Andy CAIRNS en thérapie acoustique

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Que fait-on lorsque l’on s’appelle Andy Cairns et que l’on a cinq semaines à tuer avant d’entrer en studio pour l’enregistrement du prochain album de son groupe ? On embarque Stevie le roadie dans sa voiture et on part sur les routes européennes avec quelques guitares acoustiques dans le coffre pour présenter une facette inédite de ses compositions dans des salles au caractère intimiste, tiens ! Le leader de Therapy? était à la Rotonde du Botanique ce vendredi 14 juin pour la dernière date de sa tournée. Préalablement, il a enregistré un album, “53 Minutes Under Byker”, bouclé en un peu plus de six heures et constitué majoritairement de réinterprétations de titres issus de la déjà longue carrière du groupe agrémentés de quelques inédits composés pour l’occasion. Ne cherchez pas ce disque dans le commerce, il était uniquement disponible aux stands merchandising de ladite tournée (et dédicacé par-dessus le marché).

Curieusement, alors que le public belge a toujours observé une affection particulière pour Therapy?, la Rotonde est loin d’afficher complet ce soir. Cela n’a toutefois pas l’air d’inquiéter Andy Cairns ni d’altérer sa bonne humeur. Il va passer la totalité du concert assis sur une chaise haute, juste à côté d’une table sur laquelle trônent quatre bouteilles d’eau. Oui, vous avez bien lu. Fini les excès pour un type qui traîne un passé chargé à ce niveau (il va d’ailleurs en parler ouvertement entre les coups).

Il va entamer la soirée dans la logique des choses avec “Meat Abstract”, qui n’est autre que le premier single sorti par son groupe en 1990. Mais la version proposée ce soir est à mille lieues de la fougue des débuts. Logique vu la philosophie acoustique du set. Pas de riffs tueurs, de regards démoniaques ni de cris rageurs. Juste un homme, sa voix et sa guitare.

Et on pourrait y ajouter son humour. Andy Cairns va en effet longuement disserter entre les morceaux. On va ainsi se délecter des anecdotes croustillantes qui vont émailler ses interventions. On appréciera particulièrement celle où son fils de 13 ans lui demande de ne pas écouter de hardcore lorsqu’il invite des copains à la maison, celle où les membres de Therapy? vont se retrouver face à un Peter Gabriel entièrement nu lors d’une session d’enregistrement dans les studios Real World (une piscine est installée dans le complexe) ou encore celle où il explique qu’un de ses pires boulots pré rock star était d’être déguisé en ours dans un magasin de Belfast. Bref, le capital sympathie du bonhomme s’est encore bonifié.

Et la musique dans tout ça ? Il va nous gratifier d’une set-list kilométrique (27 morceaux) habilement agencée pendant laquelle il sera difficile de détourner l’attention. Chaque titre va se révéler dans une version inédite, lorsqu’il ne s’agit pas d’un inédit tout court. Ainsi, par exemple, le pourtant très réussi “Lost In Care” n’a finalement pas été retenu pour inclusion sur le dernier album en date du groupe. Un peu plus tard, “Bedridden” et “Self Help Books” embrasseront à merveille la direction pourtant atypique qui leur sont réservées. La particularité de ces interprétations ? Une durée relativement courte qui va favoriser le dynamisme de la soirée.

Tout comme lors des concerts traditionnels en full band, ce sont les extraits de “Troublegum” qui vont récolter le plus de suffrages, parmi lesquels “Trigger Inside”, “Die Laughing” et “Screamager”. Même au tempo ralenti, ceux-ci dégagent un truc dont il est impossible d’échapper. Mais on va surtout se rendre compte à quel point ce type est impliqué dans une des plus belles collections de tubes de ces vingt dernières années: “Opal Mantra”, “Church Of Noise”, “Stories” ou l’incontournable cover d’Hüsker Dü, “Diane”. Le public ne va d’ailleurs pas se gêner pour donner généreusement de la voix.

Son roadie et ami Stevie (qui fêtait son anniversaire) montera sur scène pour le seconder à l’occasion d’une série de titres dépouillés qui vont se découvrir une richesse insoupçonnée. On pense surtout à “Bad Mother” et à “A Moment Of Clarity” dont la production surfaite de l’époque (album “Infernal Love” en 1995) n’avait pas nécessairement de raison d’être et à l’excellent “Lonely, Cryin’ Only”.

Au rayon des surprises, pointons une version très folk d’“Our Love Must Die” (une face B datant du milieu des années 90) ainsi qu’un titre plutôt rare (“Evil Elvis”) et un autre particulièrement ancien (“Gone”) interprétés magistralement. Sans oublier le magique “Six Mile Water” dont l’environnement sombre convient à merveille à l’événement. Impossible de s’ennuyer, même si “Knives” va clocher quelque peu à un moment où sa voix redeviendra puissante le temps d’un instant, juste avant que “Potato Junkie” ne clôture une prestation de quasi deux heures. Andy Cairns s’est fait plaisir et est désormais gonflé à bloc à l’heure où se profile la préparation du quatorzième album de Therapy?.

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