Un groupe belge plus que prometteur à l’AB pour l’Autumn Falls

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Je suis à l’Ancienne Belgique pour une des quelques soirées de concerts dans le cadre du troisième festival Autumn Falls qui se passe dans différentes salles bruxelloises soit l’AB, le Botanique, l’Atelier 210, le V.K., le Magasin 4, la Maison des Musiques et Madame Moustache. Ce festival offre au public une programmation éclectique et qualitative aux mélomanes passionnés et avertis. Le festival commence le 26 novembre pour se terminer le 2 décembre. Suite aux bouchons, j’arrive tout juste pour la fin du dernier morceau du groupe anglais Clinic qui joue au Club. Le public est déjà bien présent. Je me rends donc dans la grande salle transformée en mode Box. Le public est également bien présent pour nos gloires nationales soit BRNS, prononcez BRAINS, des petits jeunes plus que prometteurs. BRNS voit le jour un premier janvier de 2010, Antoine Meersseman et Tim Philippe échangent quelques notes dans un petit local bruxellois. Peu de temps après, Diego Leyder (guitare et chant) rejoint le duo. Une première date est annoncée. Soufflé par la prestation de BRNS sur la scène de l’Atelier 210, Xavier Daive, le programmateur des lieux, décide de créer Limite Records afin de sortir un 45 tours du groupe comprenant “Mexico”, “Here Dead He Lies” et “Claivoyant”. Les 300 exemplaires du disque s’écoulent à une vitesse record. Les concerts se multiplient. La formation, devenue quatuor avec l’addition de César Laloux(percussions et chant), partage l’affiche avec quelques figures montantes de la pop moderne (Suuns, Django Django, Cloud Nothings, Gonjasufi) et acquière une certaine expérience.

À Bruxelles, l’Ancienne Belgique, le Botanique et le Magasin 4 ouvrent à ce groupe les portes d’une ascension annoncée. BRNS se déplace dans notre plat pays et enchaîne les dates à Gand (Charlatan), Bruges (Cactus), Courtrai (De Kreun), Anvers (Trix), Lille (Aéronef) et Paris (International). Les festivals européens (Les Ardentes, Dour Festival, Rock en Seine) suivent le mouvement. Plébiscité par le public et la presse, BRNS retrouve le chemin des studios et signe un mini album. Intitulé “Wounded”, on y trouve “Here Dead He Lies”, morceau très bien structuré marqué par une instrumentation à la Queen, un peu psychédélique à la Velvet Underground.

“Deathbed” est assez pop, une chanson très bien faite à la structure Coldplay des débuts. “I Know Your Name” est un nouveau morceau au titre pas encore totalement défini. Très beau début tout en douceur, voix omniprésentes et mélodiques, une nouvelle claque musicale en préparation. “The story of bible”, batteries et percussions très présentes, de toute beauté. “Behind The Wall”, second nouveau morceau, idem que le précédent, mais un peu plus expérimental. BRNS sont des chercheurs de sons novateurs et ce n’est pas plus mal pour les oreilles.

“Mexico”, le premier single qu’ils ont joué aux quatre coins de notre plat pays, est pour moi leur morceau le plus abouti. J’adore. Les harmonies vocales sont d’une rare intensité. “Our Lights” est la chanson qui termine en beauté leur opus et le concert. Le public conquis depuis le début de la prestation en redemande et moi aussi. Je suis venu pour eux et, encore une fois, je ne suis pas déçu. Mais d’autres bonnes choses nous attendent.

Le groupe suivant est le groupe américain Deerhoof, combo de rock indépendant formé en 1993 à San Francisco et qui officie principalement dans le noise rock. Ce groupe est composé de Greg Saunier (batterie et chant), de John Dieterich à la guitare, de Satomi Matsuzoki (basse et chant) et de Ed Rodriguez à la guitare. Je les ai découverts en 2011 aux Nuits Botanique avec le projet Congotronics vs Rockers que j’ai revu à deux reprises par la suite en festival. Je découvre réellement ce jour leur musique. Le public est nombreux et impatient. Le groupe arrive sur scène, tous sont souriants. Satomi, dès le début, occupe l’avant de la scène. Elle qui est souvent à la basse joue ici de la guitare.

