courantes de Bat For Lashes avait déjà connu une première approche cet été sous la Pyramid Marquee au festival de Werchter. L’occasion pour Natasha Khan de se familiariser sur scène avec quelques nouveaux titres qui sont, depuis la mi-octobre, rassemblés sur un troisième album, “The Haunted Man”. Un album plus introspectif dont les compositions nécessitent plusieurs écoutes avant de se révéler.


D’ailleurs, mis à part la plage d’intro (“Lilies”) qui sera également celle du concert ce soir, elle prendra un certain temps avant de se lancer dans son nouveau répertoire. Un peu comme si elle devait reconquérir des spectateurs pourtant à ses pieds dès les premières mesures de “What’s A Girl To Do?” et de “Glass”. Le groupe se produit dans un décor sobre parsemé de lanternes qui vont apporter une ambiance tamisée ainsi que des pans de murs de roche.

À l’arrière de la scène, de discrètes projections d’horizons grisâtres achèvent de mettre en place un environnement qui va littéralement trancher avec le rayonnement de la chanteuse. Celle-ci arbore élégamment une robe dos-nu rayée et va envoûter la salle au moyen de pas de danse exotico-orientaux dont elle seule a le secret, alors qu’elle attrapera de temps à autres des accessoires moins courants (clochettes, maracas) afin d’habiller certains titres. Mais, ce qui fait surtout sa réputation, c’est une voix impressionnante qui a l’air de s’être encore affirmée depuis la dernière tournée.

Une voix cristalline qui se veut tantôt apaisante (“Travelling Woman” et le délicat “Laura” au piano ont été particulièrement inspirés) tantôt captivante (“Prescilla”, égal à lui-même) voire féérique (“Marilyn”) mais surtout constamment puissante. L’esprit de Florence Welch (Florence + The Machine) hante d’ailleurs la scène sur les deux excellents nouveaux titres que sont “All Your Gold” et “Horses Of The Sun”).


D’une manière générale, les extraits du dernier album sont proposés dans des versions taillées pour la scène avec pour effet de les rendre instantanément indispensables à l’équilibre de la prestation (un autre exemple sera “A Wall”, gentil sur disque mais métamorphosé en live). En d’autres mots, oubliées les premières impressions hasardeuses qui mettaient en doute le génie d’écriture de Miss Khan à l’écoute de “The Haunted Man”.

Sans grande surprise, le set principal se clôturera avec deux pépites de “Two Suns” qui auront un effet instantané sur une Ancienne Belgique prête à exploser. Tant la version guitares en avant de “Sleep Alone” que celle de “Pearl’s Dream” aux percussions omniprésentes vont faire encore un peu plus grimper la température.

Les rappels emprunteront deux visages radicalement différents. Si “Daniel” va achever le travail d’une impeccable manière avec des sonorités électro rafraîchissantes, il en sera tout autrement de son prédécesseur, “The Haunted Man”. La plage titulaire de la nouvelle plaque pâtira d’une mise en scène à la limite de friser le ridicule. Le fait de porter à bout de bras un récepteur radio datant des années 50 n’apporte en effet pas grand-chose au résultat final. Ceci n’altèrera toutefois aucunement l’excellente impression générale d’un concert dont les 75 minutes auraient mérité un léger prolongement…

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Bat For Lashes

Photos © 2012 Bernard Hulet

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