La-Ventura, c’est la vie… de Mike et Carla

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Carla van Huizen et Mike Saffrie, les porte-paroles de la formation zélandaise La-Ventura, nous dévoilent les secrets de fabrication de leur nouvel opus “White Crow” au cours d’une sympathique interview. Music in Belgium : Bonjour, pouvez-vous faire les présentations pour nos lecteurs ?

Carla : Hello, je suis Carla, la chanteuse et la meneuse (NDT : front lady) du groupe.

Mike : Salut à tous, mon nom est Mike Saffrie, je suis le bassiste de La-Ventura. J’ai aussi quelques autres fonctions au sein du groupe comme manager et compositeur. Je suis ravi de vous rencontrer !

MiB : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’histoire du groupe ?


Mike : Nous avons fondé le groupe en 2005. Nous n’étions que trois à l’époque. Notre line-up a été complété dès 2006. La période 2007/2008 a été fructueuse pour nous avec la sortie mondiale de notre album “A New Beginning” pour lequel nous avons eu de bonnes critiques et d’excellentes chroniques. Nous avons donné quelques très bons concerts et il semblait évident que nous étions capables de tirer notre épingle du jeu. Nous avons encore publié un EP en 2009 et puis… ce fut le calme plat. Mais tout cela est terminé maintenant, car avec notre nouvel album “White Crow”, nous avons la ferme intention de prouver au monde entier que nous sommes de retour !

MiB : ‘La-Ventura’ est un nom plutôt étrange pour un groupe. Pourquoi l’avez-vous choisi ?

Carla : Eh bien, je suis tombé sur ce nom par hasard. En faisant des mélanges. J’ai pris ‘ventilateur’ ou ‘Venturi’ (c’est le nom d’un célèbre physicien italien) et j’y ai ajouté le LA de CarLA… As-tu une idée des difficultés que l’on peut éprouver à trouver un bon nom de groupe ? Nous avons eu de la chance (rires).

Mike : Ce nom n’est pas si étrange après tout. Pour faire court, ‘ventura’ signifie ‘chance’ en espagnol et c’est ce dont nous avons tous besoin dans la vie. Et pas seulement nous, les humbles musiciens qui désirent avoir l’opportunité de ‘casser la baraque’, mais tout le monde ! On a tous besoin d’un peu de chance de temps en temps pour pouvoir avancer dans la vie.

MiB : Vous avez été labélisés comme un groupe métal à chanteuse (NDT : Female Fronted Metal Band) ce qui, après tout, n’a pas beaucoup de sens (car il n’y a pas vraiment grand-chose de commun entre la musique de Girlschool, Nightwish, Lacuna Coil et Arch Enemy…). Comment décririez-vous votre style musical si le groupe était mené par un gros mec chauve ?

Mike : Hahahahaha… quelle excellente question ! Eh bien, ce serait quelque chose entre le Nu Metal LOURD et le rock truffé de GROS riffs groovys ainsi que de mélodies OBÈSES et accrocheuses… S’il te plaît, pas de blagues sur la calvitie. Les mecs du groupe arrivent tous à un âge où la chose devient délicate…

MiB : Pourquoi ce délai de six ans entre la sortie de votre premier opus “A New Beginning” et le petit dernier “White Crow” ?


Mike : La version courte de l’histoire, c’est que nous avons dû faire face à de nombreux problèmes de logistique et le retard est devenu inévitable. Nous avons perdu des membres du groupe. Puis nous en avons trouvé de nouveaux. Nous avons été obligés d’aligner nos agendas avec ceux du studio d’enregistrement en France. Ajoutons à cela le fait que malgré des rentrées d’argent qui n’étaient pas au beau fixe, nous devions payer la production, ce qui nous a obligés à tout financer par nous-mêmes. Tous ces petits soucis ont joué sur le timing de la sortie en la retardant d’une bonne année. Mais les problèmes ont été résolus un par un, et au final tout s’est bien terminé. Le résultat parle de lui-même car l’album sonne vraiment bien !

MiB : À mon avis (corrigez moi si je me trompe), votre musique est relativement similaire à celle de groupes comme Evanescence et Lacuna Coil. Ces deux formations ont eu beaucoup de succès aux États-Unis. La conquête des Amériques est-elle l’un de vos objectifs principaux ?

Mike : Pas du tout. Tu sais, il y a une différence entre les rêves que nous faisions lorsque nous étions adolescent, quand nous avions l’impression que le ciel était la seule limite et la situation dans laquelle nous vivons actuellement. Nous essayons de prendre les choses comme elles viennent en réfléchissant un peu plus. La sortie du nouvel album est surtout destinée à replacer La-Ventura dans le circuit. L’album ne sort qu’au Benelux et nous attendrons de voir si l’industrie musicale extérieure à ce territoire s’intéresse à cet album et décide de le publier. Si, au final, ils font bien leur boulot, nous aurons peut-être une chance de nous frotter aux États-Unis. Cependant, nous sommes des gens terre-à-terre et pas du tout bornés. Voyons d’abord ce qui se passe dans les mois à venir pour vérifier si nous avons une petite chance de placer le nom de notre groupe sur la carte du monde musical.

