Après le MFVF11 et en attendant le PPM 2014 : interview de Clémentine Delauney

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Le 21 janvier 2013, le groupe autrichien Serenity, en pleins préparatifs de l’album « War Of Ages », annonçait l’arrivée de Clémentine Delauney comme nouveau membre à part entière du groupe. La chanteuse que l’on avait déjà pu remarquer dans Whyzdom, son ancien band, et qui a plus récemment accompagné le groupe tunisien Myrath et le groupe français Melted Space, était à l’affiche du Metal Female Voices Festival qui s’est tenu à Wieze. Doublement à l’affiche : avec les Eve’s Apple et avec Serenity. Les organisateurs du PPM Fest viennent aussi d’annoncer la participation du groupe autrichien à l’édition 2014 du festival. Compte rendu de la rencontre Music in Belgium : Clémentine, quelle impression cela fait-il d’être mise en avant par le groupe ? Georg, le leader du groupe, n’a-t-il pas eu trop de difficultés à devoir partager plus que d’ordinaire la scène et les applaudissements avec sa comparse ?


Clémentine Delauney : Cela ne lui pose absolument aucun souci. Il faut savoir qu’en effet, cela peut être délicat, quand on occupe toujours le devant de la scène, il y a l’égo qui entre en jeu. Mais non, cela n’a posé aucun problème. C’est d’ailleurs ma présence au sein du groupe qui nous a permis d’avoir Serenity à l’affiche du MFVF. Cela n’aurait pas eu de sens de faire un concert «normal» de Serenity où je n’apparais que sur les chansons où je suis sensée apparaître. C’était une chance incroyable pour nous de jouer ici. Du coup, il était nécessaire de remodeler un peu les chansons et de me faire chanter des parties qui sont normalement assurées par Georg.

MiB : Le public a l’air d’avoir apprécié, malgré le fait que c’était votre première apparition dans ce festival. Beaucoup d’applaudissements et de bras en l’air pendant le concert.

Clémentine Delauney : On s’attendait à ce qu’il y ait du monde, mais on ne sait jamais quel accueil le public va nous réserver.

MiB : Pourtant, vous êtes déjà venus en Belgique (en mars 2013 pour la promotion de l’album).

Clémentine Delauney : Oui effectivement, mais la tournée était très différente par rapport à notre show ici.

MiB : Vous commencez aussi à avoir des fans purs et durs qui viennent de France, de Suisse, des Pays-Bas, de Belgique… et qui vous suivent un peu partout. C’est un bon signe. La popularité de Serenity ne fait qu’augmenter.

Clémentine Delauney : Espérons-le. De notre point de vue, ce n’est pas toujours facile à évaluer. Nous ne sommes pas dans la fosse, par la force des choses. En revanche, on voit de plus en plus de monde venir à nos concerts et c’est encourageant.

MiB : Les réservations marchent bien pourtant comme demain à Pratteln. On aurait pu croire que cela n’allait pas marcher puisque cette date tombe en plein MFVF.

Clémentine Delauney : D’un autre côté, nous jouons avec Xandria et Lunatica. C’est une grosse affiche malgré tout. Les préventes s’expliquent par le fait qu’il y a plusieurs bons groupes à l’affiche. Cela va encore être une belle soirée demain !

MiB : Au niveau de l’écriture de l’album, tu as déjà pu avoir ton mot à dire ?

Clémentine Delauney : Quand j’ai rejoint le groupe comme membre à part entière, beaucoup de chansons étaient déjà en place. Beaucoup d’idées étaient déjà à un stade assez avancé. Du coup, on a regardé avec les autres membres du groupe où l’on pourrait intégrer du chant féminin, transformer un morceau à une voix en duo, etc. Il fallait tenir compte des faisabilités par rapport à la musique et au sens de l’histoire racontée. Ils m’ont donc donné la possibilité d’écrire certaines lignes de chant sur les passages qui s’y prêtaient.

MiB : Quand tu as rejoint le groupe, ton intégration dans l’équipe s’est-elle faite de manière naturelle pour les autres membres du groupe au niveau de la composition ? Ils avaient déjà travaillé avec des femmes, mais pas comme coauteures…

Clémentine Delauney : J’ai juste ajouté ma voix sur des parties bien déterminées. Vu le moment où j’ai rejoint le groupe, je n’ai pas vraiment participé à la mélodie principale, sauf peut-être le refrain de «Royal Pain». Mon rôle a été plus secondaire. En revanche, la composition du prochain album ne va pas tarder à commencer et j’espère pouvoir y participer davantage.

