R-Mine Metal Fest, Day 3, The Revenge of Hell

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Dimanche 23 juin 2013. Quelques jours avant le début des vacances scolaires, R-Mine Productions nous convie à un cours de rattrapage dispensé par les grands maitres de la ‘Vieille École du Métal’. Notre ami Hugues ayant déclaré forfait après avoir assisté aux deux premières journées du R-Mine Metal Fest, c’est à votre serviteur que revient le privilège de coucher sur papier (virtuel) les détails de cette fantastique journée consacrée au Métal Old School. N’ayant pas vraiment prévu de rédiger ce compte-rendu, je n’ai pas pris de notes et il faudra vous contenter de mes vagues souvenirs de quasi-quinquagénaire fortement imbibé aux rafraichissements houblonnés.

Le Limbourg, c’est joli, mais ce n’est pas la porte à coté. Il est 12h15 lorsque je gare mon bolide italien (NDR : ne fantasmez pas, c’est une Fiat) sur le parking du Posthoorn. En ce tout début d’après midi, on ne se bouscule pas encore dans la petite salle. Peu importe. Sur les planches, Voltrage se démène comme si la salle était comble. Le hard rock’n’roll burné de la formation bruxelloise fleure bon la joie de vivre des eighties et le public se prend vite au jeu. Si vous aimez le genre, nous vous (re)conseillons fortement de jeter une oreille sur l’album Bad Reputation sorti il y a un peu plus d’un an.

Après cette excellente mise en bouche, je me dirige vers la seconde scène pour assister à la prestation de Drakkar. S’il a fait l’unanimité devant son propre public au PPM Fest, le vétéran montois est franchement moins convaincant face à cette audience flamande qui ne le connait pas vraiment. Sa prestation du jour, pas vraiment ébouriffante, ne me laissera pas un souvenir impérissable. Pas plus d’ailleurs que celle de Wizz Wizzard. “Tears From The Moon”, le premier opus de cette formation Heavy Métal Old School belge, sorti en mars dernier sur le label anglais Rocksector Records, est pourtant sympathique. Malheureusement, le jeu de scène du groupe manque cruellement de dynamisme et de conviction. Dommage.

S’il n’est pas le groupe le plus original du monde, Hell City, lui, ne manque pas de dynamisme. Menée par la très jolie Michelle Nivelle, cette formation Hard/Heavy Métal limbourgeoise propose un set endiablé (et sexy) qui me fait passer quelques agréables moments musicaux (et visuels).

Monument est un excellente surprise. Cette formation anglaise, que personnellement je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, est mon premier coup de cœur de la journée. Manifestement très influencés par la N.W.O.B.H.M., ces (très) jeunes Londoniens balancent un set aussi énergique que sympathique. Le heavy traditionnel, souligné par une basse décapante, évoque incontestablement les premiers méfaits discographiques d’Iron Maiden, à l’époque où Paul Di Anno régnait en maitre sur le pied de micro. Curieusement, le chanteur Peter Ellis sonne comme un véritable Bruce Dickinson en herbe. La foule qui m’entoure semble tout aussi convaincue que moi et le groupe, tout sourire après nos acclamations, nous accorde royalement le premier rappel de la journée.

Attic est une sympathique curiosité germanique. Si Monument se donne des allures de nouvel Iron Maiden, Attic, lui, fait tout pour être la réincarnation de Mercyful Fate. Les décors sataniques qui ont envahi la scène accueillent des musiciens grimés façon Black Métal. Meister Cagliostro, le vocaliste, voudrait manifestement être King Diamond à la place King Diamond : Look (coiffure et maquillage) vaguement similaire à celui qu’utilisait le terrible Danois à l’époque de “Melissa” et “Don’t Break The Oath” et, surtout, vocaux alternant, à la manière du grand ‘King’, le chant grave et les hurlements haut-perchés. Pour tout dire, si les Allemands n’avaient pas interprété leurs propres compositions, nous aurions pu croire qu’il s’agissait d’un tribute band. Malgré l’impression de ‘pompage’ pur et simple, le concert est plutôt prenant. Comme pour se prouver à lui-même que Mercyful Fate n’est pas sa seule influence, Attic se fend, en apothéose finale, d’une intéressante reprise de la formation Doom culte américaine Pentagram.

