MFVF 2014 – Jour 2 : Des pépites, des surprises et un anniversaire

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Après avoir dormi quelques heures, me revoilà à pied d’œuvre dans les Oktoberhallen dès 10h30 du matin. La journée s’annonce la plus chargée des trois jours. L’affiche de cette année a ceci de particulier qu’elle ne comporte pas vraiment de très grands noms comme Epica, Doro ou Tarja. En revanche, elle propose un large éventail de middle bands de (grande) qualité.

La journée commence avec La Ventura, groupe à chanteuse de rock/métal fondé en 2007. Emmené par la talentueuse Carla van Huizen au chant, le combo compte aussi parmi ses membres Sasha Kondic à la guitare, Mike Saffrie à la basse et Stefan Simons à la batterie. Malgré la notoriété croissante de ce groupe originaire de Zélande aux Pays-Bas, je ne l’ai découvert qu’au mois d’octobre de cette année à la première édition du Female Metal Event à Eindhoven. Resté sur une première impression très favorable, j’étais curieux de voir si le groupe allait confirmer par une nouvelle prestation de haut niveau. De fait, Carla a une aisance remarquable sur scène (si elle a le trac, elle cache bien son jeu). Les musiciens distillent un mélange de mélodies ciselées et de rythmes métal qui servent de toile de fond à des parties vocales très rock, agrémentées de quelques touches gothiques pour épicer le tout. Spécialement pour le MFVF, le groupe a prévu deux Taiko drums sur scène, histoire de donner encore plus de relief à leur (trop courte) prestation. Un bonheur que de découvrir en live les titres du dernier opus intitulé «White Crow». Les 30 minutes de temps imparti filent à toute vitesse. La prestation des Zélandais donne envie de les retrouver très vite sur scène. Bref, une jolie entrée en matière.


Les techniciens font au plus vite pour respecter le planning prévu. C’est à présent au tour de Season of Ghosts d’occuper la scène. Comme son nom l’indique, le groupe a choisi pour thèmes de prédilection la science-fiction et les films d’horreur. Dans sa musique, cela se traduit par des sons rock/métal extrêmes, des sons électroniques étranges et une voix qui se veut envoûtante. Nouvellement formé, le combo est clairement centré sur sa vocaliste Sophia Aslanidou. Sur la scène de Wieze, la jeune artiste dont le nouveau cd «The Human Paradox» sortira avant la fin de l’année propose un métal aux accents dance (?) où elle mêle voix claire et déformée. Pas désagréable, mais tout n’est pas encore bien en place. Le groupe manque de cohésion et surtout d’expérience scénique. En tout cas, la belle ne manque pas de personnalité.


Après avoir quitté Amberian Dawn, Heidi Parviainen a rapidement annoncé qu’elle travaillait sur son nouveau projet «Dark Sarah». Quant au style musical de ce projet, elle l’appelle «cinematic metal», c’est-à-dire une musique métal aux accents cinématographiques. Financé par les fans (en trois tranches), le projet doit déboucher sur la sortie d’un CD qui s’appellera «Black Veil» et qui comprendra les morceaux dévoilés au terme de chaque tranche, plus quelques suppléments. Musicalement, la belle Heidi a su bien s’entourer. Les enregistrements studio sont d’excellente facture. Sur scène, Dark Sarah tient toutes ses promesses et nous fait passer un excellent moment. Pour les duos normalement interprétés avec Inga Scharf (Van Canto) et Manuela Kraller (ex-Xandria), c’est Zuberoa Aznárez de Diabulus in Musica qui assure l’intérim avec beaucoup d’efficacité. Gageons que celles et ceux qui auront pu voir Dark Sarah en concert seront impatients de tenir le cd entre leurs mains à la fin de la troisième et dernière tranche du financement qui vient d’être lancée sur une célèbre plateforme de crowdfunding.


Le groupe suivant n’est autre qu’Ancient Bards, quintet transalpin emmené par l’excellente Sara Squadrani. En tournée pour promouvoir son dernier opus en date «A New Dawn Ending», le groupe italien de métal symphonique/épique a fait un véritable carton sur la scène de Wieze. Pour preuve: plus moyen de trouver un cd au merch après le concert! Rupture de stock. Grâce à une diversité musicale allant du speed à des rythmes plus classiques, le groupe a gagné en profondeur. Une musique qui fédère le plus grand nombre des festivaliers présents. Au rayon des bonnes nouvelles, un concert supplémentaire d’Ancients Bards est prévu à Arnhem aux Pays-Bas le 16 novembre prochain.