MiB : Encore une tournée d’abord ?

Clémentine Delauney : Nous repartons en tournée en avril 2014. Je n’ai pas toutes les dates en tête, mais elles seront publiées sur le site dès que nous aurons reçu la confirmation.

MiB : On a pu te voir dans d’autres groupes que Serenity. Tu peux nous parler de tes autres projets ?

Clémentine Delauney : J’ai rejoint assez récemment le projet Melted Space avec lequel j’ai fait une petite tournée française ( plus une date à Tournai et à Pratteln). Il y a des choses sympas en préparation…

MiB : Tu comptes mener les deux de front ?

Clémentine Delauney : Oui et non. Melted Space n’est pas vraiment un groupe. C’est un projet créé par Pierre Le Pape. C’est lui le compositeur principal qui écrit toute la musique et les paroles des chansons. Il gère tout l’aspect musical. Quand il a eu l’opportunité de monter son projet sur scène, il a fait appel à des artistes pour venir interpréter ses créations. Je sais que je participerai au prochain album, mais purement comme interprète. Il fonctionne un peu comme Ayreon qui compose tout et qui fait appel à des «voix» pour porter ses textes et ses musiques.

MiB : Comment s’est passé le contact avec les artistes qui participaient à ce projet ? Ce n’est pas le même genre musical que Serenity et comme il s’agit de nationalités différentes, on peut s’attendre à une mentalité différente. Tu as été bien accueillie ?

Clémentine Delauney : J’ai été fort bien accueillie. Les artistes choisis par Pierre Le Pape sont tous des musiciens professionnels qui savent exactement ce que l’on attend d’eux et ce qu’ils ont à faire. En plus de ça, ce sont des gens extrêmement chaleureux et simples. Du coup, le contact entre nous est très fort. Il y a presque un clan Melted Space avec beaucoup d’humour et de blagues entre nous. Sur la tournée, on s’est senti très solidaires les uns des autres, malgré le fait qu’on ne se connaissait que depuis peu.

MiB : Il est vrai que sur scène, Melted Space produit un show très séduisant, même quand on ne connaît pas les cd. Les fans ne sont-ils pas surpris de t’entendre dans des registres où l’on ne t’attendait peut-être pas? Comme pas plus tard qu’hier encore dans l’exercice des «Eve’s Apples» où là encore tu as chanté dans un registre que l’on ne te connaissait pas…

Clémentine Delauney : J’ai interprété Burning du groupe Accept et Poison d’Alice Cooper. Il est vrai que ce sont des titres que je n’ai pas l’habitude de chanter tous les jours, ni sur scène, ni dans la vie courante. Les filles m’ont dit que ce serait bien d’avoir un thème pour notre concert et qu’il fallait que le choix des titres soit cohérent par rapport à ce thème. Le thème choisi était les années ’80. Du vrai rock’n’roll. Un challenge !

MiB : Je crois savoir que la préparation a été réduite à sa plus simple expression ?

Clémentine Delauney : Comme nous vivons aux 4 coins de la planète, nous avons travaillé chacune de notre côté, au moyen de fichiers dans lesquels on avait enregistré nos voix pour se mettre dans le bain et se dire: «cela devrait sonner à peu près comme ça ensemble». On s’est envoyé des mails pour discuter de la manière de se partager le morceau en fonction de notre feeling. Nous aurions dû avoir l’occasion de jouer au moins une fois pour répéter. Mais à la suite de problèmes de transport, cela n’a pas pu se faire.

MiB : Vous avez fait preuve d’un beau professionnalisme et le public, venu en nombre, ne s’y est pas trompé. Il vous a littéralement ovationné.

Clémentine Delauney : C’est vrai qu’il y a eu du monde, surtout pour un premier soir. Liv Kristine jouait juste avant nous. Une partie du public est certainement venue aussi pour elle. De cette manière, il y a eu 2 openers pour le MFVF 2013.

MiB : Peut-on espérer un concert des Eve’s Apples en dehors du MFVF ?

Clémentine Delauney : Ce sera compliqué. D’abord à cause de notre éclatement géographique, mais aussi à cause de nos calendriers individuels. Nous faisons presque toutes partie d’un groupe. Nous étions 22 sur 45. Ce n’est pas une sinécure de trouver un moment où nous sommes toutes disponibles. Le MFVF était une occasion idéale puisque beaucoup d’entre nous y venaient de toute façon… C’est comme ça que les choses ont pu se mettre en place.

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Photos © 2013 Hugues Timmermans

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