Fireforce prend le relais avec le soutien massif du public local. La salle semble connaître par cœur la plupart des titres de la formation anversoise. Il faut dire que le métal guerrier ; mi-thrash mi-heavy du combo est franchement convaincant sur scène. En fin de set, Erwin Suetens subit quelques problèmes techniques et quitte les planches avec sa six cordes. Ses collègues, qui ne l’ont pas vu sortir, se demandent où il a bien pu disparaître. La situation est cocasse et la tension palpable. Erwin réapparait après plusieurs minutes sous le regard courroucé de Flype, le leader du groupe. Le six-cordiste s’en tire avec un sourire et un haussement d’épaules et le maelstrom métallique reprend de plus belle. L’une des valeurs sures du métal belge, assurément.

Il est presque 17h. L’entrée en scène de Cloven Hoof marque le début d’une soirée consacrée aux artistes cultes de la New Wave Of British Heavy Metal. De la formation originale qui avait mis en boite le classique album éponyme de 1984, il ne reste plus que le charismatique bassiste Lee ‘Air’ Payne. Celui-ci est un véritable personnage. Son costume de scène improbable (NDR : bottes hautes, pantalon ultra moulant, chemise bouffante et crinière imposante) et son sourire permanent contrastent fortement avec la tenue simpliste (jeans/basket/cheveux courts) et l’attitude réservée de ses jeunes collègues. S’ils sont plus que compétents au point de vue musical, les trois nouveaux venus sont un peu discrets et Payne semble parfois porter seul le poids du show. Le Posthoorn commence tout doucement à se remplir. Les vieux croutons comme moi sont légion. Cependant, il y a aussi une quantité non négligeable de jeunots, manifestement pas nés lors de la parution du premier opus de Cloven Hoof. Pourtant, tout le monde, jeunes et vieux, semble connaître les paroles des classiques “Nightstalker” et “Cloven Hoof”. La magie du téléchargement illégal, probablement.

La prestation de Cloven Hoof était bien sympathique mais avec Demon nous passons au niveau supérieur. Si l’on exclut la superproduction que nous proposera plus tard la tête d’affiche du festival, ce concert de Demon est, à mon humble avis, le meilleur du jour. Né à l’aube des eighties, Demon a toujours été un groupe à part au sein la scène anglaise. Ses deux premiers opus, enregistrés en pleine N.W.O.B.H.M. étaient de petites perles du heavy rock a tendance occulte. Demon s’est ensuite orienté vers un hard rock à tendance progressive absolument superbe avant de sombrer dans l’oubli au cours des nineties. Dave Hill, le vocaliste, est le dernier ‘survivant’ de la formation originale. Contrairement à Lee Payne de Cloven Hoof, Hill s’est entouré de gens ‘de son âge’ (NDR : à l’exception du claviériste qui semble bien jeune) et la différence de style entre les musiciens est beaucoup moins flagrante. Bien que sa voix soit un peu moins profonde que par le passé, le vocaliste possède toujours ce timbre grave et rugueux ; reconnaissable entre mille, qui était l’un des éléments les plus importants de la ‘patte Demon’. Dave Hill l’a compris, le public du jour est friand de classiques et, à part deux extraits du nouvel opus “Unbroken” sorti fin de l’année dernière, Demon n’interprète que des pièces maitresses de son répertoire. La foule se masse devant la scène dès les premières notes de “Night Of The Demon”. Hill, casquette vissée sur le crane, semble prendre beaucoup de plaisir à dialoguer avec le public. Pour mon plus grand plaisir, le groupe visite à trois reprises le classique des classiques qu’est “The Unexpected Guest” (1982). “The Plague” (1983) et “Breakout” (1987), les deux meilleurs albums de la période ‘progressive’ du groupe, sont aussi mis à l’honneur avec deux titres chacun. La prestation de Dave Cotterill, sur le titre “Life On The Wire” tiré de l’album de 1987 est absolument impériale. Le guitariste se fend d’un magnifique solo à rallonge pendant que Dave Hill, complètement possédé, mime les douleurs d’un accro à la ‘piquouze’. Absolument bluffant. Le concert se termine avec le fédérateur “Don’t Break the Circle”, chanté à tue tête par toute la salle. Le Posthoorn, qui n’a manifestement pas eu sa dose, réclame le retour du groupe à grands cris. Dave Hill réinvestit la scène quelques instants, pour s’excuser de ne pas pouvoir continuer en raison des impératifs de l’horaire. Une prestation inoubliable.