Si vous avez suivi la tournée 2013 de Visions of Atlantis, les noms de Maxi Nil et Babis Nikou (Astral DNA) ne vous sont pas entièrement inconnus. La première était alors vocaliste et le second, bassiste-vocaliste. Après leur départ de Visions of Atlantis, les deux artistes ont formé Jaded Star avec Kosta Vreto (Wardrum) à la guitare et Raphael Saini (Iced Earth, Master, One Machine) aux fûts. Le MFVF12 est la première grande scène du nouveau groupe. Nombreux étaient les festivaliers à attendre le grand retour de Maxi. Avec des morceaux comme «Keep On Fightin’», on découvre un style métal très rock/métal, avec une guitare omniprésente et une batterie musclée. Maxi a toujours cette voix claire et forte qui est la sienne. C’est du lourd, du rugueux («heavy and dark» comme dit Maxi en interview). Et toujours la volonté farouche d’être proche de son public. Pour preuve: le groupe avait organisé un concours visant à permettre à une trentaine de festivaliers de monter sur scène à ses côtés le temps d’un morceau. Le pied pour ces fans !


Deuxième groupe inconnu au programme pour ma part: Head Phones President. Il s’agit d’un groupe japonais (faut-il y voir la patte de l’organisatrice Val ?) composé de 4 membres: Anza à la voix, Hiro à la guitare, Narumi à la basse et Batch à la batterie. Leur musique est à la croisée de plusieurs genres comme le métal, le Heavy Rock, l’alternatif et le progressif. Quand le groupe entame son set, la chanteuse Anza déboule sur scène en virevoltant dans tous les sens. Elle bouge avec une énergie incroyable tout en chantant et en poussant des grunts qui rendraient jaloux un troll du Seigneur des Anneaux. Cela part dans tous les sens, avec une pèche incroyable. Impossible de rester impassible face à un tel déferlement de notes, comme dans leur titre «The One To Break» tiré de leur album «Disillusion» sorti en août dernier. Pas étonnant que le groupe remporte un joli succès partout où il se produit, jusqu’au Brésil!


16h05: c’est l’heure pour Skeptical Minds d’entrer en scène. Deux ans après leur prestation qui a donné lieu au cd live «Run For Your Live!» sorti officiellement ici au MFVF12, Karolina Pacan et ses acolytes Patrice Brugneaux, Benjamin Lazzano et Michel Stiakakis envahissent la scène pour une petite heure de fête indus-métal avec au programme des morceaux connus (notamment un «Ace of Spades» toujours aussi festif), mais aussi quelques nouveautés (comme «Fear») en avant-gout de l’album studio qui sortira prochainement. Comme à chaque fois, les musiciens sont hyper-précis dans leur jeu, alors que Karolina prend un plaisir évident à interpréter ses morceaux en haranguant le public à chaque occasion. Et le public prend un plaisir évident à répondre à son invitation. L’ambiance est excellente. Les festivaliers se délectent manifestement toujours autant de la musique très typique des Skeptical Minds. Dire qu’il faisait chaud dans le pit et dans les premiers rangs du public est un doux euphémisme!


Après un passage obligé au ravitaillement histoire de se réhydrater pour survivre à l’enfer du pit, retour à un groupe qui n’est pas inconnu des festivaliers Diabulus In Musica. Grande habituée du MFVF, la formation hispanique était emmenée par Gorka Elso aux claviers et grunts ainsi que par la charmante Zuberoa Aznárez au chant et à la flûte. Sur scène, elle était accompagnée d’un choeur de 5 personnes en plus des autres membres du groupe: Odei Ochoa à la basse, David Carrica à la batterie et Alexey Kolygin à la guitare. Effet plus théâtral donc. Si la scénographie n’a pas vraiment changé (et c’est peut-être le seul petit reproche que l’on pourrait leur faire), force est de constater que le groupe a encore gagné en cohésion et qu’il continue à monter en puissance. La voix de Zuberoa est absolument magnifique (rien d’étonnant à ce qu’elle ait été invitée par Dark Sarah pour les duos). Les amateurs de métal symphonique ont eu l’occasion d’entendre notamment «Inner Force» extrait du dernier album en date «Argia». Une musique caractérisée par des claviers très présents, des riffs de guitare impressionnants et une voix très mélodique/symphonique. Un autre très bon moment de cette journée!


