Nuits du Bota 2013 : la Monday Night Fever de !!!

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Après un week-end aux relents relativement rock, le Chapiteau des Nuits du Bota accueillait ce lundi 6 mai une affiche à la connotation plus dansante puisque !!! et Superlux venaient présenter leur nouvel album. Une primeur dans le cadre des seconds nommés puisqu’il ne sortira que le 20 mai prochain. Deux autres groupes étaient prévus au programme et ce sont les locaux de Recorders qui ont eu le privilège d’ouvrir la scène. Ces cinq gaillards qui jouent tous de front sont loin d’être des débutants puisqu’ils mettent au point leur son indie électro pop depuis quelques années déjà. Ceci dit, les choses sont sur le point de prendre une tournure plus qu’intéressante grâce à un premier album qui devrait arriver à la fin de l’été et dont le mixage a été confié au célèbre Tony Hoffer.

Les parties de synthé analogiques, omniprésentes, façonnent les contours de compositions qui rappellent bien souvent les grandes heures des Klaxons. Le regard du chanteur barré de maquillage bleu renforce cette impression d’un point de vue visuel, même si sa voix haut perchée renvoie par moments à celle de Luke Steele (Empire Of The Sun). Il leur arrive d’emprunter une direction plus atmosphérique mais c’est lorsqu’ils haussent le ton qu’ils deviennent très crédibles (notamment lorsque le chanteur passe de la guitare au synthé tout en devenant comme possédé). L’heure de la reconnaissance semble proche…

C’était ensuite au tour des Français de Concrete Knives de prendre le relais. Originaires de Caen, ils n’ont eu aucun de mal à s’exporter pour atterrir, entre autres, dans les pages du NME qui a donné un excellent 8/10 à leur premier album, “Be Your Own King” (produit par Dan Levy, la moitié masculine de The Dø). Quoi qu’il en soit, ils vont démarrer en force et mettre en avant un son nerveux qui convient à merveille à la voix rauque de la chanteuse Morgane Colas, qui rappelle celle de Karen O (Yeah Yeah Yeahs) et aux jeux de lumière ténébreux transpercés par des effets stroboscopiques.

Leur set ne va toutefois pas toujours se dérouler guitares en avant vu que des claviers dansants seront utilisés ça et là en support des autres instruments et pas l’inverse. Couplés à de généreuses percussions, ils donnent une vision dynamique à l’ensemble. Pour preuve, cette surprenante reprise du “Here Comes The Hotstepper” de Ini Kamoze ou ce titre en fin de set largement inspiré par les Cure joué sous amphétamines. Pas étonnant que les Anglais aient craqué pour eux…

Depuis la fin de la tournée en support de leur deuxième album, on était quasi sans nouvelles des Hesbignons de Superlux. On a donc accueilli avec surprise et intérêt “Tired Of You”, un single annonciateur de la suite de leurs aventures en electroland (“The Line” est annoncé pour dans quelques jours). Sans surprise, ils vont profiter du concert de ce soir pour poursuivre la mise au point scénique de leurs nouvelles compositions. Celles-ci seront légion tout au long du set, avec les approximations de rigueur, vu qu’il ne s’agit que de leur deuxième prestation depuis une éternité.

Plus que jamais, la chanteuse Elena Chane-Alune et le guitariste Nicolas Muselle portent le groupe à bout de bras. Leurs voix se marient toujours admirablement, même si leur accent anglais approximatif heurte parfois les oreilles (on va dire que cela fait partie de leur charme). Musicalement parlant, en revanche, les nouveaux titres présentent une construction intelligente bardée de redoutables nappes synthétiques à la Soldout. A première écoute en tout cas, le potentiel semble bien réel et le single mentionné ci-dessus n’est même pas le titre qui laisse la meilleure impression.

Par ailleurs, on a redécouvert avec plaisir “Wildness & Trees” dans une version club clairement orientée dancefloor alors que les plus anciens “Alarm” et “Tabloid” ont bénéficié de jeux de lumières particulièrement travaillés en plus d’une relecture actualisée qui leur donne une seconde jeunesse. De bon augure en vue des festivals d’été (ils seront notamment aux Ardentes et à Dour) où ils seront selon toute vraisemblance au point avec leur set.

Ces amuse-gueules de qualité ne devaient pas éclipser le fait que le plat principal était réservé à !!! (que l’on prononce toujours aussi difficilement tchk tchk tchk). Ces Californiens viennent de sortir un cinquième opus délicieusement baptisé “Thr!!!er” (il fallait y penser) truffé de perles électro pop dont ils ont le secret. C’est d’ailleurs avec un extrait de celui-ci, “Get That Rhythm Right”, que le vent de folie allait se lever sous le chapiteau.

Car !!!, c’est toujours du spectacle. Il y a toujours du monde sur scène (malgré qu’ils ne soient que six aujourd’hui) mais celui qui attire tous les regards, c’est Nick Offer, le leader qui montera sur scène en short de gym et t-shirt dont la particularité est de faire le pitre. On se rappelle notamment d’une prestation aux Ardentes en 2007 où il avait grimpé jusqu’aux rampes de spots sous le toit de la Main Stage. Ce soir, il ne lui faudra pas plus de deux coups de batterie pour entamer une danse toute personnelle (quelque part entre aérobic et gymnastique rythmique suggestive). A peine le deuxième titre envoyé et le voilà déjà en train de prendre un bain de foule (il réitèrera l’expérience à plus d’une reprise, s’octroyant quelques pas de danse avec le public).

Il est en tout cas impossible de rester de marbre pendant leur set. Que ce soit la basse ronflante (“One Girl / One Boy”), les guitares disco (“Except Death”) ou le saxo enlevé (le précité titre d’intro), on a toujours une bonne raison de bouger le popotin. Certains spectateurs n’hésitent d’ailleurs pas à pousser le vice jusqu’à organiser des concours de danse improvisés. D’une manière générale, on va sentir à de nombreux moments l’équilibre parfait entre LCD Soundsystem (tous les instruments joués en live, la voix pas toujours très juste) et The Rapture (le groove des compositions, les cuivres). Cela a transpiré ferme, et peut être plus encore sur le classique “Heart Of Hearts”, point final du set principal avant que “Bend Over Beethoven” en rappel ne donne le coup de grâce à un chapiteau qui a clairement tremblé sur ses bases ce soir…

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