Le Pac Rock de Pont-à-Celles, festival plein de surprises et de découvertes

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Ce samedi 28 septembre, le Pac Rock, un festival bien sympathique dont la programmation est relevée, fait son retour à Pont-à-Celles. Dans un cadre enchanteur, il vous présente 18 groupes sur deux scènes. J’avais découvert ce magnifique festival il y a deux ans et de plus c’est l’un des tout derniers festivals de notre plat pays pour cette année. Le prix d’entrée est démocratique et le timing est scrupuleusement respecté. Des artistes belges et confirmés comme Roscoe, BRNS, SX et Piano Club sont présents. D’autres découvertes vont émouvoir les festivaliers comme les Bretons de Mermonte, les Gantois de Raketkanon, qui sera certainement un groupe sur lequel il faudra compter dans les mois à venir, et Castles un groupe régional de l’étape qui a mis tout le monde d’accord avec leur métal bien structuré. Mais bien d’autres belles découvertes attendent les festivaliers du Pac Rock.

Le festival se passe dans un cadre idyllique et très arboré, il y a deux scènes où les artistes présents vont nous faire découvrir ou redécouvrir leur musique : The Main Stage et The Marquee. Mon arrivée se situe vers 14 heures, le soleil est bien sûr au rendez-vous, la musique sera bonne et la journée magnifique en découvertes et en sensations. Je me dirige donc vers The Main Stage pour la prestation de The Wooden Wolf. Le groupe est représenté en fait par une seule personne Alex Keilling, qui derrière sa guitare nous délivre une musique folk et country bien trempée. Le chapeau calé sur la tête, l’artiste avec sa voix cassée et éraillée va nous faire une belle prestation. C’est le début du festival, le public est clairsemé, mais appréciera.

Je me dirige vers la scène découverte The Marquee pour la prestation d’un groupe carolo et régional de l’étape Duflan Duflan, lequel vit le jour en 2008. Duflan Duflan est composé de Samantha C. aux synthétiseurs et au chant, de Tzii et de Buzert, je ne sais pas qui officie à la guitare, car les présentations n’ont pas été faites. Ils sont là pour défendre leur dernier opus “Uno Solo Sara Salvato”. Le trio se présente sur scène revêtu de tenues blanches et portant masques d’animaux sur la tête, des peintures noires sur le visage et les bras. Les chansons vont être chantées en allemand, anglais, espagnol et italien sur une musique électro/rock, post punk industriel et tribale. Ils vous balancent la sauce avec humour et on voit que les artistes s’amusent sur scène, la déjante est de mise du début à la fin de la prestation. C’est une découverte pour moi et une première grosse claque musicale dans le visage. Ce festival va d’ailleurs m’en envoyer quelques-unes.

Après ce bon moment musical passé avec ce groupe déjanté, direction The Main Stage pour voir et revoir le groupe Roscoe que je ne vais plus présenter. J’ai découvert Roscoe pour la première fois dans la vitrine du magasin de vêtement Bellrose, situé Place Stéphanie, pour la présentation de leur album “Cracks”. Depuis la sortie du CD, le groupe a fait son bonhomme de chemin et a gravi les échelons lentement mais sûrement avec sa musique faite de douceur et de puissance. Ils étaient de la partie dans tous nos festivals de notre plat pays. Roscoe aura le privilège de jouer un second concert suite au désistement de dernière minute du groupe de Belfast Girls Names. Pour le premier concert, ils vont nous jouer leurs hits : “Atmog”, “Knives”, “Sorrow”, “A Save Place (To Fall)”, “Tsing Tsang”, “Lowlands”, “Things To Solve” et “String Sat”. Il m’est toujours agréable de les revoir en concert, les gars ont pris de la maturité et c’est un plaisir de les revoir. En tout cas, le public présent en nombre avait l’air d’apprécier la prestation de Roscoe.

