Nuits du Bota 2013 : le retour de la Nuit Belge

0 Participations


Absente de la programmation depuis trois ans, la célèbre Nuit Belge a fait son grand retour aux Nuits Botanique ce mercredi 8 mai. L’occasion de voir une sélection de ce qui se fait de mieux dans le paysage musical noir jaune rouge en un seul et même endroit… À l’affiche parmi tant d’autres : Soldout, les Vismets et BRNS. Enfin, lorsque l’on dit un seul endroit, il convient de tempérer puisque le ticket comprend un accès libre à toutes les salles du complexe, du Grand Salon au Chapiteau en passant par la Rotonde et l’Orangerie. Le hic, c’est qu’elles ont une capacité sensiblement différente et qu’il est donc presque impossible de voir les groupes programmés dans les endroits confinés, à moins de rester à l’intérieur de la salle ou de patienter dans une file avec toutes les incertitudes que cela comporte.

Ajoutez à cela l’orage phénoménal qui s’est abattu sur Bruxelles quelques minutes avant le concert de Joy Wellboy (qu’on a donc loupé) et vous comprendrez que l’on était content de se retrouver en train de sécher à proximité du bar intérieur. Petit détail cocasse : lors de la dernière Nuit Belge en 2010, Lucy Lucy! et les Tellers s’étaient succédés à l’Orangerie. Ce soir, Paon, le projet parallèle de Ben Baillieux-Beynon (le chanteur des seconds) et Aurelio Mattern (celui des premiers) est chargé d’ouvrir cette même salle.


Si le premier titre emprunte une voie plus rock que leurs groupes d’origine, la suite nous fera irrémédiablement penser aux Tellers. En effet, le désormais abondamment barbu Ben, bien que visuellement méconnaissable, a toujours cette voix chaude tellement caractéristique. La vision pop de leurs compositions et les harmonies vocales confirment cette impression initiale, malgré le fait qu’ils lorgnent assez intensivement vers les 60’s. En effet, un instrumental (bien ficelé, ceci dit) nous fait penser aux Doors alors que des claviers aux effets d’orgue parsèment abondamment leur set. La prochaine fois, on tentera d’effacer leurs origines avant d’assister à leur prestation.


Direction le Chapiteau ensuite, où les Vismets reprenaient du service après un long break destiné à préparer le successeur de “Gürü Voodoo”. Il ne s’agit que de leur deuxième concert depuis un bon bout de temps et le but de la soirée est clairement de mettre leurs nouvelles compositions en contact avec le public. D’un point de vue visuel, en tout cas, rien n’a vraiment changé, ils restent pareils à eux-mêmes, un rien arrogants et très sérieux. En revanche, l’aspect musical en a sans doute surpris plus d’un…

En effet, les premiers titres joués montrent clairement une volonté de faire évoluer leur son. En plus, ils la jouent finement car l’intro du premier morceau rappelle sans surprise Ghinzu (la voix de Dan Klein) mais il migre ensuite vers quelque chose de plus psyché pop voire progressif. La touche électro (pourtant leur marque de fabrique) passe au second plan et on a l’impression qu’ils ont énormément écouté de disques datant des années 1965-75. Des guitares vintage habillent des titres assez longs et bien souvent déstructurés. Cela reste un chouia pop même si on pense par moments à un mélange improbable entre Pink Floyd, Electric Light Orchestra et The Horrors. Par la suite, ils vont replonger dans leur premier album, ce qui va rassurer le public il est vrai un peu surpris jusqu’alors. On est curieux d’entendre le résultat sur disque en tout cas.

On a ensuite erré entre les différentes salles sans vraiment trouver de point d’attache digne de nous scotcher. The Bony King Of Nowhere en formule solo au Grand Musée nous semblait un peu trop soft par rapport à notre début de soirée alors que la chorale qui entourait la jeune Liesa Van der Aa ne nous parlait pas trop à la Rotonde. Dans un registre radicalement différent, la pop colorée des Peas Project à l’Orangerie ne correspondait pas non plus à notre état d’esprit du moment.


La tête d’affiche de la soirée était sans grande surprise Soldout. Le Chapiteau était d’ailleurs bondé lorsque le groupe a entamé son set avec “Right Now”, la plage d’intro de leur nouvelle et troisième plaque, “More”. Ceci dit, vu qu’on les verra à l’affiche de la majorité des festivals cet été, on a préféré se diriger vers l’Orangerie pour vérifier l’évolution des excellents BRNS, que l’on n’avait plus eu l’occasion de voir sur scène depuis le Dour Festival l’an dernier…

Depuis, le groupe emmené par l’éminemment sympathique Timothée Philippe a sorti un premier EP (“Wounded”) et a tourné intensivement, particulièrement dans les pays limitrophes. Preuve de leur énorme potentiel, Roman Rappak, le leader de Breton, les a récemment mentionnés dans le NME lorsque le journaliste lui a demandé quel était le nouveau groupe qui l’avait récemment fait craquer : “They were really cool. They’ve spent ages listening to music and made up their own little language of how they thought an album should sound. It wasn’t super weird or avant garde, it was just their own thing”. Un beau témoignage, surtout que par les temps qui courent, les groupes originaux ne sont pas légion…


Ils vont débuter leur set avec “Clairvoyant” qui prend intelligemment le temps de mettre en place l’univers singulier qui est le leur. Les instruments s’emboîtent petit à petit, une voix saccadée fait son apparition et emmène le morceau vers un sommet sonore troublant, le tout dans un nuage de fumigènes opportun. Mais c’est avec les titres suivants que l’on va en apprendre davantage sur les ambitions du groupe. “Behind The Walls” et “I Know Your Name” sont deux nouvelles compositions qui s’engouffrent dans un labyrinthe de sons tout en restant accessibles. Il est vrai que l’attention est primordiale car les structures restent complexes, mais une fois assimilées, il est impossible d’y résister.

Le même tarif est réservé à “If You Wanna Go” à la construction patiente et “My Head Is Into” caractérisé par la voix affirmée du leader qui fait dans la foulée des merveilles avec sa batterie. Ceci dit, il est bien entouré car chaque musicien apporte sa pierre à l’édifice, que ce soit le percussionniste César Laloux (on voit qu’il a une formation de batteur), le guitariste Diego Leyder dont les riffs imparables emballent magistralement les compositions et le bassiste Antoine Meersseman qui, à l’instar de ses camarades, donne aussi de la voix.

Les anciennes chansons ont évolué et “Here Dead He Lies”, par exemple, présente de majestueuses envolées de guitare qui succèdent à des percussions aussi variées qu’entêtantes tandis que “Mexico” reste pour l’instant leur morceau de bravoure. L’an dernier, lors de leur passage en première partie de Blood Red Shoes sous le Chapiteau des Nuits, on avait osé les comparer à Foals (dans la philosophie du son en tout cas) mais cette fois, l’expérimentation et l’habillage sonore les rapprochent davantage des désormais défunts Wu Lyf, en nettement plus limpide toutefois (“The Story Of Bible”, le final “Our Lights”).

Bien que cela n’était pas prévu, ils reviendront pour un rappel qui démontrera que “Deathbed” a bien pris de la bouteille aussi. Un conseil, allez les voir tant qu’ils jouent dans des salles à vocation humaine… Quant à Dez Mona et Jeronimo qui avaient le malheur de jouer en même temps qu’eux, prions-les d’accepter nos excuses mais il n’y avait pas photo ce soir…

Les autres photos de

Paon
|
Vismets
|
Soldout
|
BRNS

Photos © 2013 Bernard Hulet

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :