Pour ses 35 ans, l’ombre du grand serpent blanc s’abat sur l’AB

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Nous avons assisté ce 19 juin à un superbe concert événement au 110 du Boulevard Anspach, dans le temple de la musique qu’est l’Ancienne Belgique. La première partie est assurée par le groupe de l’ancien bassiste fondateur de Guns ‘N’ Roses : Duff McKagan qui va nous présenter son projet solo Walking Papers. La vedette sera Whitesnake, le groupe légendaire du chanteur anglais David Coverdale qui fête ses 35 ans de carrière. Walking Papers est le nouveau projet solo du bassiste et guitariste fondateur de Guns ‘N’ Roses, Duff McKagan, groupe dans lequel il a joué entre 1985 et 1997. Michael Andrew McKagan, né le 5 février 1964 à Seattle est aussi le bassiste du groupe Velvet Revolver, formé de deux autres anciens membres de Guns ‘N’ Roses, Slash et Matt Sorum. En 2010, il remplace Eric Avery pendant quelques mois au sein de Jane’s Addiction, autre groupe marquant de Los Angeles. Depuis 2011, il se consacre à son groupe Loaded dont il est le chanteur.


En cette chaude soirée, Duff sera à la basse accompagné de Jeff Angell (The Missionary Position) à la guitare et au chant, de Barett Martin (Screaming Trees, Mad Season) à la batterie et de Benjamin Anderson au synthétiseur. Ils sont là ce soir pour nous présenter leur opus au nom éponyme de “Walking Papers” sorti en 2012. L’album a été enregistré et mixé à Seattle avec le producteur Jack Endino (Soundgarden, Nirvana, Mudhoney). Mike McCready de Pearl Jam donne de la voix sur sur les titres “The Whole World’s Watching” et “I’ll Stick Around”. Walking Papers nous présente un superbe rock ‘n’ roll, gorgé de blues faisant penser à Morphine ou Alice in Chains. La grande salle est en mode complet et le prix de ce concert n’était pas donné, 50 euros, mais les fans sont présents pour accueillir le super groupe Walking Papers, originaire de Seattle.

La voix de Jeff, chaude et parfois rocailleuse, fait penser à celle de Tom Waits. Le groupe entame “The Whole World’s Watching” et il ne donne pas dans la dentelle avec ce morceau très hard. Il passe ensuite à “Red Envelopes” où le son monte en puissance (les amplis Marshall sont présents). “Imagination” est un morceau qui n’est pas sur l’album. Le groupe demande au public d’applaudir, le ton est donné, le concert sera court, mais de classe. “The Butcher” est une mélopée lancinante et bluesy servie par le piano de Benjamin Anderson. On passe ensuite à “Your Secrets Save With Me”. Cette chanson est très dans la mouvance Led Zeppelin, la basse de Duff est d’ailleurs très présente et ses sons incisifs. Barett tape frénétiquement sur ses fûts pour nous annoncer “Capital T”, une chanson qui n’a rien à renier du côté de Joe Bonamassa, ce morceau est blues. Pour “Two Tickets And A Room”, Jeff se met à nous faire un solo de guitare comme seuls les grands guitaristes savent l’exécuter. “Red And White” est le dernier morceau, le blues est encore très présent. Les claviers très Deep Purple vous interpellent. Une prestation de qualité pour Walking Papers, une grosse claque musicale dans le visage et une première partie de très grande classe qui a assuré très bien son contrat en chauffant une salle prête pour accueillir le clou du spectacle : David Coverdale avec son groupe Whitesnake.

Whitesnake est un groupe de hard rock britannique. Il a été fondé en 1977 par le chanteur David Coverdale, ex-Deep Purple, et a d’abord connu le succès en Europe et au Japon avant de remporter un succès commercial retentissant aux États-Unis au milieu des années 1980. David Coverdale est le seul membre permanent du groupe, qui a connu de très nombreux changements de musiciens. Durant leurs premières années, leur musique était un hard rock orienté vers le blues. Les albums “Ready An’ Willing” ou “Come An ‘Get It” sont d’ailleurs des classiques du hard blues. Par la suite, leur musique a progressivement pris une nouvelle direction avec un son heavy metal, parfois proche du glam metal. David est le chanteur et la colonne vertébrale du serpent blanc qui fête ses trente-cinq ans d’existence. Il est accompagné de Doug Aldrich qui officie à la guitare, de Reb Beach à la guitare, de Michael Devin à la basse et du phénoménal Tommy Aldridge à la batterie. C’est surtout, pour moi, le retour de Tommy au sein du groupe qui va dynamiter cette soirée par sa prestation exemplaire.


