OSTROGOTH au Magasin 4, bienvenue au Musée des Héros !

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En Belgique, comme partout ailleurs je suppose, nous avons chacun nos héros de jeunesse. Pour certains, ce sont Tintin et Spirou, pour d’autres Eddy Merckx et Jacky Ickx, pour d’autres encore Jean-Claude Vandamme et François Pirette. Si un jour vous me demandez quels sont les héros nationaux qui ont bercé mes années boutonneuses, je vous répondrai, sans hésiter, par ces trois mots barbares : Acid, Crossfire et Ostrogoth. Ce 18 avril 2013, les Gantois d’Ostrogoth célèbrent le trentième anniversaire de leur mythique EP “Full Moon’s Eyes” au Magasin 4 de Bruxelles et, pour rien au monde, je ne manquerais cela ! Nous sommes jeudi et au Magasin 4 ce n’est pas vraiment la foule des grands soirs. À vue de nez, une petite centaine de patriotes seulement a jugé bon de faire le déplacement jusqu’au 51 de l’avenue du Port pour assister au retour triomphant de ses héros nationaux. Pourtant, la soirée s’annonce plutôt bien puisqu’Ostrogoth a fait appel aux services de l’excellente formation limbourgeoise Evil Invaders pour l’aider à mettre le feu aux poudres. Basé dans la ville nucléaire de Mol, Evil Invaders a publié, en février de cette année, un EP explosif qui doit absolument figurer en bonne place dans la collection de tout amateur de Speed/Thrash Métal Old School qui se respecte.

Il est presque 20h et l’audience timide se tient éloignée de la scène. Le temps d’un ’Bonjour, nous sommes Evil Invaders, approchez vous un peu!’ et quatuor balance l’instrumental “Speed Invasion” dans nos esgourdes ahuries. Manifestement en pleine forme, les musiciens cavalent d’un côté à l’autre de la scène qui, tout à coup, semble devenue bien exigüe. Côté look, les Evil Invaders jouent à fond la carte du revival eighties (NDR : cheveux longs, jeans hyper-serrés, t-shirt aux couleurs d’Helloween, etc.). Leurs compositions sont constituées d’une collection impressionnante de riffs véloces et de duels de guitares hallucinés, le tout soutenu par une solide section rythmique au sein de laquelle la quatre-cordes s’autorise de nombreuses escapades. Le chant, haut perché au possible, est assuré par l’un des deux guitaristes/solistes. Pour la petite histoire, ce dernier répond au patronyme poétique de Jöe Anus. A fond dans son personnage, le frontman collectionne les mimiques terrifiantes et conquiert peu à peu l’auditoire qui, centimètre par centimètre, s’approche courageusement de la scène. Timing oblige, le groupe s’éclipse après seulement huit titres en nous laissant sur une très bonne impression et un fort goût de trop peu. A revoir d’urgence !

Le T-shirt Officiel de la mini tournée l’atteste, “Full Moon’s Eyes” a trente ans et il est l’heure de souffler ses bougies. Il n’est pas encore tout à fait 21h lorsqu’ Ostrogoth envahit les planches du Magasin 4. Comme le commun des mortels, mes héros accusent un léger coup de fatigue. Seuls trois des cinq membres originaux sont encore de la partie. Derrière les fûts, impossible de louper la charpente massive de Mario Pauwels qui, plus que jamais, mérite son surnom de ‘Grizzly’. Toujours aux aguets, le batteur semble s’imposer comme le leader de la troupe. C’est à son initiative qu’Ostrogoth s’est reformé en 2010. Malgré quelques rides et une chevelure clairsemée, Rudy ‘White Shark’ Vercruysse arbore un sourire kilométrique qui en dit long sur le plaisir qu’il éprouve à retâter la six-cordes après l’accident de travail qui, il y a quelques années, avait bien failli lui ôter l’usage de la main. Marnix ‘Bronco’ Van De Kauter, le troisième survivant du line-up original, n’a pas jugé nécessaire d’exhumer son look de rocker des eighties et, s’il ne tenait pas dans les mains une imposante quatre-cordes, on le prendrait facilement pour Monsieur Tout Le Monde. Hans Van De Kerckhove, le second guitariste que nous connaissions sous le sobriquet de ‘Sphinx,’ est décédé d’un arrêt cardiaque en 1989 et il est aujourd’hui remplacé par le six-cordiste gantois Dario ‘Mister’ Frodo, membre de la formation Space/Progressive Rock Quantum Fantasy. Marc ‘Red Star’ De Brauwer, la voix historique d’Ostrogoth, a jeté l’éponge. Il avait pourtant participé au concert donné en 2002 à l’occasion des vingt ans du label Mausoleum Records. C’est désormais Josey Hindrix, un vocaliste qui milite lui aussi dans le circuit du métal belge depuis les années 80, qui se charge du micro.

