Parquet Courts ou le renouveau du punk new-yorkais

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Le dimanche 27 octobre 2013 restera à jamais un jour noir pour le monde du rock suite à l’annonce du décès de la légende qu’était Lou Reed. Originaires comme lui de Brooklyn, les quatre membres de Parquet Courts, bien qu’affectés par la nouvelle, se devaient d’assurer leur prestation dans un AB Club plein à craquer. Tout comme la semaine dernière au Charlatan à Gand, la nouvelle sensation punk garage était accompagnée de Mazes, un trio fixé à Londres (en provenance de Manchester) dont les influences incorporent des réminiscences krautrock, même si celles-ci ne se dévoilent qu’au fur et à mesure du set. En tout cas, “Bodies”, le titre d’intro et plage d’ouverture de leur deuxième album (“Ores & Minerals”), va se révéler aussi hypnotique qu’accrocheur, avec des riffs de guitare indie précis et une basse omniprésente qui servent de berceau à la voix claire presque désintéressée de Jack Cooper, le chanteur aux cheveux courts.

Il est parfois difficile de croire qu’ils sont anglais tant le son qu’ils cultivent semble hérité des radios des collèges américains qui ont débouché sur le rock alternatif tel qu’on le connait aujourd’hui, avec le soupçon de mélodies travaillées qui change tout. Ceci dit, ils peuvent aussi se la jouer bien plus sombre, enlevé et prenant à l’instar de “Skulking”, un final que l’on pourrait assimiler à du Wilco sous amphétamines. Dommage toutefois que le reste de la set-list ait, à l’une ou l’autre exception près, pâli de la comparaison.

On avait déjà vu Parquet Courts à l’œuvre cet été. C’était au Pukkelpop mais la chaleur étouffante et la grandeur du Marquee n’avaient pas plaidé en leur faveur. En effet, c’est dans une salle confinée aux murs dégoulinant de sueur que l’on ressent réellement la hargne de leurs compositions. On n’ira pas jusqu’à affirmer que le Club de l’AB avait ce soir des relents du CBGB mais on n’en était pas loin.

Très prolifiques et déroutants, ils ont récemment sorti un EP (“Tally All The Things That You Broke”) sous le nom de Parkay Quarts dont la fougue égale aisément celle de leur premier album, “Light Up Gold” (si ce n’est un curieux “He’s Seeing Paths” aux influences presque hip hop). Mais le plus surprenant, c’est qu’ils vont jouer une demi-douzaine de titres qui ne se trouvent sur aucun support physique, à l’instar de l’intro “Bodies Made Of” pendant lequel ils vont se mettre en jambes.

Avec le nouveau et très Ramones “You’ve Got Me Wonderin’ Now”, les choses vont prendre une tournure rebelle qui ne fera que s’accentuer par après. Ainsi, “Smart Aleck Kid” va initier les premiers pogos alors que, plus tard dans la soirée, le service de sécurité de l’AB devra intervenir pour éviter la multiplication des stage divings tout à fait spontanés.

Le fait que deux chanteurs se partagent les vocaux apporte une certaine dynamique, bien que notre préférence va vers le leader naturel Andrew Savage, tignasse bouclée abondante qui hurle dans son micro en postillonnant abondamment plutôt que vers son compère Austin Brown, dont la voix sera trop souvent noyée par rapport aux autres instruments. Entre eux deux, le bassiste Sean Yeaton, sourire permanent aux lèvres contrastera avec le batteur Max Savage, droit comme un i et hyper concentré sur son sujet.

Sans surprise, un des sommets de la soirée se traduira par une interprétation musclée des deux premières plages de “Light Up Gold” à la suite (“Master Of My Craft” et “Borrowed Time”). Mais leur set sera truffé de moments bruts et sans concession qui les caractérisent le mieux, à l’instar de “Yonder Is Closer To The Heart” ou de la plage titulaire de l’album précité qui rattraperont l’une ou l’autre composition qu’ils allongeront à mauvais escient (“Dear Ramona”, “N Dakota”).

C’est toutefois avec l’incroyable “Stoned & Starving” qu’ils vont clôturer le set, pendant lequel Andrew Savage cassera une des cordes de sa guitare mais continuera à jouer comme si de rien n’était. Le tout sera truffé de larsens et d’attitudes très art punk, à l’instar du final parlé chanté. C’est en principe de cette manière que cela aurait dû se terminer mais ce dimanche était un jour particulier et le groupe remontera sur scène accompagné des trois membres de Mazes pour un hommage appuyé au regretté Lou Reed, en reprenant le “What Goes On” du Velvet Underground, le tout en s’enfilant quasi une bouteille de Jack Daniel’s au goulot. Vous avez dit rock ‘n’ roll ?

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