“My Generation” des Who introduit la prestation de Whitesnake. Les artistes arrivent sur scène et prennent place respectivement derrière leur instrument. David est ovationné dès son arrivée sur scène. Il a un âge respectable de 61 ans, mais il a la dégaine d’un jeune premier. Le premier morceau est “Give Me All Your Love” et il ne faudra pas deux accords pour que le public chante avec un David rayonnant et en forme. Son jeu de scène est impressionnant. Le public chante à tue-tête avec lui le refrain de cet hymne très rhythm ‘n’ blues. Le ton est donné pour 90 minutes de bonheur et de rock ‘n’ roll avec un David en dieu de scène. “Ready An’ Willing” est le titre éponyme du quatrième album sorti en 1980 et quel album. C’est un plaisir de revoir derrière ses fûts un jeunot de 63 ans, Tommy Aldridge qui forme d’ailleurs une fameuse paire avec un Doug Aldrich qui va nous fournir une prestation guitaristique d’un très grand cru.

Avec le morceau “Can You Hear The Wind Blow”, extrait du onzième album “Good To Be Bad” sorti en 2008, c’est un retour aux affaires de David qui avec toutes ses chansons va revoir l’entièreté de sa carrière avec brio, accompagné de musiciens hors normes. Il fait très chaud, mais l’ambiance va encore monter d’un cran avec “Don’t Breack My Heart Again”, extrait du cinquième album studio sorti en 1981 et qui est une de mes chansons préférées. Le public va également prendre son pied. “Is This Love” est extrait du huitième album studio paru en 1987. L’album se vend à plus de 8 millions d’exemplaires, rien qu’aux États-Unis. C’est un grand standard de ce groupe sympathique et très professionnel, une perle de douceur et de musicalité. Avant d’entamer la chanson suivante, David va s’emparer d’un papier donné aux premiers rangs et va nous interpréter à capella les paroles de la chanson inscrite sur ce document. David présente “Gamber” et dédicace ce morceau de légende à ses potes Mel Galley, Cozy Powell et John Lord qui sont au paradis des grands du rock’n’roll. C’est un moment très émouvant et le morceau vous prend aux tripes. David continue avec “Love Will Set You Free”, extrait du onzième album studio “Forevermore” sorti en 2011. David va pouvoir reposer sa voix un peu.

Un concert du serpent blanc a toujours fait la part belle aux solos des musiciens présents et “Pistols At Dawn” va être un superbe duel de guitare entre Doug Aldrich et Reb Beach. Le moment le plus fort de ce concert sera la chanson suivante “Steal Your Heart Away” où un petit jeune de 62 ans en la personne de Tommy Aldridge va nous en jeter plein les yeux, derrière sa batterie. Il va terminer ce solo dantesque en frappant ses fûts et ses cymbales avec ses poings. Un grand moment que j’attendais depuis longtemps. “Forevermore”, titre éponyme et dernier morceau de l’album sorti en 2011, est la dernière galette du serpent blanc et pour moi l’album du grand retour après reformation.

David va ensuite interpréter en enchaîné “Best Years/Bad boy” pour nous amener à un “Fool For Your Loving” suivi en apothéose de “Here I Go Again” qui sont extraits du nouveau “Live In Japan” sorti en avril. Il faut s’appeler David pour oser nommer cet opus comme cela, mais lui il peut se le permettre.

Après un court moment, David revient sur scène pour nous interpréter “Ain’t No Love In The Heart Of The City” qui est une reprise de Bobby ‘Blues’ Bland. Ce morceau magique est revisité de manière très rock ‘n’ roll par un David qui sait moduler sa voix comme seul lui sait le faire. “Still Of The Night” est le dernier morceau avec en invité un Duff McKagan très en forme également. Un morceau très puissant où les guitares vont s’exprimer totalement et vont être amplifiées par les Marshall présents en nombre sur scène.

Le concert est terminé, le grand serpent blanc nous a fourni ce soir une prestation de classe et de haut vol. Merci David et Duff pour cette soirée magnifique pleine de bons riffs et de belles mélodies et à une prochaine aussi brillante que ce soir.

Les autres photos de

Whitesnake
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Walking Papers

Photos © 2013 Hugues Timmermans

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