On retourne vers la scène découverte The Marquee pour la prestation du groupe Le Colisée. Le jeune homme est seul sur scène avec sa belle voix, sa guitare, son synthétiseur et sa loop machine et il fait des miracles. Le public est présent et apprécie. Ce petit jeune a de l’avenir. Quand on est seul sur scène comme cela, heureusement que la loop machine est présente pour étoffer la musique par des sons novateurs. J’ai découvert plusieurs artistes qui ont commencé comme cela et il faut oser, par exemple Kiss And Drive, Irma et Tune Yards.

Encore une fois direction la scène principale The Main Stage pour le groupe flamand et très doué Sx qui nous vient de Courtrai. C’est la nouvelle sensation belge du moment. Le groupe est composé de Stéfanie Callebaut au chant et aux synthétiseurs et du génial bidouilleur Benjamin Desmet au synthétiseur, au chant et à la guitare. Ils sont accompagnés du batteur Jeroens Termote. Sx a été révélé l’an dernier à la faveur d’un single foudroyant, l’irrésistible “Black Video”. Ils sont connus et reconnus de par nos frontières. Ils sont là pour défendre leur premier opus “Arche”. Je les ai découverts lors de l’enregistrement de l’émission de la RTBF Décibels On Stage. Je les ai vus à l’Ancienne Belgique pour un concert mémorable et à guichets fermés. Ils étaient de la partie également avec une autre valeur montante de notre rock qui s’exporte Balthazar en première partie de Muse à Werchter. J’ai revu le groupe aux Lokerse Feesten et ce jour c’est pour moi un réel bonheur. La prestation va être exemplaire, la voix de Stéfanie est résolument soul, celle-ci n’arrête pas de bouger. Le groupe a pris beaucoup de maturité depuis que je les ai découverts. Ils vont nous charmer avec un set qui sent bon l’electro/rock : “Gold”, “Aurora”, “Arche”, “The Discovery”, “Graffiti”, “Midnight Hour”, “Black Vidéo” et “The Future”. Le concert va être court (40 minutes), mais d’une intensité extrême. Ils vont mettre tout le monde d’accord avec leur musique, un moment que j’attendais avec impatience.

C’est le retour vers la scène découverte The Marquee pour la prestation de Oathbreacker, un quatuor originaire de Ghent en Belgique, formé en 2008. Composé de Caro Tanghe (chant), Lennart Bossu (guitare – Amen Ra), Ivo Debrabandere (batterie) et Gilles Demolder (basse), le groupe joue un Hardcore chaotique, noir et extrêmement violent. Un premier album éponyme voit le jour en 2008 puis le groupe se fait connaître peu à peu en partageant la scène avec Converge, Blacklisted, Entombed, Trap Them ou Amen Ra. En 2011, ils signent chez Deathwish pour la production de leur premier album : “Maelstrøm”. Ils nous balancent la sauce hardcore et métalcore en veux-tu en voilà et en plein visage. Je dois me reculer, car le son va un peu fort pour moi, mais la musique est hautement écoutable pour les personnes qui apprécient ce genre.

Direction The Main Stage pour aller découvrir le groupe breton Mermonte, originaire de Rennes et composé de 10 musiciens sur scène : Ghislain Fragapane (chant, guitare, basse, glockenspiel), Pierre Marais (chant, percussions), Éric Hardy (batterie), Matthieu Noblet (batterie), Astrid Radigue (chant), Charlotte Merand (violon), Régis Rollant (guitare), Julien Lemonnier (guitare), Mathieu Fisson (basse), Benjamin Jarry (violoncelle). Formé en 2010, Mermonte offre une musique bien ficelée, leur son oscille entre pop expérimental, post-rock et math-rock. Les fréquentes références à Tortoise ou Efterklang sont rapidement validées, mais il ne faut surtout pas oublier les amours du fondateur du groupe Ghislain Fragapane, membre du groupe de math-rock français Fago Sepia.