“Breakup Song” est enchaîné avec “The Perfect Me”. C’est une joyeuse cacophonie de sons de guitare, accompagnée de la voix magnifique de Satomi. Je remarque dans l’assemblée de spectateurs le chanteur du groupe Hoquets, McCloud Zicmuse, qui semble fortement apprécier la musique de ce groupe et jump. “The Tears And Music Of Love”, “Fresf Born” et “Dummy Discarts A Heart”, ces trois chansons commencent par des sons de guitares calmes au début qui montent en puissance, accompagnés par la suite de la batterie qui s’emballe quelque peu.

“The Eyebright Bugler”, une guitare en moins, c’est bien, plus mélodieux, Satomi est rayonnante, sa voix est belle et douce, tout en musicalité. “Matball The Fleet” est un morceau plus accessible, mais cela bouge pas mal sur scène et aussi dans le public. Sur “Qui Dorm, Nomes Somia”, Satomi est toujours aux commandes, accompagnée de la batterie. Sur la fin, les sons de guitare reprennent le dessus. Satomi reprend sa guitare pour “Fresh Born” et occupe bien le centre de la scène. “Fêtes d’Adieu” est le morceau qui clôture normalement le dernier opus du groupe, soit “Breakup Song”. “Panda, Panda, Panda” termine le concert comme il a commencé, cacophonie de sons de guitare. Il s’agit d’une belle prestation de ce groupe que je découvrais. À revoir avec curiosité.

Passons donc au groupe suivant, Why?. Why? est un groupe californien de hip-hop et de rock indie. Why? fut d’abord le surnom de l’artiste Jonathan « Yoni » Wolf. Avant la sortie en 2005 de l’album “Elephant Eyelash”, Why? devient un groupe composé de Doug McDiarmid, Matt Meldon, et de Josiah Wolf, le frère aîné de Yoni. C’est un des groupes fondateurs du label anticon d’Oakland (Californie). Plus récemment, Matt Meldon quitta le groupe, Yoni restant le seul créateur, se mettant au clavier pour les concerts. Contrairement au style produit par leur label, Why? se rapproche plus du folk et du rock indie. Leurs paroles tendent vers l’abstract hip-hop. Elles se concentrent plus sur la création d’images poétiques abstraites que sur de vraies histoires.

“Dirty Glass” / “Good Friday” se suivent sans interruption. La formation est en demi-cercle autour du chanteur qui est l’élément central du groupe. Il y a présence de deux batteurs-percussionnistes. À la fin de la première chanson, le chanteur apparaît et arpente la scène de gauche à droite en déclamant son texte à la manière d’un rappeur. “Strawberries” est le second morceau du nouvel album “Mumps. Etc”. Ah ici, changement de style, xylophones à profusion, sifflements, harmonie de la voix, les percussions sont présentes. C’est de toute beauté. “Jonathan’s Hope” est un mélange hip-hop avec le morceau précédent. J’aime moins.

“These Few Presidents”, “Brook and Waxing”, “Fatalist Palmistry”, “The Hollows”, “The Vowels Pt. 2”, “A Sky For Shoeing Horses Under”, “Simeon’s Dilemma” (première chanson du rappel) sont toutes extraites de l’album “Alopecia”. Je n’aime pas, car il y a trop de hip-hop, mais chacun ses goûts. “Waterlines”, “Thirst” et “Bitter Thoughts” sont des chansons extraites du nouvel album “Mumps. Etc”. Retour du hip-hop, xylophones à profusion, percussions claires, du synthétiseur juste ce qu’il faut, les voix sont justes et harmonieuses. Ce nouvel opus est un régal.

“Crushed Bones” est extrait de l’album “Elephant Eyelash”, un virage pop folk pleinement assumé avec profusion de claviers, guitares et batteries, où le flow hip-hop laisse définitivement place au chant et aux choeurs, sur des compositions lumineuses, à mi-chemin entre un Beach Boys, indie et un Dylan, nouveau siècle. Pour “Gemini (Birthday Song”, second morceau du rappel, je quitte les lieux pour me rendre au Club afin d’assister au concert du groupe américain DIIV. Oh rage, oh désespoir, je ne pourrais pas assister à ce concert. Le quota de spectateurs est atteint dans la salle. Pas moyen de négocier, raisons de sécurité. Je m’incline.

J’ai quand même passé une belle soirée avec BRNS, j’ai découvert Deerhoof et j’ai revu Why?, groupe que j’avais déjà vu auparavant au Botanique, mais qui ne m’avait pas percuté. Ils ont bien évolué. Le nouvel opus est à découvrir en priorité, il y a moins de hip-hop, et cela c’est très bien. À petite dose, cela passe chez moi.

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