Les festivités démarrent assez mollement avec “Too Hot”, extrait de l’album du même nom. S’il n’était pas mauvais en soi, le second album du groupe, sorti en 1985, était tout de même beaucoup moins pêchu que son prédécesseur. Comme pour le set des Evil Invaders, le public reste en retrait à quelques mètres de la scène. Trop heureux de ne pas être bousculés par une foule en délire, les chasseurs d’images s’en donnent à cœur joie. Le groupe enchaine avec “The New Generation”. Ce premier contact avec l’album “Ecstasy and Danger” de 1984 est un peu mitigé. La voix de Josey Hendrix est très différente de celle de ‘Red Star’ et me faudra attendre “The Hunter”, le titre suivant, pour être convaincu. Ce titre est tiré du troisième opus “Feelings Of Fury” (1987) sur lequel Peter De Wint de Crossfire avait assuré les vocaux. Malgré tout le respect que j’éprouve pour le travail de ‘meneer’ De Wint sur les albums de Crossfire, j’avoue ne jamais avoir apprécié ses vocaux ‘trop heavy pour Ostrogoth’ sur l’album “Feelings Of Fury”. Cette version live de “The Hunter”, interprétée par la voix plus ‘rock’ de Josey Hendrix passe, à mon avis, bien mieux que l’originale de De Wint.

M’étant adapté au nouveau vocaliste, je commence enfin à apprécier le concert. Ostrogoth égraine les classiques en omettant soigneusement d’inclure les titres de “Full Moon’s Eyes” à sa setlist. Cependant, le temps passe vite entre les hymnes “Shoot Back”, “Scream Out”, “Ecstasy And Danger”, la jolie ballade “Do It Right” et l’instrumental “Lords Of Thunder”. Malgré le poids des années, la paire rythmique Grizzly/Bronco assure toujours autant. Mister Frodo, beaucoup plus jeune, apporte un coup de fouet dynamique à la prestation de ses compagnons. Un peu plus timide, ‘White Shark’ se concentre sur ses parties de guitares et esquisse de sympathiques sourires d’excuse lorsque ses doigts, à une ou deux reprises, ne suivent pas le mouvement qu’il désirait leur appliquer. Respectueux du répertoire de ses prédécesseurs, Hendrix, parvient à s’attirer les faveurs d’un parterre d’aficionados qui s’approche (enfin) de la scène pour apprécier le fabuleux “Queen Of Desire”.

Il est presque 22h (NDR : heure du couvre feu au Magasin 4) et nous commençons à nous inquiéter de n’avoir entendu aucun titre du EP dont nous sommes sensés fêter l’anniversaire. Au moment où nous n’y croyons (presque) plus, retentissent les premières notes la fameuse intro acoustique qui précède “Heroes Museum”. Nous poussons un ‘ouf’ de soulagement et on headbangons au son de ce classique du Métal Belge. Le bonheur est général lorsque le groupe balance la géniale plage éponyme du EP, cependant, ce n’est que lorsque qu’il enchaine avec “Paris By Night” que nous réalisons, avec joie, que le EP sera interprété dans son intégralité. À ma gauche, quelques jeunes filles dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les vingt ans et qui s’étaient contentées jusque là de végéter à quelques mètres de la scène se sont éveillées et chantent à tue tête les chansons dont elles semblent connaître par cœur tous les textes. “Rock Fever” annonce la fin des réjouissances et les lumières de la salle se rallument. Il est dix heures et quart et le couvre-feu est largement dépassé. Peu importe, les Gantois tiennent à rendre hommage au public, peu nombreux mais enthousiaste, qui les a soutenus ce soir et revienne en scène pour une sympathique version du “Metal Gods” de Judas Priest. Nous sommes aux anges. Les barbares Ostrogoth ont reconquis Bruxelles !

Setlist Evil Invaders :

  1. Speed Invasion (instrumental)
  2. Driving Fast
  3. Tortured By The Beast
  4. Siren (?)
  5. Alcoholic Maniac
  6. Stairway To Insanity
  7. Victims Of Sacrifice
  8. Evil Invaders

Setlist Ostrogoth :

  1. Intro
  2. Too Hot
  3. The New Generation
  4. The Hunter
  5. Shoot Back
  6. Lords Of Thunder (Instrumental)
  7. Do It Right
  8. Scream Out
  9. Ecstasy And Danger
  10. Queen Of Desire
  11. Heroes Museum
  12. Full Moon’s Eyes
  13. Paris By Night
  14. Rock Fever
  15. Rappel : Metal Gods (Cover Judas Priest)

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