Skullfest : le métal fest des bikers – Jour 1

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Intrigué par l’affiche alléchante du Skullfest 2014, je me suis rendu à Wervik les vendredi 20 et samedi 21 juin derniers pour découvrir cet autre temple de la musique estivale. Alors que mon GPS m’annonce que je ne suis plus qu’à quelques centaines de mètres de ma destination, je remarque des métalleux arpentant la rue. C’est bon signe. Sur place, un stand du club de motards des Blue Skulls donne le ton. On est en mode « viril à gros bras », mais l’ambiance est bon enfant. À l’extérieur de la salle de concert, une baraque à frites qui propose de quoi se sustenter. Quelques tables et des chaises aussi pour profiter du beau temps entre deux concerts. Il y a aussi un stand d’articles « hard rock » avec des bagues, boucles de ceintures… À l’intérieur, une salle très bien aménagée en salle de concert. Un stand de merch, un bar équipé des indispensables pompes à bière et une scène bien éclairée. Les organisateurs n’ont manifestement pas lésiné sur les moyens pour que les concerts se passent pour le mieux. L’organisation me paraît impeccable.


Au moment où je sors mon matériel photo, Illusionless, le premier groupe a déjà ouvert le bal. Il s’agit d’un groupe néerlandais de death metal progressif très à l’aise sur scène, qui commence à se faire un nom chez nos voisins du Nord où ils ont remporté l’édition 2014 de la Dutch Metal Battle. Les organisateurs ont eu le nez fin de les inscrire au programme. Leur death metal est influencé par le métal progressif et le black metal. Leurs thèmes de prédilection sont l’art, l’histoire, l’occulte et l’inconnu. Sur scène, la formation batave se déchaîne devant un public pas encore fort nombreux, comme souvent au début d’un tel festival. Malgré quelques problèmes de réglage de son, ils enchaînent leurs titres et essaient de chauffer la salle où le public arrive au compte-goutte. Pour leur première prestation en dehors des Pays-Bas, ils auraient sans doute mérité mieux, mais ils font preuve de volontarisme et de professionnalisme, qualités indispensables dans ce métier. Cela dit, même si j’avoue que le death métal n’est pas trop mon truc, Illusionless a réussi à capter mon attention, ce qui est déjà une réussite en soi !


Après cette séance d’échauffement musical et une première bière pour étancher ma soif, arrive le tour du groupe Toledo Steel. Originaire de Southampton, cette formation propose une musique que l’on peut qualifier de métal classique influencée par des groupes comme Judas Priest, Grim Reaper et autres représentants de la nouvelle vague des bands britanniques de heavy metal. Leur production est nettement plus proche de ma sensibilité musicale. Ça aide ! De plus, le chanteur Rich Rutter a une voix excellente. Je suis conquis. Seul petit défaut, il leur manque encore un style perso, une identité musicale forte. On les confondrait facilement avec d’autres groupes à la Steelwing. Mais assurément un agréable moment sur scène et un groupe à suivre!

Après avoir refait le plein en oxygène (assez étonnamment, il est permis de fumer dans la salle déjà surchauffée…) et en carburant houblonné, je regagne mon poste pour assister à la prestation du premier gros morceau de la soirée, les Allemands de Majesty. D’aucuns se sont étonné de les voir jouer avant Battle Beast alors que la formation teutonne est généralement en tête d’affiche, mais il apparaîtra par la suite que les organisateurs ont visé juste. Revenons-en donc à Majesty.


Cela faisait un bail que je voulais voir ce groupe en live. Voilà donc que déboulent sur scène Tristan Visser (guitare), Carsten Kettering (basse), Robin Hadamovski (guitare), Jan Raddatz (batterie) et Tarek Maghary (chant). Et là, ils nous présentent un set de 16 titres, bref quasiment un concert normal. Le public est beaucoup plus nombreux et les fans du groupe donnent de la voix. Parmi les morceaux présentés, plusieurs titres de l’album «Banners High». Des histoires de guerriers qui luttent jusqu’à la mort, d’honneur et de bravoure. Plusieurs morceaux ont un caractère épique qui n’est pas fait pour me déplaire. Les détracteurs du groupe lui reprocheront un côté répétitif, surtout sur un set de 16 titres. Les partisans du groupe souligneront la qualité de l’écriture, l’interprétation excellente sur scène, la superbe balade acoustique et une certaine magnificence. Quand arrive le rappel, le groupe revient pour un dernier morceau, l’excellent «Metal Union» que le public conquis entonne avec une justesse plus ou moins grande selon le degré d’imprégnation alcoolique des chanteurs improvisés… Le groupe laisse en tout cas une excellente impression, malgré certaines petites longueurs.

En tête d’affiche de la soirée, les Finlandais de Battle Beast. Ayant découvert ce groupe, avec à la voix Nitte Vänskä, en première partie de Nightwish il y a quelques années, j’avais déjà été très agréablement surpris. Quand j’ai acheté le second album du groupe, je me suis rendu compte que la chanteuse avait quitté le groupe et qu’elle était remplacée par une nouvelle venue appelée Noora Louhimo. Et là, quelle claque ! Je n’avais jamais rien entendu de pareil. D’où mon empressement à découvrir Battle Beast sur scène. Étaient-ils aussi bons en live qu’en studio ?


Les lumières s’éteignent et le combo finlandais monte sur scène: Anton Kabanen (fondateur du groupe, guitare et chant), Eero Sipilä (basse et chant), Pyry Vikki (batterie), Juuso Soinio (guitare), Janne Björkroth (claviers) et Noora au chant. Et là, ce fut l’enchantement. Des mélodies métal entraînantes à souhait, des voix exceptionnelles et un son extraordinaire. Bref, ceux qui avaient préféré rester devant leur petit écran pour suivre le Mundial ont vraiment raté quelque-chose. Battle Beast assure sur scène aussi bien (voire mieux encore) que sur le CD. Le dernier album «Battle Beast» est mis à l’honneur, avec des titres comme «Let It Roar», «Out On The Streets», «Neuromancer» et «Raven» pour n’en citer que quelques-uns. L’album «Steel» n’est pas oublié, avec des titres comme «Show Me How To Die», ce qui aura fait plaisir aux fans de la première heure. Sans oublier leur tube «Black Ninja» qui soulève littéralement le public et prend une dimension exceptionnelle en live. Sur le plan vocal, Noora a une palette étonnante allant d’une forme de chant rauque proche du grunt au chant clair. Son interprétation est techniquement parfaite, tant dans les morceaux du dernier album que dans ceux du premier. Un duo d’exception avec Anton qui assure aussi dans les grunts. Ce concert restera un des moments les plus intenses de ce festival et un des plus appréciés du public présent. Un groupe à voir ou à revoir à tout prix! Ainsi s’achevait une épuisante, mais fabuleuse première soirée.

Photos © 2014 Hugues Timmermans

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