Sur scène, c’est une débauche de sons folks qui vous sont envoyés avec bonheur dans vos tympans délicats. La recherche de la mélodie est très présente. Cela ressemble par la puissance à du Mumford And Sons. La forêt de Brocéliande est bien présente avec ses mystères, la musique tantôt chantée en français, tantôt chantée en anglais, est une débauche de sons qui vous transportent vers un univers mystérieux. C’est assurément une sérieuse double claque musicale dans le visage. Mermonte va nous interpréter : “Karch Fragapane”, “Fanny Giraud”, “Gaëtan Hervé”, “Été”, “Grain”, “Morte”, “We’re On The Sone Way”, “Oops” , “Angélique Baulieu + Romain Konard”. Il est à noter que la public était ravi de la prestation qui a mis du baume au coeur, la sympathie et l’interactivité entre les artistes et le public étaient totales. Je peux d’ailleurs vous dire que je suis passé back stage et j’ai eu une franche discussion avec ces sympathiques Bretons qui sont uniquement là pour prendre du plaisir sur scène et le communiquer au public. Ils m’ont dit d’ailleurs adorer la Belgique et les Belges. À revoir en priorité.

On repart vers la scène découverte The Marquee pour découvrir Billions Of Comrades. C’est la troisième fois que je vois ces brillants jeunes donc ce n’est plus une découverte pour moi. Le public semble apprécier. Billions Of Comrades voit le jour en 2011 et est composé de 4 musiciens dont la musique flirte ouvertement entre rock et electronica. Billions Of Comrades propose une musique dense aux structures asymétriques où les sons organiques fusionnent avec ceux issus de leur synthétiseur, le Tenori-On. Fin 2011, ils enregistrent un premier EP “Brass” qui est enregistré live sur des toits à Bruxelles. Durant l’année 2012, ils accumulent les concerts dans des salles prestigieuses de notre plat pays pour terminer en beauté au Botanique en gagnant du Concours Circuit où j’ai eu la chance de les découvrir. Le groupe a pris de la maturité et de l’assurance sur scène, scène qu’ils occupent bien.

Nous nous dirigeons vers la grande scène The Main Stage pour la prestation d’un groupe plus que confirmé et grand habitué de nos festivals : Piano Club. La foule est présente, quoiqu’un peu clairsemée devant. Piano Club est l’un des fers de lance du collectif liégeois Jaune Orange. Ils sont actifs depuis 2007. Emmené par le chanteur/guitariste Anthony Sinatra et le bassiste/guitariste Gaëtan Streel, ils sont accompagnés de Julien Paschal et Salvio Ladelfa. Piano Club a deux albums à son actif : “Andromedia” sorti en 2010 et le tout chaud “Colores” qui est un opus puissant et ils sont là pour le défendre. Leur musique est mélodique à souhait avec les voix d’Anthony et de Gaëtan. Cet album respire le bonheur, la bonne humeur et est teinté de plein d’humour. La prestation de Piano Club sera un judicieux mélange de chansons extraites des deux opus. Le public est à point, mais le groupe aussi et la montée en puissance va être graduelle. Ils savent s’adapter à n’importe quelle scène et il faut dire que les scènes ils connaissent. Anthony sait mettre l’ambiance. J’ai vu Piano Club la veille au Salon de Silly. Il y avait moins de monde, mais le concert avait la même puissance. Le groupe va nous interpréter ses classiques : “Anything/Sweet Sensation”, “Ain’t No Mountain High”, “Not Too Old”, “On The Wagon”, “Elephant In A Room”, “Olivia”, “Girl On TV”, “A Long Time Ago”, “Take”, “Me And Myself”, “Love Hurts” et au final “Your Sadness”.

On repart vers la scène découverte The Marquee pour y voir la prestation des régionaux de l’étape, le groupe Castles. Depuis 2010, ils sont trois. Le chanteur et guitariste Edward Godby est d’origine britannique. C’est lui qui écrit les textes. Jérôme Considérant est le bassiste et Bertrand Bourguignon en est le batteur. À eux trois, ils ont un répertoire qualifié de math-rock énergique. Ils sont inconnus en Belgique (ils sont néanmoins de Courcelles) et pourtant The Castles a reçu la note de 8 sur 10 dans le magazine mensuel anglais Rock Sound. Sur le site internet du magazine, ils sont aussi le groupe de la semaine et leur album y est disponible en streaming. Le magazine britannique a qualifié l’opus de Ace Stuff, soit de Truc De Génie. Au-delà des compositions, la presse britannique souligne aussi la qualité des textes. Ils distillent un message social éloigné des clichés sur les groupes aux textes abrutissants. Ils sont là pour défendre leur second opus “You, The Organ Grinder”. C’est pas mal foutu et assez énergique, le groupe occupe bien la scène qui est petite. La sauce qui vous est envoyée dans la face est assez puissante et cela fait plaisir à voir. Les voix sont parfois très mélodieuses et accrocheuses. Une belle petite découverte, j’ai d’ailleurs acheté la dernière galette que je vais savourer à l’aise chez moi. Les morceaux joués sont les suivants : “We Are Fascinated”, “Diamond Heel”, “Dipute In A Sharp”, “Bonesshaker”, “Fiction Or Truth”, “The Great Rot”, “Followed By 100 Rats”, “Long Distance Runner”, “Untame”, “Palm Reader”, “You, The Organ Grinder”, “Twist Your Blood” et “Pyramids”.

Je reste calé aux barrières, car je ne veux pas rater aucune goutte de sueur du phénomène gantois qui va se présenter à nous : Raketkanon. Le groupe n’est pas de retour de l’enfer profond, mais c’est la parfaite réincarnation de Nirvana, ils le font encore mieux que le groupe canadien Metz qui est d’ailleurs très doué dans le genre. Des sons lourds de guitare, des rythmiques imparables, une batterie plus qu’efficace et un chanteur, Pieter-Paul Devos, qui est d’ailleurs le frontman de Kaptain Korsakov, totalement déjanté qui bouge comme une sauterelle sur scène et qui distortionne sa voix. C’est cela la potion magique et cela marche. Les rounds circles vont se succéder et le chanteur va en redemander pour le grand bonheur d’un public attentif. Je revis ma jeunesse avec ce groupe, c’est dément. J’ai adoré leur prestation impeccable et je serais présent au DNA de Bruxelles le 28 novembre 2013. Le groupe est composé du chanteur Pieter-Paul Devos, du guitariste Jef Verbeek, du batteur Pieter Dewilde et du claviériste Lode Vlaeminck. Ils nous ont joués “Louis”, “Henri”, “Judith”, “Helen”, “Ibrahim”, “Lena”, “Herman”, “Pjotr” et “Anna”, tous issus de leur premier opus “Rktkn #1”.

La soirée se termine tout doucement et c’est la dernière fois que je me rends vers la grande scène The Main Stage pour y voir et revoir 4 artistes attachants qui ont littéralement explosé et qui sont demandé partout à l’étranger : BRNS. Les gamins, je les suis depuis la sortie de leur premier E.P. 7 titres “Wouded”. La plaine est comble et le public se presse au premier rang pour écouter nos quatre prodiges. La façon de se placer sur scène est assez particulière, ils se touchent littéralement tous les quatre, ce qui amène force et énergie. Les chansons sont puissantes, les mélodies accrocheuses et les percussions ultraprésentes. Ils chantent d’ailleurs à quatre voix. Je les revois toujours avec un certain plaisir. Ils vont nous concocter un nouvel opus que l’on va attendre avec un certain intérêt. Je ferai l’impasse sur Amenra qui sera le dernier groupe de ce très beau festival plein de belles découvertes que j’espère revoir l’année prochaine sur les rails.

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