MiB : Si l’on fait abstraction des avantages financiers qui découleraient de la chose, seriez-vous vraiment heureux si l’un de vos titres connaissait un succès commercial Within Temptationnien et répandait le nom de La-Ventura en dehors des sphères métalliques ?

Mike : Bien sûr ! Pour moi, en tant que compositeur et musicien, cela voudrait dire que j’ai bien fait mon travail. Ma préoccupation principale n’est pas de faire beaucoup d’argent dans le monde de l’industrie musicale. Même les groupes à succès dont tu parlais plus haut doivent lutter continuellement pour rester au top. En plus, ils ont sans doute investi la majeure partie de leur existence dans le seul but d’avoir du succès. Si l’on veut rester réaliste, il est probable que ce genre de choses n’est plus pour nous. Si toutefois nous parvenions à laisser un petit héritage au fantastique univers de la musique, ce serait le couronnement de notre travail. Et cela nous suffirait ! Ceci dit, entre toi et moi, si au final, nous pouvions engranger quelques chaudrons d’argent, eh bien… nous sommes humains… ce serait plutôt pas mal, non ? Qui n’aurait pas envie de cela ?

MiB : Une question pour Carla. Quelle est la chanteuse qui t’a le plus influencé ? Quelles sont les vocalistes que tu admires pour leur voix ou leur personnalité ?

Carla : Alanis Morissette est définitivement l’une de mes chanteuses favorites. La découverte de sa musique et de ses textes m’a ouvert les yeux. C’était si différent et tellement plus passionné que tout ce que j’avais écouté jusque-là. Avant cela, j’essayais de chanter sur les hits du Top 40 de la radio. J’ai appris les ficelles du métier sur du Whitney Houston et du Céline Dion (sans vraiment leur arriver à la cheville, bien sûr, mais il faut bien rêver, non ?). Mais la chanson était seulement un rêve et je n’ai jamais imaginé me retrouver un jour sur scène… c’était bien trop effrayant ! Ce n’est qu’après avoir été mise sur la sellette par mon ex-mari qui avait besoin d’un coup de main pour son groupe rock que l’on m’a proposé un premier poste de ‘front-woman’. Je suis restée et je suis parvenue à surmonter ma peur de la scène.

MiB : Quel événement, ou quel artiste en particulier a fait surgir en toi l’envie de devenir chanteuse et de mener un groupe métal sur scène ?

Carla : Euh, le métal, c’était le mal pour moi ! Je viens d’un environnement très religieux et mes premières performances ont eu lieu dans des églises. Mes premiers ‘groupes’ étaient des formations gospel et j’ai été soliste dans des chorales. Je suppose qu’après avoir découvert Alanis, j’ai voulu me rebeller contre tout cela. J’ai commencé à écrire mes propres textes et à exprimer mes sentiments afin d’essayer de gérer une enfance difficile. J’ai commencé à chercher des musiciens en dehors de ma zone de confort et finalement j’ai rencontré mes collègues ‘brutaux’ de La-Ventura ! Bien sûr, ça a été un peu difficile de combler le gouffre qui existe entre mes goûts musicaux et les leurs, mais j’ai vite compris que le métal était un style génial lorsque l’on désire s’exprimer !

MiB : Quel est votre processus de composition ? L’écriture résulte-t-elle d’un effort collectif ?

Mike : Pour cet album, je me suis chargé de la quasi-intégralité de l’écriture. En fait, le temps a joué en ma faveur et j’ai eu la possibilité de travailler en étroite collaboration avec Carla pour ses vocaux. J’ai l’habitude d’enregistrer une maquette complète de chaque chanson. Je fais un plan en indiquant clairement où sont le refrain, le couplet et les autres parties. Je crée un fichier complet avec la batterie, la basse, la guitare et quelques couches supplémentaires pour la mélodie. Je donne parfois quelques idées au sujet des lignes vocales. Ensuite, j’envoie le tout aux membres du groupe pour qu’ils me fassent leurs commentaires. S’ils sont d’accord avec le plan, nous avançons jusqu’à l’étape suivante. Saz s’approprie les guitares et les peaufine, Renzo reprend la batterie et Carla, bien sûr, le chant. J’écris en tenant compte des qualités de chacun car je connais les points forts des membres du groupe, ensuite nous affinons le tout et nous faisons un package complet. Viennent alors les enregistrements de pré-production afin de voir ce que cela donne sur bande et finalement nous passons aux réglages les plus fins pour que le titre soit définitivement prêt pour l’enregistrement officiel de l’album.

