ROVO & SYSTEM 7 featuring Steve HILLAGE au 66

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Voilà donc une affiche des plus intrigantes car on y retrouve, d’un côté, Rovo un groupe japonais de musique avant-gardiste et expérimental et, d’autre part, Steve Hillage qui officie dans le monde du rock depuis 1967 et qui est associé à la prestigieuse école de Canterbury. Au programme donc ce soir, une déferlante de space rock où guitare spatiale, violon électronique et synthétiseurs feront le jeu du chat et des souris ! Mais avant de décrire l’ambiance de cette étonnante soirée, parlons un peu d’histoire avec tout d’abord, le parcours de ce groupe Japonais Rovo fondé en 1996 à Tokyo par le célèbre guitariste Seiichi Yamamoto lui-même fondateur du groupe de noise rock Boredroms. Viendront le rejoindre pour le projet le violoniste électrique Yuji Katsui, le claviériste et technicien Tatsuki Masuko, les percussionnistes et batteurs Yasuhiro Yoshigaki et Youichi Okabe et enfin le bassiste Jin Harada. Rovo définit sa musique comme le croisement entre le post-rock, le psychédélisme et la musique électronique.

Autre protagoniste et non des moindres, le grand Steve Hillage qui aura au cours de sa longue carrière participé à de nombreux groupes comme Caravan, Gong et Uriel… Musicien dans les années 60 et 70, il participera à l’enregistrement du célèbre “Turbular Bells” de Mike Oldfield. Par la suite, il commence sa carrière de producteur au cours des années 80 en travaillant avec Simple Minds, Cock Robin ou les Charlatans et c’est en 1990 qu’il fonde System 7 avec sa compagne la programmatrice et claviériste Miquette Giraudy afin de créer une formation de Dance-ambient auquel il participe toujours à l’heure actuelle. Il reste bien sûr producteur et rejoint à l’occasion Gong lors de certains concerts.

Voilà donc le décor planté avec des protagonistes qui jouent la carte de l’expérimental et de la jam-session avec dès mon arrivée à Verviers, l’intime conviction que nous serons à nouveau peu nombreux. En effet, l’assemblée se résume à un peu plus de cinquante personnes ! C’est triste mais bon attardons-nous sur l’impressionnant matériel disposé sur la petite scène du Spirit. On dénombre pas moins de deux batteries complètes, des claviers en pagaille, une basse et des guitares, deux violons électriques ainsi que plusieurs processeurs et programmateurs avec en partie centrale, une longue table haute où est disposé l’imposant matériel de Steve Hillage et de sa compagne. Pour ce qui est du déroulement de cette soirée, celle-ci va s’articuler en trois actes pour un total de près de 3 heures !

Premier acte avec le groupe Japonais Rovo présenté par Steve Hillage himself et qui s’installe sur les planches pour un premier set de près d’une heure où les 6 musiciens vont d’entrée de jeu nous livrer un space rock énergique et franchement bien foutu. Sur fond de claviers construisant le fond sonore via des nappes hypnotiques, les deux percussionnistes et le bassiste battent la mesure avec efficacité, et ce, pour mieux porter les deux solistes du groupe. Car ce sont eux qui attirent toute l’attention avec un chassé-croisé entre guitare et violon où nos deux lascars se livrent bataille à coups de vibrations soniques et psychédéliques. Notons au passage qu’entre deux compositions, nous assistons à un solo endiablé des deux percussionnistes qui impriment depuis le début, un tempo proche du jazz-rock et du jazz-fusion. Tout ce petit monde manifestement inspiré et expérimenté, nous délivre un premier set des plus efficaces où space rock, musique psychédélique, jazz-rock et musique électronique se fondent en une superbe jam-session. J’accorde d’ailleurs la palm d’or au violoniste qui m’a littéralement sidéré par sa virtuosité !

Second acte avec cette fois-ci notre duo électro-rock qui s’installe derrière cette longue table haute pour rapidement nous insuffler un rythmique Dancefloor où si Miquette jongle avec ses computers et ses programmateurs Steve Hillage quant à lui, nous emporte avec ses sons de guitare venus tout droit de l’Espace. N’étant point un spécialiste de ce courant musical, les récentes chroniques de New Dance Orchestra et Antibody m’ont permis de m’imprégner de l’esprit sonore développé au sein du projet System 7. Un second set de près d’une heure également où les tempos lancinants et tectoniques vont finir par faire dandiner l’assemblée.

Dernière acte et non des moindres avec cette fois, tout ce petit monde au grand complet sur scène pour l’interprétation de l’album “Phoenix Rising”, et ce, pour un dernier assaut où tous les protagonistes vont littéralement se lâcher. Ici tout part dans tous les sens avec des passages d’armes entre les deux guitaristes et le violoniste qui me sidèrent ! A certains moments, les musiciens arrivent à créer un véritable mur de son qui reste malgré tout mélodique. C’est dans le jardin des King Crimson, Van Der Graaf Generator, Gong ou Soft Machine que le public se trouve emprisonné pour son plus grand plaisir.

Près de trois heures de show au total avec au final, les remerciements nourris du public avec sur scène le grand Steve manifestement heureux et des disciples du soleil levant qui nous remercient avec beaucoup de sollicitude et de respect. Une bien belle soirée avec des sons pleins la tête et du bonheur plein le cœur. J’en termine en remerciant une nouvelle fois Francis pour sa judicieuse programmation. A la prochaine.

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