De toutes les formations ‘classiques’ présentes sur l’affiche, Savage est sans doute celle que j’ai le moins écoutée durant ma tendre jeunesse. Si cet état de chose n’enlève rien au talent du groupe, il me sert d’excuse pour sortir de la salle afin de prendre un léger break et une collation (beaucoup moins légère).

Holocaust est sans doute la curiosité du jour. Formé en 1977 à Edimbourg, le groupe publie son premier EP “Heavy Metal Mania” en 1980. Le premier opus “The Nightcomers” sorti en 1981 est un classique absolu de la N.W.O.B.H.M. La suite de l’histoire du groupe est un peu chaotique. Il se sépare en 1984, se reforme en 1988, déménage aux USA, revient en Angleterre, change son nom en Hologram, se lance dans le progressif, reprend le nom de Holocaust. Bref, tout cela est un peu trouble. En 2013, Holocaust est un trio. Seul le chanteur/guitariste John Mortimer est toujours de la partie. Le gang investit la scène du R-Mine et démarre son set sans tambours ni trompettes. Le son est abominable et l’attitude des musiciens franchement dédaigneuse. De l’endroit où je suis, je n’entends que les vrombissements de la basse de Mark McGrath. Ce dernier, torse nu, tête rasée et regard vindicatif ressemble à un skin-head colérique. Son look contraste fortement avec celui de Mortimer, qui avec son pantalon en Lycra rouge brillant, son t-shirt déchiré et sa toison grisonnante en bataille, à tout du glameur à la retraite. D’abord énervé par la mauvaise qualité du son, je recule de quelques mètres pour me réfugier près de la console. Le son y est meilleur et je commence enfin à apprécier le show. L’attitude colérique des trois musiciens tranche franchement avec les sourires enjoués de tous les groupes qui les ont précédés. Pour peu, on pourrait croire qu’ils ne sont pas vraiment contents d’être là. Le public, par contre semble captivé par le côté ‘underground’, presque punk, de la formation écossaise. Au final, le show est vraiment excellent. Holocaust nous offre même deux moments forts : l’interprétation du titre “The Small Hours” (NDR : un extrait de leur album “Hypnosis Of Birds” de 1992 qui serait sans doute passé inaperçu si un certain Metallica n’avait pas décidé d’en faire une reprise sur son “Garage Inc.” de 1998) et, bien sur celle du génial “Heavy Metal Mania”, un hymne ultime dédié à notre style favori. Avant de quitter la scène Mortimer balance un rassurant ’R-Mine, vous êtes vraiment très bons, enfin…, nous sommes vraiment très bons ensembles’.

Nous enchainons avec Tank pour une prestation beaucoup moins ‘underground’. ZP Theart (ex-Dragonforce), qui comme au PPM Fest assure l’intérim en l’absence de Doogie White, est d’humeur joueuse. Le vocaliste sud-africain se moque des anciens, qui comme moi, se contentent de le regarder les bras croisés au lieu de faire trembler la fosse en sautillant sur place et s’amuse a déverser sur les cinq premiers rangs le contenu des bouteilles d’eau qui lui ont été gracieusement fournies par l’organisation. Tank axe curieusement la plus grande partie de son set sur ses albums les plus récents (quatre titres pour le “War Machine” de 2010 et deux pour le “War Nation” de 2012). Les ‘anciens’ doivent se contenter de trois ‘classiques’ : “Honour and Blood”, “Echoes Of A Distant Battle” et “This Means War”. Ce qui franchement est un peu léger. Une petite déception donc.

