Ty Segall en acoustique musclé au VK

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Dans le cadre du quatrième festival Autumn Falls, je me rends au Vaartkapoen de Molenbeek plus simplement appelé le V.K., un endroit bien connu des amateurs de bonne musique. Cette soirée sera rock’n’roll et rock garage. Le concert se fait à guichet fermés, c’est normal Ty Segall est en tête d’affiche. Le festival Autumn Falls est devenu un évènement incontournable pour les amateurs de bonne musique. Pour une somme modique de 50 euros, vous pouvez participer à tous les concerts organisés dans plusieurs salles bien connues des noctambules de la capitale.

Mountain Bike est bien un groupe belge et non un type de vélo. Nous sommes bien à Molenbeek au Vaartkapoen (V.K) pour le départ d’une soirée marathon qui va accueillir en tête d’affiche le très jeune et talentueux Ty Segall dans le cadre de la quatrième édition du très prisé festival Autumn Falls.

Mountain Bike est un nouveau venu sur une scène rock belge très prolifique. Ces petits jeunes ont déjà eu l’occasion de se faire les dents en première partie de Mikal Cronin, Cheap Times, Radio Moscow ou encore Unknow Mortal Orchestra au Botanique. Ils ont sorti une démo ainsi qu’un 45 tours “Everything But A Gift” à découvrir sur leur site. Ils sont quatre : Kinkle et June Moan à la guitare et au chant, Billy Joe à la basse et aux choeurs et enfin Nerveux à la batterie. Nerveux porte un tee-shirt Joan Baez. Ils ne se prennent pas au sérieux, mais s’amusent sur scène et cela le plus important. Ils vont nous interpréter un set très court, mais assez nerveux et rock’n’roll. C’est pop, frais et rock garage. La liste des morceaux joués est : “Torture”, “Japanese Guitar”, “Lost My Hopes”, “Is That All…”, “Nothing At All”, “Word Land”, “Got Power” et “Everything But A Gift”. Ce fut une belle surprise et une découverte à suivre et à revoir.

Un petit moment d’accalmie, je me rends au bar dans l’attende du second groupe à passer sur scène, l’affluence est telle que je ne sais pas me faufiler plus loin que la table de mixage. Le second groupe à se présenter est Night Beats, des américains originaires de Seattle qui pratiquent un rock garage psychédélique de bon augure. Le combo se forme en 2009 autour de Daniel Lee Blackwell (originaire de Dallas), de James Traeger et de Tarek Wegner. Daniel est le chanteur et guitariste tandis que Tarek est au chant, à la basse et à la guitare rythmique, James lui s’occupe des fûts. Ils ont deux albums à leur actif : “Night Beats” sorti en 2011 et le tout chaud “Sonic Bloom”. Le trio a fait des tournées avec entre autre The Black Angels, Rory Erickson, The Jesus and Mary Chain et Black Lips. On peut dire que, sur scène, cela va déménager sec. Il y en a pour tous les goûts, celui qui aime le rock’n’roll avec de gros riff de guitares un peu graisseux ne sera pas déçu. C’est un peu ce soir la fête au rock garage et les garagistes ici, ils ne vont pas faire dans la dentelle. Les nostalgiques des années 70 non plus ne seront pas déçus, le rock psychédélique est prévu dans le programme également. Un bon et chaud moment passé avec ce groupe, j’étais un peu loin pour attraper la setlist, mais ce ne sera que partie remise.

