Cults, une rupture sentimentale réussie…

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Pendant que les clubbers célébraient la Pias Nite version électro à Tour & Taxis, c’est à l’AB Club que la soirée de notre vendredi 14 mars a débuté avec la visite de Cults. Ce duo largement influencé par la pop sixties un chouia sombre débutait en effet sa tournée européenne par la petite salle du boulevard Anspach, en support de son deuxième album, “Static”. L’avant programme avait été confié à The Spectors, un groupe que l’on avait déjà vu un étage plus bas en septembre dernier à l’occasion de la venue de My Bloody Valentine. Il s’agit d’un jour particulier pour eux puisqu’ils présentent en primeur leur premier EP dont la sortie officielle est prévue deux jours plus tard. En tout cas, en quelques mois, ils ont pris de la bouteille et de l’assurance, même si la chanteuse, bassiste et principale compositrice Marieke Hutsebaut a l’air toujours autant tétanisée par son micro.

Si les guitares froides du début du set nous renverront à la partie obscure du début des années 80, la suite allait peu à peu dévoiler la personnalité du groupe davantage basée sur des harmonies vocales à la Veronica Falls ou The Raveonettes qui fonctionnent particulièrement bien lorsque la claviériste s’en mêle (“Going Down”, le single “Nico”). En revanche, celle du guitariste, mixée bien trop bas, se révèle sous-utilisée (“Perfect Early Morning”). Ceci dit, une cover bien ficelée du “Swallowtail” de Brian Jonestown Massacre ainsi qu’un final décoiffant (“Light Stays Close”) confirmeront qu’ils sont sur le bon chemin…

Beaucoup de choses se sont passées depuis l’éclosion de Cults et la sortie de leur premier album éponyme en 2011, à commencer par la séparation du couple que formaient la chanteuse Madeline Follin et le guitariste Brian Oblivion. Inutile de préciser que la hargne et la frustration mais également une certaine mélancolie se retrouvent en filigrane sur “Static”, un deuxième album publié à l’automne dernier.

C’est complètement jet lagged que le duo (accompagné de trois musiciens de tournée) a pris possession de la scène du Club. Une scène qui paraît plus grande que d’habitude. Et pour cause, ils vont jouer sans retours traditionnels, se remettant uniquement à un mini écouteur dans les oreilles. Malheureusement, cela aura des effets négatifs sur leur prestation, Madeline se voyant contrainte de systématiquement réajuster le niveau sonore de son moniteur entre les titres.

Dans le même ordre d’idées, “High Road”, qui va débuter le set, servira de brouillon à l’ingénieur du son qui devra user de toute sa science pour permettre à la voix de la chanteuse de se démarquer de la batterie qui la couvrait jusque là. Un premier morceau partiellement gâché qui sera toutefois rattrapé par l’insouciant et frais “Abducted”, exemple parfait de la frontière infime entre sobriété et euphorie dont le groupe s’est fait une spécialité (sur disque en tout cas).

A l’arrière de la scène, quatre écrans LCD diffusent des images sous forme de mangas, de mini films ou de délires visuels sous quatre angles différents sans pour autant perdre de vue que le plus important reste avant tout la prestation du groupe. A ce propos, la richesse orchestrale rend l’ensemble assez captivant. On pense notamment à la judicieuse utilisation d’un xylophone sur “Slow Song” et aux atmosphères délicieusement désuètes de “You Know What I Mean” et “Bumper”.

D’un point vue visuel, il faut bien admettre que c’est à la chanteuse que revient la palme de l’attention, même si c’est davantage par rapport à sa position centrale sur scène et sa voix nasillarde, presqu’enfantine à la Kate Bush que son accoutrement de petite fille modèle et son attitude (elle se dandine en tenant sa jupe). Elle ne se contentera d’ailleurs que du chant, laissant le soin à son ex de dialoguer avec un public attentif et conquis.

Musicalement, les nouveaux titres se démarquent des mélodies sombres et sucrées qui ornaient la première plaque et prennent une direction dream pop qui les font ressembler à du Chvrches sans les artifices électro (“Always Forever”, “So Far”) alors que “Were Before” possède un côté entêtant qui ne laisse pas indifférent et que l’excellent “I Can Hardly Make You Mine” fera office de hit single de la soirée après être monté dans les tours.

On se demande d’ailleurs pourquoi ce titre n’a pas été joué en final car leur cover du “Total Control” des Motels au tempo ralenti et l’ambiance cabaret de “Rave On” feront quelque peu retomber le soufflé juste avant que la nana ne laisse ses compagnons de virée terminer le set principal sans elle.

Ils seront rapidement de retour pour un épilogue varié entamé avec un dernier nouveau titre, “Keep Your Head Up” à la construction dynamique avant que le presque déstructuré “Go Outside” ne laisse la place à “Oh My God” dont le final psyché pop schématisera assez bien la soirée, malgré une balance approximative. La prochaine fois, on leur conseillera de bien se reposer avant de partir à l’assaut de la foule…

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