Tygers Of Pan Tang est, avec Demon, l’un des deux groupes qui m’ont décidé à venir aujourd’hui à Hamont-Achel. En premier lieu, parce que ses albums “Spellbound” (1981), “Crazy Nights” (1981) et “The Cage” (1982) figurent en bonne place dans la liste de mes albums préférés du début des eighties, ensuite parce que je n’ai jamais eu l’occasion de les voir en concert. J’ajouterai à cela, qu’“Ambush”, son dernier opus en date sorti en 2012, est absolument fantastique et qu’il n’a rien à envier aux trois classiques précités. Il est presque 22h lorsque le groupe entre en scène. Rob Weir,le dernier membre de la formation originale, affiche un immense sourire. Le guitariste, jadis chevelu, a aujourd’hui le look d’un bon père de famille avec ses cheveux gris, courts et bien coiffés et sa tenue sobre au possible. A ses côté, Jacopo Meille, l’excellent vocaliste italien qui accompagne les Tygers depuis 2004, a toutes les allures d’un baba cool des seventies. A droite de la scène, un second guitariste s’avance timidement, Nous apprendrons plus tard qu’il se nomme Micky Crystal et que ce concert du R-Mine est sa toute première prestation avec les Tygers Of Pan Tang. Nous imaginons aisément la pression ! Surtout que le sympathique jeune homme souffre, en début de set, de problèmes techniques récurrents qui l’empêchent de se concentrer. Le concert démarre sur l’excellent “Keeping Me Alive”, extrait du dernier album. Tygers Of Pan Tang nous propose une setlist équilibrée, qui explore ses albums classiques (Trois titres de “Spellbound”, trois de “Wild Cats”, un seul, malheureusement de “Crazy Nights” et “The Cage”) auxquels s’ajoutent 4 extraits du nouvel album (NDR : si l’on compte l’enchainement entre le “Hey Suzie !” du dernier opus et le “Suzie Smiled” de l’album “Wild Cats”. Il ne faut pas se fier à son look de hippie ; Jacopo est une véritable bête de scène. Le vocaliste assure autant sur ses propres titres que sur ceux de l’excellent John Deverill (NDR : On s’en souvient, l’ancien vocaliste des Tygers a abandonné le Heavy Métal pour se consacrer à sa carrière d’acteur). Ses problèmes techniques enfin résolus, Micky Crystal nous dévoile tout son talent. Le jeune guitariste est absolument fantastique et je considère comme un privilège d’avoir pu assister à sa première prestation avec les Tygers. Un tout grand moment !

De tous les groupes ‘cultes’ présents aujourd’hui, Hell est le seul qui n’était pas parvenu à décrocher de contrat discographique pendant les années quatre vingt. Il est amusant de constater qu’aujourd’hui, c’est lui qui tient le haut de l’affiche. ‘The Revenge Of Hell’ me semblait donc être un titre approprié pour cet article. Pour la première fois de la journée, les rideaux sont tirés sur la plus grande des deux scènes du R-Mine. Nous nous doutons donc qu’’Hell nous a concocté un spectacle d’envergure. D’autant que sur toute la longueur de la scène, des panneaux imprimés en trois langues préviennent nos collègues photographes qu’ils feraient bien de ne pas trop s’approcher s’ils ne souhaitent pas finir en méchoui.

Les préparatifs sont un peu longuets, et c’est avec soulagement que nous entendons les premières notes d’un “Long Live Rock’n’Roll” (Rainbow) annonciateur de l’arrivée de la bête. Inutile de dire que le concert est magistral. Le show reprend évidemment tous les éléments qui nous avaient déjà épatés lors des prestations du groupe au PPM Fest de 2012 et à L’Alcatraz Metal Meeting avec, en plus, une série impressionnante de colonnes de flammes, des feux d’artifices et tout un arsenal d’accessoires plus inflammables et explosifs les uns que les autres. Outre ces incitations à la pyromanie, le spectacle nous offre quelques nouveautés surprenantes ; Comme lorsque le génial David Bower (chant) réapparait sur scène, déguisé en démon géant (ou en Faune de la mythologie grecque, selon l’appréciation de chacun), torse nu, perché sur des échasses recouvertes de fourrure afin de ressembler a de gigantesques de pattes de bélier, deux immenses cornes plantées sur le haut du crâne. Vraiment impressionnant ! Brower est d’excellente humeur. Contrairement à son habitude, le vocaliste dialogue avec le public et va même jusqu’à descendre dans la fosse pour serrer quelques mains. Tony Speakman (basse) ressemble toujours autant au cadavre de Ronnie James Dio. Quant à Kev Bower (guitares, claviers), son jeu de scène est vraiment impressionnant. Ses dialogues théâtraux avec son vocaliste de frère sont absolument terrifiants. Devant tant de beauté, je regrette vraiment l’absence du grand Hugues et de l’immonde Bernie, qui, en faisant crépiter leurs appareils photo vous auraient fait profiter de ce magnifique spectacle. On ne peut décidément pas compter sur les chasseurs d’image.

Cette troisième journée de Festival était une véritable réussite. Espérons qu’R-Mine Productions aura la bonne idée de renouveler l’expérience l’année prochaine. En attendant, les nostalgiques des eighties peuvent encore se rabattre sur le Ages Of Metal Festival d’Oostrozebeke qui, les 27 et 28 septembre prochain, accueillera des formations aussi légendaires que Diamond Head, Tygers Of Pan Tang, Manilla Road et bien d’autres encore.

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