Le troisième groupe à préparer la venue de Ty sont les Américains de White Fence. Ce groupe est né en 2010 autour du frontman Tim Presley. Tim mène plusieurs projets en parallèle comme la formation garage-soul, space rock Darker My Love où il s’occupe de la composition et du chant, des Strange Boys où il joue de la guitare et fait les choeurs et enfin de The Fall où il est guitariste de tournée. Il est à noter que la fin des années 60 inspirent pas mal Tim et cela se ressent dans sa musique. Le groupe a déjà quatre albums à son actif et pratique un rock garage plus que musclé, mélangé d’un folk/rock quelques peu psyché, il pratique également un surf rock des plus intelligent. Quelques chansons sont quelque peu tirées en longueur, mais les riffs de guitare sont là pour vous faire passer un bon moment. Le tout sur scène donne une énergie qui se communique facilement au public présent. La sauce prend tellement bien qu’une dame un peu éméchée, et certainement sous l’influence de substances illicites, se prend au jeu et se déhanche comme une malade, cette dernière mord d’ailleurs l’épaule d’un spectateur à proximité et enfin se fait embarquer manu milatari par la sécurité.

La vedette et la tête d’affiche est assurément le jeune prodige californien Ty Segall. Le set présenté sera électro-acoustique. Tous les musiciens sont assis, mais le concert énergique amènera quand même quelques pogos. Ty Segall est un chanteur, guitariste, auteur et compositeur américain, né en 1987 à Laguna Beach en Californie. Il exprime son art musical dans un style rock Lo-Fi, garage, underground et noisy. Il chante, joue de la guitare et de la batterie notamment dans le groupe Fuzz. Il a également enregistré huit albums en solo et est ou a été membre des groupes The Traditional Fools, Epsilons, Party Fowl, Sic Alps, The Perverts et Ty Segall Band. Il est à noter que notre blondinet à la voix toute particulière est un bourreau de travail, un perfectionniste et un amoureux du son bien fait. Pour cela, on peut lui tirer sa révérence. Avec Charles Moothart et Roland Casio, il forme le groupe Fuzz dont le premier album est sorti en septembre 2013 sur le label In The Red.

Le concert est assez calme au début (annoncé électro-acoustique), l’énergie est présente et, à certains moments, les guitares vont s’emballer, la batterie également. Ty va se mettre pour une chanson à la batterie et cela va s’emballer quelque peu. Deux personnes vont d’ailleurs sauter de la scène et se jeter dans le public. Je pense qu’ils se sont ramassés quelques bobos au sol, ils ne l’ont plus refaits par la suite. Le début du concert en mode calme est axé sur quelques chansons du dernier album de Ty “Sleeper” sorti cette année : “Sleeper”, “The Man Man”, “She Don’t Care” et “Crazy”. Cela se passe en douceur pour notre jeune prodige blondinet aux treize albums sortis en cinq ans. Tous les musiciens sont assis et les guitares sont acoustiques et ils resteront assis jusqu’à la fin, même quand le concert va quelque peu s’emballer. Les titres sont efficaces, enchaînés assez méthodiquement. Le Ty Segall des vrais grands jours va refaire surface. Sans rien changer de leurs instruments ou de leur position, le groupe va commencer à jouer des titres plus énervés, pour le plus grand plaisir de l’auditoire qui est bien décidé à en découdre.

Ty va continuer avec des extraits de ses albums précédents comme “Caesar”, “You’re The Doctor”, “Ghost”, “You Make The Sun Fry”, “Girlfriend”, pour terminer au rappel avec “Live and Let Live”. L’ambiance au pied de la scène n’a rien à envier aux concerts punks de la fin des années 80. La montée en puissance a été réelle pour se terminer en apothéose sonore de rock garage efficace et bien foutu. Je fais partie de ce public qui a apprécié cette soirée. Le rappel terminé, et on sent bien que tous les musiciens sont heureux d’avoir donné ce concert, Ty Segall s’en va en nous laissant l’envie de le voir et de le revoir encore une fois ou deux. Ty avait signalé en début de concert que c’était la dernière date de sa tournée. Une fin de tournée est toujours particulière et riche en émotions diverses et cela a été le cas ce soir. Après le rappel, Ty va donner sa guitare à l’assemblée, quelques personnes un peu éméchées vont d’ailleurs se disputer le trophée.

Ce soir nous avons assisté à un show électro-acoustique. On peut se demander dans quel état on ressort d’un concert 100% électrique de cet acharné de la guitare et du riff efficace. À revoir donc en concert un peu plus musclé.

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