Blonde Redhead au Bota, la saison commence bien

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Ce dimanche 21 septembre, le nombre de concerts proposés aux quatre coins de Bruxelles était inversement proportionnel à celui des voitures autorisées à rouler dans les rues de la capitale. En soirée, c’est toutefois au Bota que l’équipe de Music in Belgium a décidé de se poser pour le retour en salle de Blonde Redhead. Les fans purs et durs s’étaient en tout cas donné rendez-vous et se pressaient déjà dans l’Orangerie lorsque les Gantois de Yuko sont montés sur scène. Et ils n’allaient pas être déçus car le groupe emmené par Kristof Deneijs, chanteur à la voix androgyne et à la pilosité faciale abondante s’apprêtait à donner une prestation magistrale. Injustement ignorés de ce côté de la frontière linguistique, ils rivalisent pourtant avec la plupart de leurs contemporains.

En effet, leurs compositions patiemment travaillées à tendance folk qui prennent de temps en temps une direction à la Radiohead circa “OK Computer” (“A Couple Of Months On The Couch”) méritent plus qu’un simple coup d’oreille. Á l’instar de leur hit “Dolly Parton” qui, s’il renvoie à Milow sur disque, se veut autrement plus captivant sur scène. N’omettons pas non plus de signaler la qualité des musiciens, même si le bassiste a tendance à adopter des gimmicks un peu too much. Le public ne s’y est pas trompé et a dévalisé le stand merchandising après leur prestation, décimant le stock du troisième album du groupe, “Long Sleeves Cause Accidents”. Une excellente entrée en matière.

“Barragán”, le neuvième album de Blonde Redhead, est sorti au début de ce mois et, à défaut d’être révolutionnaire, a le mérite de nous rassurer sur l’état de santé du trio New Yorkais. Un groupe dont l’actualité, mis à part la participation de la chanteuse Kazu Makino au titre “Sweetie & Shag” sur l’album “Gloss Drop” de Battles en 2012, a été réduite à sa plus simple expression. Leur concert au Dour Festival cet été s’apparentant plus à une répétition qu’à autre chose, on était curieux d’enfin les revoir dans une salle acquise à leur cause.

Malgré des soucis d’oreillettes qui ont presque mis à cran le désormais grisonnant Amedeo Pace avant la moindre note, c’est dans le calme et la douceur que tout a débuté avec les deux premières plages de cette nouvelle plaque, ce qui nous a laissés le loisir d’admirer la robe blanche de la chanteuse. Celle-ci se coiffera d’un chapeau noir au gré de son humeur et se désaltèrera avec des bulles tout au long de sa prestation, le tout dans une atmosphère tamisée violette et bleue.

Lorsqu’elle attrape une basse pour un premier coup d’éclat (“Falling Man”) chanté avec rage par Amedeo, une clameur s’échappe du public. Derrière lui, son frère jumeau Simone Pace s’en donne à cœur joie en martelant ses fûts. Il ne s’agira toutefois que d’un des rares écarts de la soirée car les langoureux “Hated Because Of Great Qualities” et “Love Or Prison” (aux effets synthé entêtants) vont directement ramener le trio dans un chemin moins aventureux que par le passé. Ceci dit, la voix plaintive de Miss Makino donne toujours un cachet particulier à des compositions qui n’auraient certainement pas ce côté rêveur sans elle.

Au rayon des nouvelles compositions, retenons l’hypnotique “Mind To Be Had”, sans doute le meilleur extrait de “Barragán” malgré une intro kilométrique à deux doigts de faire retomber l’attention et le groovant “Dripping”, tous deux chantés par Amadeo. En revanche, “No More Honey” ne restera pas dans les annales, sans doute un rien soporifique.

Peu après, les premières mesures de “Spring And By Summer Fall” vont apporter la preuve que la face nerveuse du groupe reste la préférée des fans, tout à fait hystériques à ce moment précis. On le remarquera encore lors d’un puissant “Melody Of Certain Three” qui va achever le set principal dans un certain chaos (favorisé par des effets stroboscopiques qui vont trancher avec les sinistres lights offerts jusque là).

Les rappels débuteront par la seule intervention de la soirée de Kazu qui aurait peut-être dû s’abstenir. Son speech incompréhensible sur leur trajet en provenance d’Amsterdam n’apportant en effet aucune plus-value notoire. Par la suite, les versions de “The One I Love” et “Defeatist Anthem (Harry And I)”, largement supérieures à celle du disque, montreront une nouvelle fois que c’est sur scène que le groupe s’épanouit pleinement.

Sans surprise, l’excellent “23” mettra ensuite tout le monde d’accord. Ceci dit, on est toujours en train de se demander pourquoi, après une danse digne d’un Thom Yorke épileptique, Kazu s’agenouillera pour un ultime titre, le délicat “Seven Two” que l’on aurait sans doute davantage apprécié un peu plus tôt dans le set. Mis à part ce détail, le retour de Blonde Redhead fait du bien par où il passe…

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