Animal Collective : voyage expérimental en terre inconnue

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Jamais jusqu’ici je ne m’étais frotté à une musique aussi expérimentale que celle d’Animal Collective. Une profusion de sons et d’images illustrant parfaitement l’idée que l’on peut se faire d’un acid trip. Un voyage en terre totalement inconnue. Un univers particulier. Une expérience multisensorielle, loin de tous les repères traditionnels.

À mon arrivée à l’AB, j’entends déjà des sons modernes aux beats envoûtants. L’artiste américaine Laurel Halo qui assure la première partie de la soirée vient de se mettre à jouer. En poussant la porte de la salle, je découvre l’AB-Box assez clairsemée, baignant dans une lumière bleue. Sur scène, une jeune femme derrière son synthé, ses consoles et autres tables de mixage. Pendant 45 minutes, le public ondule en phase avec l’artiste dans une ambiance hypnotique. La salle est envahie de sons techno-ambient-synthpop.

Arrive ensuite le moment où Animal Collective va entrer en scène. Le public est un peu plus dense. Sur scène, une espèce de décor psychédélique dont le ciel est formé par des pattes anguleuses multicolores. À l’avant-scène, des espèces de dents gigantesques donnent l’impression que la scène est installée dans la gueule d’un monstre sorti tout droit de l’imagination d’un artiste qui aurait abusé de certaines substances psychotropes. Ces dents, pattes et autres éléments qui décorent la scène sont en fait des espèces de ballons gonflés sur lesquels seront projetées en permanences des images et des séquences d’animation. Un bon point pour l’inventivité donc.


Les lumières s’éteignent, les images commencent à défiler sur ces écrans inattendus. Et là, j’entre dans un monde totalement avant-gardiste, une avalanche de sons, de couleurs et de voix que je suis parfaitement incapable de décrypter, tant cette espèce de magma visuel et sonore est aux antipodes de mes points de référence. Je crois déceler des touches rappelant tantôt Peter Gabriel, tantôt Roger Waters ou encore Herbie Hancock, Yes, Tangerine Dream ou Genesis. Mais cela reste très fugitif. Les mélodies me paraissent systématiquement déstructurées. On est bien loin de la musique mainstream. Ici, on a affaire à une culture underground qui laisse exploser toute sa créativité, avec un résultat assez peu conventionnel – pour le moins.

Sur scène, les musiciens ont l’air de savoir ce qu’ils font (je les admire car tout est tellement expérimental que je me demande comment ils font pour reproduire à l’identique leur spectacle chaque soir). Le chanteur principal Avey Tare a un talent incontestable, mais ses constructions musicales me laissent totalement désemparé. Je me sens comme pris dans un « acid trip ». La réalité a cédé la place à un monde parallèle gouverné par des règles dont j’ignore tout.

Plages de synthé, loops, rythmes qui s’entrechoquent, effets visuels extravagants, sons électroniques, mélodies désincarnées : nos sens sont sollicités jusqu’à la saturation. Le public est assez calme. Je vois quelques personnes vaguement danser ou dodeliner de la tête.

Les morceaux s’enchaînent, le voyage se poursuit dans cet univers sans concession. Le groupe défend avec conviction les compositions de son dernier album en date “Centipede Hz”. Défi relevé pour Animal Collective qui en était déjà à son 3e passage à l’AB.

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Photos © 2013 Hugues Timmermans

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