The Walkmen au VK : un charme délicieusement désuet…

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Avec “Heaven”, leur septième album, les New Yorkais de The Walkmen font de nouveau fi des modes en mettant plus que jamais en avant leur son résolument hors du temps. Et comme leurs visites dans les salles belges ne sont pas légion, il était essentiel de se presser au VK ce mardi 30 avril pour les voir à l’œuvre dans de bonnes conditions. Ce soir, le groupe qui va les introduire s’est baptisé Mozes & The Firstborn. Avec un nom pareil, on s’attendait à un hommage déguisé à Morrissey mais c’est plutôt du côté de la britpop qu’il faudra aller chercher les influences de ces jeunes hollandais (ils sont originaires d’Eindhoven) à la vision très rock ‘n’ roll. Imaginez les débuts d’Oasis ou de Suede avec des guitares métalliques et le volume dans le rouge. Ils ont en tout cas entamé les débats pied au plancher et ne vont le lever qu’à de rares occasions (au milieu de leur set, en fait).

La voix du chanteur, très nasillarde, renvoie à celle de Liam Gallagher même si, quelquefois, on a l’impression d’entendre également quelques intonations propres à Guy Swinnen, le leader des Scabs. D’un point de vue look, on pourrait les comparer à The Vaccines (surtout le guitariste aux cheveux longs dont le t-shirt arbore un “I’m on drugs” assez révélateur). Ils termineront leur prestation avec deux bombes oscillant entre pub rock et punk à la Ramones. Une excellente surprise, que l’on sera amené à revoir avec intérêt dans les prochains mois vu que leur tournée prévoit d’autres passages par chez nous.

La dernière fois que The Walkmen ont posé leurs amplis à Bruxelles, c’était en mai 2011 au Cirque Royal dans le cadre des Nuits Botanique, en support de Mercury Rev. Un set limité dans la durée, ce qui nous avait laissé quelque peu sur notre faim. Autant dire que le concert de ce soir était attendu avec énormément d’impatience, surtout que la balance du VK approche généralement la perfection et que, d’un point de vue musical, leur dernière livraison (“Heaven”) peut être considérée comme un grand cru musical (pour le design de la pochette, on repassera…).

C’est toutefois avec l’excellent “On The Water” et son intro minutieusement construite qu’ils vont prendre possession de la scène et déjà poser de solides bases pour la suite. Le géant chanteur Hamilton Leithauser, pareil à lui-même avec son traditionnel costume et sa voix presque désuète, attire immanquablement l’attention sur lui. Les quatre musiciens qui l’accompagnent sont pourtant tout sauf des manchots mais le charisme du leader les éclipse, d’un point de vue visuel en tout cas.

Ceci dit, ce sont eux qui mettent en place le son du groupe largement inspiré par les sixties. Celui-ci va d’ailleurs gagner en intensité au moyen d’“Heartbreaker” dont les montées de guitares vont jaillir sur un public aux anges alors qu’“Angela Surf City” sera boosté par des jeux de lumières affolants. C’est alors que le chanteur va attraper une guitare et, curieusement, le fait qu’il doive se concentrer sur son instrument va légèrement diminuer sa vivacité scénique. “Love Is Luck” tout en crescendo n’en pâtira pas trop, au contraire du dispensable “Line By Line” dont la version acoustique laissera à désirer.

C’est en effet lorsqu’il se focalise sur son micro qu’Hamilton Leithauser est le plus expressif. Les puissants “Woe Is Me” et “Blue As Your Blood” vont étayer cette affirmation alors que sa voix délicieusement plaintive emmènera “Juveniles” vers un impressionnant final intense. Sur scène, pas d’artifices, juste des musiciens qui prennent plaisir à jouer et à partager naturellement leur passion. Faisons l’impasse sur la manière dont le leader présente ses compagnons de scène vu qu’il mange littéralement ses mots et concentrons-nous plutôt sur les petits bijoux que sont “We Can’t Be Beat” et “Heaven” qui clôtureront le set principal après pile une heure de spectacle.

Les musiciens reviendront rapidement sur scène pour un rappel agencé de manière un peu curieuse. En effet, l’incroyable “The Rat” va secouer la salle et nous fera comprendre où Editors a été chercher ce fameux son ténébreux alors que l’interprétation solennelle de “While I Shovel The Snow” (avec un duo de triangles) devant un public respectueux et attentif va donner des frissons. On aurait plutôt imaginé l’inverse. Ceci dit, la prestation de The Walkmen a tenu toutes ses promesses ce soir et le groupe reste un excellent placement sur scène…

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