La fin du monde n’a pas eu lieu, interview de GREAT MOUNTAIN FIRE

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Les Belges de Great Mountain Fire donnaient il y a peu un concert tout à fait particulier dans l’enceinte du Cirque Royal. Nous y étions pour vous et en avons profité pour réaliser l’interview du groupe, juste après ce concert mémorable en acoustique. Cette interview se passe juste après la fin du concert et dans la salle du CR, le groupe étant représenté par son très sympathique chanteur Thomas de Hemptinne :

Music In Belgium : Qu’est-ce que cela vous procure comme effet de faire le concert de fin du monde au Cirque Royal ?


Great Mountain Fire : Le monde n’est pas encore fini en fait ! On attend impatiemment que cela passe. Mais ce que l’on voulait faire, c’était prouver aux gens que l’on pouvait avoir plus de sensations par notre concert que par ce truc médiatique. On ne sait pas de quoi parler et on parle de cela. Du coup, les gens sont quand même venus, même si la fin du monde représentait quelque chose pour eux. On voulait montrer quelque chose de beau. Après tout, on ne voit pas cela comme une fin du monde. Si c’était la fin du monde, on regarderait vers le passé alors que là, on regarde vers le présent.

MiB : Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ce genre de concert ! N’est-ce pas un peu périlleux ?

GMF : C’est périlleux si on ne se donne pas les moyens et le temps de le faire ! On nous a proposé de le faire alors que l’on avait déjà joué des dates sur ce projet acoustique et que l’on avait déjà pu le tester dans différentes conditions. On savait quelles étaient les bonnes conditions et/ou mauvaises pour le réaliser. On a décidé de travailler avec des musiciens additionnels. Ils sont arrivés très tard dans le processus de création. Et donc, c’est resté assez hypothétique jusqu’à quelques semaines avant le concert. Cela allait dépendre de ce que l’on allait rencontrer et comment cela allait se passer. On a choisi les bonnes personnes qui aimaient bien ce que l’on faisait. On a presque créé un nouveau groupe puisqu’on a inclus un nombre de musiciens additionnels égal à nous. Et donc cela s’est fait sur l’instantané et sur la spontanéité du groupe. On a dû créer un nouveau groupe et cela était intéressant.

MiB : Le concert que vous avait fait aux Nuits Botanique était-il différend de celui de ce jour ?

GMF : Il n’y avait pas ces musiciens additionnels aux Nuits. Beaucoup de gens n’ont pas vu le concert, car c’était une salle plus petite. Il y avait une sorte de frustration du public. Beaucoup de gens nous disaient qu’ils n’avaient pas vu ce concert et voulaient le voir. Donc, nous, on a tout construit autour de ce concert ensachant que l’on voulait mettre un plus car nous travaillons toujours ainsi. On n’aime pas faire deux fois la même chose. On n’aime pas s’arrêter et faire le minimum diplomatique. On aime bien aller plus loin et se surprendre. En tant que jeune groupe, on pense que c’est la meilleure manière d’évoluer et se motiver au quotidien. Faire tous les mêmes concerts tout le temps, ce n’est pas motivant.


MiB : Quelle est la différence entre un concert électrique et un concert acoustique avec des musiciens additionnels comme aujourd’hui ?

GMF : On a tout réécrit pour faire l’acoustique. On a tout réinterprété. Il s’agit de deux types de concert totalement différend c’est-à-dire que lors des chansons, quelles chansons choisir, le setlist, le son sur scène, l’installation technique, même la manière de jouer qui est totalement différente. C’est un concert où il se passe quelque chose. Si l’on arrive à faire cela, c’est parce qu’on a une certaine expérience des concerts. Il y a cinq ans que l’on fait des concerts ensemble. Et on peut se permettre de prendre d’autres personnes et leur montrer comment on travaille et surtout qu’ils rentrent dans le processus. On transmet quelque chose aux spectateurs. Je vois que c’est ce que l’on a fait ce soir, c’était faire partager aux spectateurs notre manière de travailler, notre manière de voir la musique et notre manière de vivre. On fait notre musique au quotidien et c’est notre vie. On communique comme on crée notre projet. C’est ce que l’on voulait faire passer aux gens. Les gens sont sortis heureux, car on est heureux de ce qu’on fait et on a envie de le partager comme cela.

MiB : Est-ce qu’il y aura une tournée acoustique en 2013 ?

GMF : Non, c’était un one shot. La tournée en France, c’est la présentation de notre album en électrique. En fait, ce genre de date est impossible à faire en festival ou en club car cela demande une installation pointue. Ce n’est pas deux heures de sound check mais beaucoup plus que cela. Il faut énormément de lignes, de musiciens additionnels. C’est une vraie infrastructure et même si on nous en donnait les possibilités, c’est NON, car on a envie d’avancer et d’écrire.

MiB : Avez-vous déjà écrit de nouvelles chansons pour le second album ?

GMF : Ce soir, on a joué des choses nouvelles qui ne sont pas sur un album. On a joué plusieurs nouvelles chansons qui n’existent pas. Ces chansons sont encore à l’état d’expérience, c’est cela qui est intéressant. Ce projet nous a permis de tester des choses, de découvrir comment avancer et voir ce qui fonctionne.

MiB : Dans les instruments utilisés ce soir, il y en a de très particuliers. Comment les avez-vous choisis ?

GMF : En sachant que l’on avait certains instruments, des morceaux et des idées directrices de morceaux sont nés. En appelant des musiciens qui avaient certains instruments, d’autres idées de morceaux sont nées. On a appelés des cuivres, des arrangements différents ont fait que nos manières de travailler ont changé et nous ont permis de voir les morceaux changer. On aime bien les instruments et des gens qui revenaient de voyage nous ramenaient des instruments insolites. Chaque fois que nous partons en voyage, on en ramène également. En tant que musicien, ce sont de bons signes. On s’est amusé au jeu de prendre un instrument et de voir comment faire évoluer le morceau. C’est pour cela que l’on arrive avec des morceaux qui sont reliés à des endroits du monde comme l’Inde ou l’Amérique latine. La cithare indienne était dans un grenier et on s’est dit pourquoi ne pas l’utiliser, car on aime cet instrument et son univers. C’était plus en termes de jeu sans tomber dans la caricature. On voulait que les morceaux racontent quelque chose sans en faire une reprise à la Ravi Shankar. On voulait faire un truc qui fonctionne avec le morceau.

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Photos © 2012 Alain Heymans

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