MiB : Pourquoi un groupe originaire de Zélande choisit-il de voyager jusque vers le centre de la France pour enregistrer son disque ? Connaissiez-vous le travail de Didier Chesneau et Bruno Gruel avant de collaborer avec eux ?

Mike : Je connais Didier depuis longtemps ! Nous nous sommes rencontrés lors d’un festival en Belgique où il jouait aussi avec son groupe Headline. Après la fin de notre gig, Didier m’a approché et nous avons discuté de la possibilité d’enregistrer notre second album dans son studio. Il avait apprécié ce qu’il avait vu lorsque nous étions sur scène et il aimait notre musique. Il venait de terminer l’installation de son nouveau studio et il m’a affirmé qu’il aimerait que notre enregistrement soit son premier projet. Que répondre… à part ‘oui’ ? La raison principale pour laquelle nous avons décidé de travailler avec lui, c’est qu’il nous comprend vraiment. Il comprend notre musique et sait ce que nous voulons en faire. Il lui arrive aussi de nous donner le coup de fouet dont nous avons besoin pour nous pousser au niveau supérieur en tant que musiciens. L’autre raison, c’est qu’il est un véritable magicien derrière une console. Il sait ce qu’il fait et parvient à créer le son ultime pour chaque groupe avec lequel il travaille. C’est à lui que nous devons cette production énorme ! Didier connaît Bruno et ce dernier à immédiatement accepté de se charger de la mastérisation de l’album. Ils ont travaillé ensemble sur de nombreux projets et, en tant que manager, je savais que ça allait le faire. Si un producteur n’a jamais travaillé avec la personne qui fait la mastérisation, cela laisse beaucoup de place pour les erreurs. Mais avec eux, pas de problème. Ils sont complémentaires. Le son créé en studio était encore plus clair et plus HiFi après la mastérisation. Ils ont fait opérer leur magie et, rien que pour cela, notre dette envers eux est éternelle. Nous sommes vraiment fiers d’avoir eu l’opportunité de travailler avec de tels professionnels et nous espérons qu’eux aussi sont fiers de notre album.

MiB : Erwin Polderman, l’ex-batteur d’Orphanage était l’un des membres fondateurs de La-Ventura. Pourquoi vous a-t-il quittés ? Êtes-vous toujours en de bons termes ?

Mike : Je pense que tous les groupes doivent passer par des changements, que cela soit au niveau des membres ou de la musique. Il y a de nombreuses raisons qui font que quelqu’un décide de changer son avenir et c’est OK ainsi. Nous nous sommes séparés sans disputes car quand c’est l’heure de passer à autre chose, il faut le faire. Tous les membres du groupe ont respecté sa décision. Malheureusement, je n’ai pas parlé à Erwin depuis très longtemps. Le temps passe vite. Nous espérons le revoir sur la route un de ces jours, ou sur scène afin de nous remémorer le bon vieux temps…

MiB : Quel est, à ce jour, ce que vous avez préféré dans l’histoire du groupe ?

Carla : Je me souviens encore de la première fois où le public a repris mes textes en chœur. La première fois où des gens ont demandé ma signature ou ont voulu être pris en photo avec moi ! Être reconnue au supermarché ou dans un train, c’est vraiment une sensation étrange.

Mike : Pour moi, c’est lorsque tout s’est mis en place en studio avec la musique du nouvel album. En l’écoutant, je ne pouvais pas croire qu’il s’agissait de nous. Mec, c’est un moment que je n’oublierai jamais. C’est mon moment fort perso ! Mais ce que j’adore plus que tout, ce sont les gens que je rencontre lorsque nous faisons des gigs. Tous ces gens super gentils qui te disent que tu as fait du bon boulot sur scène et qui te parlent de ce que ta musique signifie pour eux. C’est franchement génial de savoir que ce que tu fais occupe une place spéciale dans la vie de quelqu’un d’autre !

MiB : Je ne sais pas si vous avez l’intention de jouer bientôt en Belgique, mais, si c’était le cas, à quoi pourrions-nous nous attendre ?

Mike : Espérons que ce soit un feu d’artifice pour le public ! Il n’y a rien de plus triste que de voir des robots sur scène… Nous jouons pour vous les mecs, et pas seulement pour nous-mêmes. Si vous prenez le temps de venir à notre show nous nous bougerons le cul pour vous !

MiB : Une dernière déclaration ?

Mike : Merci pour cette interview, Michel et un grand merci à tous ceux qui la liront jusqu’au bout ! Nous espérons vous voir bientôt à l’occasion d’un concert. Soyez assurés que nous viendrons jouer chez vous. La tournée démarrera après l’été. Pour l’instant, c’est encore l’heure de la promo, mais après cela, il n’y aura pas de raison de ne pas venir vous rencontrer à l’occasion d’un concert !

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