Après 35 ans, le Cirque Royal refait un triomphe à Machiavel

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Machiavel fait le deuxième Cirque Royal de sa carrière, 35 ans après le premier qui fut triomphal. J’y étais et je peux vous dire que c’était magique, j’avais 15 ans, mon premier concert, mon premier vinyle acheté “Mechanical Moonbeams” et mon premier slow crapuleux “Rope Dancer”. En 1978, j’étais très loin dans un Cirque Royal bondé, mais cette fois je suis au premier rang face à Mario. La première partie est de classe. C’est le groupe RMS, trois jeunes Ardennais doués que j’avais pu découvrir au Botanique lors des 25 ans des Classiques de Marc Ysaye. On peut dire que Marc a toujours eu le flair pour découvrir et porter vers le haut des groupes doués et talentueux, c’est le cas avec RMS. Le groupe originaire de Flohimont, un petit village près de Libramont, est actif depuis 2009. Ils ont la capacité de reprendre des grands classiques du rock avec une aisance et une assurance déroutante. RMS est un trio formé de Florian Deschamps à la basse, Sébastien Graux au chant et à la guitare et Tibault Pirson à la batterie. Ils n’ont pas 18 ans et se comportent comme des vieux rockeurs qui ont déjà 20 ans de pratique scénique. Il faut surtout rester en admiration lorsque Sébastien reprend divinement l’un des maîtres en la personne de Jimi Hendrix, c’est fabuleux. Ce soir, il n’ira pas jusqu’à jouer avec ses dents, mais il va quand même jouer de la guitare derrière son cou.

En 2011, ils ont déjà fait la première partie d’un artiste que j’adore Elliot Murphy. Ils ont joué, pendant 30 minutes, leurs propres compos : “Intro”, “Take Control”, “Turn Me On”, “Cactus”, “Back”, “Different Way”, “Slow Time” et “Hey You”. Cela déménage pas mal sur scène, c’est rock, énergique, les gamins ont du talent et l’avenir est prometteur pour eux. Ils sont en train de progresser et nul doute qu’ils vont exploser un de ces jours. Ils sont attachants et bourrés de talent. Pas la peine de vous le dire, ils ont chauffé la salle comme il se doit pour l’arrivée de nos dinosaures du rock belge encore bien fringants en la personne du groupe Machiavel, qui depuis un peu plus de quarante ans écument toutes les salles prestigieuses du royaume et les festivals. C’est leur deuxième Cirque royal, ils ont fait 8 Ancienne Belgique et deux Forest National.

Machiavel est composé de trois vieux renards qui sont là depuis le début (ou presque) : Mario Guccio au chant, Marc Ysaye à la batterie et au chant et Roland De Greef à la basse et de temps en temps à la guitare acoustique. Deux jeunes loups, Christophe Pons à la guitare et Hervé Borbé aux synthétiseurs et au piano, les ont rejoints plus tard. Avant l’arrivée des artistes, une icône de la radio, Pierre Guyaut, vient nous rafraîchir les tympans avec son éternel “Amis du soir et de la guitare, bonsoir !”. Pierrot était déjà présent il y a 35 ans sur cette scène pour remettre un disque d’or à Machiavel. Ce soir, il nous présente ses vieux amis. Les vieux renards et les jeunes loups arrivent sur scène accueillis par un public un peu vieillissant, mais toujours présent après toutes ces années. En 1978, il y avait eu 7 rappels, dont le dernier demandé par le commissaire de la police pour éviter une émeute. Que de bons souvenirs !

Ils vont nous jouer d’abord huit extraits de leur dernier album “Colours”, soit “Every Single Day”, “Take The Might”, “Going Down”, “The Great White Dome”, “Colour Damage”, “A Place For Everyone”, “Carry Me Home” et “I Can’t Stand The Night Alone”. Ce n’est pas ce que j’attends le plus, car ce sont les vieux morceaux qui m’ont fait vibrer lors de ma jeunesse. Il faut reconnaître que “The Great White Dome” a été chanté parfaitement par Mario Guccio qui, cerise sur le gâteau, était accompagné par l’orchestre royal de chambre de Wallonie composé de 10 violons et 2 violoncelles. Une mention particulière pour les chansons “Going Down” et “Carry Me Home”, deux belles pièces que j’aime bien. “Carry Me Home” a été chantée par Marc. C’est poignant d’émotion, surtout avec l’orchestre de violons en arrière-plan. On passe ensuite à des morceaux d’“Eleven” avec “Feel The Sun” et “Sail Away”. Un petit retour vers “Colours” avec “Lifeline”. Cela commence à devenir intéressant pour les vieux fans, un bon petit “Over The Hill”, extrait d’un “Urban Games” de derrière les fagots, un passage obligé par Kingston avec ses sons reggae endiablés. Machiavel touche à tout. Tout le monde est debout, cela commence à s’animer nerveusement dans le public. Marc revient à l’avant-plan pour nous chanter “Cheerlesness”, extrait du tout premier album “Machiavel”. Cette chanson est dédiée à Albert Letecheur, décédé et comme dit Marc qui nous regarde d’en haut. L’émotion est présente dans la salle. De plus, il y a très longtemps que celle-ci a été chantée par le groupe.

On passe ensuite à deux extraits du second album “Jester” avec “Wisdom” et “Jester”. Et comme il y a 35 ans, dans cette salle, voici mon slow préféré : “Rope Dancer”. L’émotion est garantie surtout par la présence de l’orchestre qui vient appuyer sur le clou. Un des meilleurs moments de ce concert. On continue dans l’intense et l’émotionnel avec un second extrait de “Mechanical Moonbeams”, “After The Crop”. Un petit retour vers “Eleven” avec “Save The World”. Le concert se termine avec une salle debout pour “Fly”, mais ils ne vont pas en rester là. Au rappel, nous avons droit à un morceau assez énergique et rock’n’roll : “She’s A Snake”, un extrait de l’album “2005”.

Et pour clôturer en beauté, une petite dernière avec un extrait de “Welcome To Paradise” : “Wild As The Wind”. J’ai passé avec Machiavel, pendant plus de 135 minutes, un très bon moment. Ce n’était pas le concert d’il y a 35 ans, mais néanmoins une superbe prestation de ce groupe qui est quand même au sommet depuis 40 ans. Rien à redire avec les dinosaures du rock belge, ils ont encore bon pied, bon oeil et savent toujours vous faire vibrer.

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