Et de trois pour Tokyo Police Club à la Rotonde

0 Participations


Comme le veut la tradition, à chaque sortie d’album, les Canadiens de Tokyo Police Club débarquent à la Rotonde pour présenter le fruit de leur labeur. En effet, ce jeudi 3 avril, c’était déjà leur troisième passage dans la mythique salle du Botanique depuis 2008. Au programme, la présentation de “Forcefield”, leur nouvelle plaque. Mais avant, place à la première partie signée Vintage Dinosaur, de jeunes Bruxellois encore plus ou moins inconnus au bataillon mais qui, après ce qu’ils ont montré ce soir, risquent de ne plus le rester très longtemps. Techniquement au point, ils vont commencer par patiemment installer une ambiance envoûtante au travers d’un titre instrumental qui doit beaucoup à Ghinzu et à Muse. Mais c’est au terme d’un jingle humoristique vantant les mérites rock ‘n’ roll de Vintage Airways qu’ils vont réellement se dévoiler.

On découvrira alors un chanteur dont la voix délicieusement caverneuse ne correspond pas tout à fait à son physique mais dont les influences renvoient au côté sombre du début des années 80, Echo & The Bunnymen et Joy Division en tête (un des musiciens arbore d’ailleurs un t-shirt du groupe de Ian Curtis). Ou, plus récemment, de Customs et White Lies surtout qu’une basse groovante occupe une position clé, au même titre qu’un rythme saccadé imposé par le batteur géant. Un EP (“Brussels Burning), sorti en décembre dernier introduit partiellement leur univers mais c’est avant tout sur scène qu’ils affichent un réel potentiel. A suivre avec grand intérêt.

“Forcefield”, le troisième album de Tokyo Police Club, est sorti fin mars et marque quelque peu le pas par rapport à l’excellent “Champ” publié en 2010. Plus mainstream à l’instar des récents Strokes à qui on les comparait au début de leur carrière, ils ont l’air, comme eux, d’avoir perdu ce brin de fraîcheur, de folie et d’immédiateté. En tout cas sur disque, comme le laisse penser “Argentina”, le titre d’intro qui est de loin le plus long de leur discographie (avec ses presque neuf minutes, il fait quasi un quart de la plaque).

C’est justement avec celui-ci qu’ils vont débuter leur set ce soir devant une salle correctement garnie mais loin d’être remplie. Pas d’artifice sur scène, juste quatre musiciens qui se donnent avec les tripes, à défaut d’être charismatiques. Seul le claviériste Graham Wright sort du lot d’un niveau look mais il convient de tempérer car ses grosses lunettes et sa raie sur le côté ne parlent pas en sa faveur. David Monks, le chanteur bassiste, attire le regard davantage pour sa voix limpide que pour son physique de star.

Ceci dit, on le savait déjà et lorsque l’on vient les voir en concert, c’est avant tout pour l’énergie qu’ils dégagent. Et le début du set sera à la hauteur de leur réputation, avec les nerveux “Not Sick” et “Nature Of The Experiment” qui décoifferont d’emblée l’assemblée. Plus tard, “Favourite Colour” et un très bon “Breakneck Speed” montreront qu’ils n’ont rien perdu de leurs racines indie underground.

On ne pourra pas en dire autant des nouveaux titres présentés ce soir qui, mis à part un convaincant “Beaches” et un “Gonna Be Ready” taillé pour la scène, seront un niveau en-dessous de la qualité à laquelle ils nous avaient habitués. Ainsi, “Toy Guns” et surtout “Hot Tonight” avec leurs arrangements pop manufacturés et leurs refrains bourrés d’onomatopées nous feront penser au mieux à Simple Plan et au pire aux Wombats. A la rigueur, on pourrait encore sauver “Miserable” et “Tunnel Vision” grâce à des versions plus musclées que sur le disque.

Il s’agit toutefois d’un avis personnel car bon nombre de spectateurs ont l’air d’y trouver leur compte et reprennent en chœur les refrains tout en s’égosillant avec le chanteur, notamment sur “Juno”, entamé tout en douceur tandis qu’un furieux “Cheer It On” clôturera le set principal dans une folie palpable.

A l’inverse, les rappels débuteront d’une façon quelque peu atypique puisque David Monks reviendra seul sur scène avec sa guitare acoustique pour une interprétation sans amplification de “Tessellate”, assis sur un ampli et devant une audience respectueuse captivée par la performance de l’artiste. Le groupe reviendra ensuite au grand complet pour la fin du set et deux bombes finales, “Favourite Food” et “Your English Is Good” qui démontreront, avec le recul, que le quatuor de l’Ontario a peut-être déjà son avenir derrière lui…

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :