My Bloody Valentine en sourdine pour la rentrée de l’AB

0 Participations

On le remarque sur le chemin du travail, à travers les publicités et les vitrines des magasins, c’est la rentrée ! Pour l’Ancienne Belgique également puisque la saison 2013-2014 a été lancée ce mardi 3 septembre avec la venue de My Bloody Valentine. Il s’agit d’un petit événement en soi vu que la dernière fois qu’ils se sont produits ici même, c’était le 30 avril 1992 lors de la tournée promotionnelle de “Loveless”, l’album qui a presque coulé financièrement Creation Records. Il faut dire que Kevin Shields est quelqu’un d’aussi méticuleux qu’imprévisible et la sortie inattendue de “m b v” en février dernier en a surpris plus d’un.

Afin d’introduire la soirée, l’AB avait convié The Spectors, les Brugeois que l’on avait loupé à Dour pour cause de braderie ne facilitant pas l’accès au parking presse… Il était donc impératif de se trouver au poste à 19h45, au moment où les cinq membres du groupe sont montés sur scène, à savoir trois nanas (une bassiste, une claviériste et une batteuse) entourées de deux mecs guitaristes qui ont été nourris au son de l’indie rock de la fin des années 80 et du début des années 90.

On a ainsi été replongés un quart de siècle en arrière avec des guitares new wave qui soutiennent une basse omniprésente et des harmonies féminines ténébreuses subtilement dosées. On pense tour à tour à Lush, Curve, Slowdive et tous ces groupes plus ou moins éphémères qui ont pourtant une patte dans le rock indépendant tel qu’on le connaît aujourd’hui. Les jeunes loups de la Venise du Nord, malgré leur âge, maîtrisent leur sujet et se permettent même une petite incursion post rock ça et là, le tout dans un environnement mélodieux et entraînant. Si la claviériste pouvait passer moins de temps à se rhabiller et à réajuster sa coiffure, ce serait parfait. Mis à part ce détail, nos oreilles ont assisté à une belle cure de jouvence.

La réputation de My Bloody Valentine s’apprêtait à les faire souffrir, nos oreilles. On se souvient notamment de leur passage au Pukkelpop en 2009 où, même en dehors du Marquee, chaque riff de guitare nous faisait sursauter. On s’est donc armé de nos bouchons mais cette précaution ne servira finalement à rien. En cause ? Une loi belge limitant le volume sonore des concerts. Une projection sur l’écran géant quelques minutes avant le début des festivités fera d’ailleurs état du sentiment de frustration du groupe : “mbv would like to tell you this is the only country to date which has enforced such an unintelligent law”. Pas content, le Kevin Shields…

Et le public non plus, vu que c’est dans le rouge que les compositions du groupe irlandais donnent le mieux, qu’on le veuille ou non. Voir le leader à la tignasse bouclée jouer de la guitare devant un rempart comptant une vingtaine d’amplis de formes et de marques différentes avec un son de berceuse n’est effectivement pas la meilleure manière de se plonger dans le concert. Des cris de mécontentement feront d’ailleurs leur apparition au terme d’“I Only Said”. Surtout qu’en temps normal, “When You Sleep” qui va lui succéder aurait déjà tout détruit sur son passage…

Au centre de la scène, on retrouve la guitariste Bilinda Butcher, dont les vocaux seront aussi noyés derrière le mur du son volontairement brouillon qui est leur marque de fabrique, et la bassiste Debbie Googe, qui ne daignera regarder le public à aucun moment. Complètent le line-up la batteuse Colm O’Ciosoig et une claviériste de tournée qui attrape de temps à autre une guitare pour encore plus de puissance. Tout ce beau monde performe devant d’immenses projections colorées à vocation psychédélique du plus bel effet qui, curieusement, se marient à merveille avec leurs délires sonores hypnotisants.

Aux côtés des vintages “You Never Should”, “Cigarette In Your Bed” au final speedé et autre “Nothing Left To Lose” qui vont remonter le temps jusqu’en 1988, on était assez curieux de les voir jouer les titres du récent “m b v”, un disque qui fait la part belle à la méticulosité presque maladive du leader en termes d’arrangements et d’expérimentations. “New You” et ses breaks à la structure spéciale ne ressortent pas du lot au contraire du très rock “Only Tomorrow” (on dirait du Pixies en plus lourd bardé de larsens) qui se glisse intelligemment juste avant les deux claques que sont “Come In Alone” et “Only Shallow”. A ce moment, on a comme l’impression que l’ingénieur du son, un rien rebelle, s’est riqué à lever légèrement le curseur. En tout cas, les riffs incendiaires des trois guitares en action ont laissé des traces.

Un peu plus tard, “Who Sees You”, plus calme (dans la veine de My Bloody Valentine s’entend) permettra de reprendre son souffle avant qu’un surprenant (et inintéressant) “Wonder 2” aux lointaines influences jungle mais aux guitares cinglantes ne nous rappelle que nous sommes bien en 2013. Bientôt, “Soon” aura l’effet escompté auprès d’un public en transe.

Le tout se terminera d’une manière classique avec le noisy “You Made Me Realise” dont ils vont raccourcir drastiquement le middle break, rendant par la même occasion un peu d’entrain à un titre qui avait tendance à se traîner en longueur pour le plaisir. Pas de rappel, à peine un merci mais finalement l’impression d’avoir assisté à une prestation plus qu’honorable alors que les indicateurs de départ se trouvaient plutôt dans le rouge…

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :