CAMEL à Limbourg, le retour d’un tout grand !

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Chance inouïe ou rare privilège comme me l’a dit Pierre Romainville que de pouvoir dans sa vie voir jouer l’un des piliers de la scène progressive internationale ! Chance aussi de pouvoir voir ce groupe avec un tel line-up où l’on retrouve bien sûr l’incontournable Andy Latimer, le prodigieux Guy LeBlanc, le magnifique Colin Bass ainsi que l’efficace Denis Clément ! Chance enfin que le groupe puisse nous offrir une des réalisations majeures de sa discographie, le concept “Snow Goose” sorti en 1975 ! Voilà résumé en quelques mots le programme de cette magnifique soirée où tous ceux qui avaient eu la bonne idée de réserver rapidement leur place, ont pu apprécier à sa juste valeur ce grand groupe qui commença son histoire dès 1971. Au sein de la prestigieuse école de Canterbury, Camel fût le chaudron d’une équipe de choc où l’on retrouvait le fondateur Andy Latimer, Andy Ward, Peter Bardens et un certain Richard Sinclair ! Si les fortunes du groupe furent diverses et les changements d’équipe nombreux, Camel a su imposer son empreinte musicale grâce à son rock progressif mélodique et symphonique. Concernant les éléments majeurs du style, les passages de guitare et de flûte ainsi que les nombreuses ambiances venant des orgues sont autant de points incontournables de cette recette gagnante. Fortunes diverses je disais avec d’autres noms illustres venus se rajouter au fil du temps, ce qui est le cas des membres présents ce soir au Kursaal. Quelques mots encore pour rappeler que cet évènement n’aurait peut-être pas vu le jour car notre maître de cérémonie est passé il y a quelques années par le chat de l’aiguille. Atteint d’une grave maladie qui s’est déclarée en 1992 et seulement annoncée aux fans en 2007, Andy doit sa longévité à une transplantation de moelle épinière !

Concernant le concert de ce soir, il fait la part belle dans un premier temps à un concept-album entièrement instrumental sorti en 1975. Ce dernier sonne d’ailleurs le début du succès pour le groupe à travers toute la Grande-Bretagne. L’album “Snow Goose” qui est aujourd’hui considéré comme un incontournable et récemment remasterisé en hommage à Peter Bardens va être d’entrée de jeu, interprété d’une manière magistrale par un groupe aux sommets de son art. Tout y est : une balance son impeccable, un éclairage et des jeux de lumières au top où l’homme aux manettes met parfaitement bien en valeur l’ombre des musiciens et des instruments, un jeu d’enfer de chaque protagoniste et enfin un Andy Latimer habité par son sujet et qui nous distille un véritable numéro d’équilibriste. Le niveau est ici très élevé et le public ne s’y trompe pas en offrant après chaque composition une standing-ovation ! Tout cela me rappelle le sublime concert de Steve Hackett dans cette même salle de Limbourg. Nous sommes ici dans la cour des grands avec un Guy LeBlanc impérial aux orgues quant à Andy, il maîtrise aussi bien sa guitare que la flûte. Colin Bass étant dans un premier temps plus effacé mais rassurons-nous, il va se rattraper par la suite avec la deuxième partie du set.

Pendant le break qui permet aux artistes de reprendre des forces, les langues se délient et les avis sont unanimes. Ce soir, c’est du tour grand Camel et les fans sont manifestement à la fête. Mais voilà que le second set commence avec une composition où trois guitares acoustiques partagent la vedette avec les voix caractéristiques de Colin et d’Andy. Début magique pour une seconde partie où le groupe passe en revue sa discographie et nous distille quasi tous ces plus grands succès. Colin Bass est maintenant plus en évidence et offre sa belle voix qui s’harmonise à la perfection avec le timbre de Latimer. Le public abasourdi retient son souffle à chaque fois que le groupe annonce la composition suivante. Si les vieux albums ne sont pas oubliés, c’est l’opus “A Nod and a Wink” sorti en 2002 qui clôture le second set avec un “Fox Hill” bourré d’humour et un prodigieux “Today” qui termine le concert en apothéose !

Tout le monde est debout et frappe dans les mains dans l’espoir de voir revenir cette fabuleuse équipe et c’est le cas avec un rappel qui maintient la tension électrique dans la salle. Et voilà c’est fini et que dire sinon que c’était magique. Personnellement, un des plus beaux sinon le plus beau concert que j’ai eu la chance de voir avec des musiciens aux sommets. Guy LeBlanc reste un clapant organiste quant à Andy Latimer, il reste un grand parmi les tous grands guitaristes, et ce, malgré la fatigue et des soucis d’arthrose dans les doigts. Un privilège de voir de si grands musiciens. Sublimissime !

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