Le groupe suivant est un gros morceau: Draconian. Même si on peut se demander s’il était entièrement à sa place au Metal Femal Voices Fest (car la voix principale est une voix d’homme), nombreux étaient les festivaliers qui attendaient ce moment avec impatience. Et pour cause! Après le départ de la vocaliste Lisa Johansson (sa dernière prestation avec le groupe fut au MFVF en 2011), c’est finalement en Afrique du Sud que Anders Jacobsson vont trouver la perle rare: la belle et ténébreuse Heike Langhans. Restait à voir si l’alchimie fonctionnerait entre la belle et la bête… Bien que souffrante, la belle a rapidement conquis le cœur du public, confirmant titre après titre qu’elle mérite tout à fait la place qu’elle occupe aux côtés de Fredrik Johansson (basse), Jerry Torstensson (batterie), Johan Ericson et Daniel Arvidsson (guitares). Parmi les morceaux du set, les plus fidèles fans auront reconnu quelques classiques comme The Drowning Age et The Death of Hours (de l’album A Rose For the Apocalypse), Morphine Cloud et Bloodflower (de l’album Turning Season Within). Forte participation du public qui adhère parfaitement à la nouvelle formule et semble se régaler des compositions doom/gothic métal made in Sweden. Bref, encore une prestation qui valait le détour!


Le groupe suivant est «The Sirens» qui réunit le temps d’une tournée (ou plus si affinité?) trois légendes et personnalités incontournables du métal au féminin: Kari Rueslåtten (The 3rd And The Mortal), Anneke van Giersbergen (The Gathering) et Liv Kristine Espenaes Krull (Leaves’ Eyes, Theatre Of Tragedy). Une espèce de rêve éveillé pour plus d’un amateur de métal décliné au féminin. Trois chanteuses de groupes cultissimes qu’elles ont entre-temps quitté pour se lancer dans d’autres aventures… Une occasion rêvée à ne surtout pas manquer. Sur scène, les festivaliers en ont eu pour leur argent avec un programme qui tient de la Madeleine de Proust pour métalleux amateurs de groupes «female-fronted». «Treat Me Like a Lady» ouvre le bal. Viennent ensuite dans le désordre: «Vervain» de Liv, «Venus» et «Siren» (de Theatre of Tragedy). «1000 Miles Away from You», «Why So Lonely?», «Atupoéma» et «Death Hymn» (de The 3rd and the Mortal, «Love Decay», «Image», «In Motion», «Ride», «Strange Machines» (de The Gathering) et le nouveau morceau du trio intitulé «Sisters of the Earth». Trois voix divines, des morceaux que l’on n’espérait plus voir un jour en live. Un moment de pur bonheur !


La fin de la soirée approche. La journée a déjà été fertile en émotions positives. Que peut-on encore espérer de plus? Le pari au niveau de la programmation est déjà réussi. Tout ce qui viendra en plus sera du bonus! C’est dans ce contexte qu’arrive sur scène le groupe norvégien Sirenia créé en 2001 par Morten Veland. Sa chanteuse actuelle n’est autre qu’Ailyn Giménez que l’on a déjà pu voir dans vendredi soir. Le combo se compose aussi de Jonathan A. Perez aux fûts et Jan Erik Soltvedt à la gratte. La voix d’Ailyn est parfaite pour contraster avec les grunts de Morten sur des mélodies très catchy. Seule petite ombre au tableau, le recours à de nombreux éléments préenregistrés en soutien. Mais ne boudons pas notre plaisir. Ailyn était au sommet de sa forme vocale et nous a fait vibrer au son de morceaux comme «Seven Widows Weep», «Cold Caress», «My Destiny Coming to Pass» et «Profound Scars» (extraits du dernier album «Perils of the Deep Blue»), «Lost in Life», «The Seventh Summer» et «The Path to Decay» (extraits de l’album «The 13th Floor»), «My Mind’s Eye», «The Other Side» (extraits de l’album «Nine Destinies and a Downfall») ou encore «My Lost Lenore» (cover de Tristania).


Pour la tête affiche de ce samedi, Leaves’ Eyes avait promis un show grandiose («Hymns of a Decade») pour célébrer au MFVF son 10e anniversaire. Sur scène, un décor grandiose avec de part et d’autre de la scène 3 épées géantes. Effets pyrotechniques et setlist inédite: tout était réuni pour finir la soirée en feu d’artifice (au sens propre comme au figuré!). Après l’intro, le show commence avec «Farewell Proud Men» et «Hell to the Heavens», le groupe accueille sur scène la charmante Ailyn Giménez comme invitée sur «Into Your Light». Après «Legend Land» et le cultissime tube «Elegy», le groupe accueille sur scène Zuberoa Aznárez pour une version inédite de «Meredead», avec des musiciens folk et une danseuse. La bande à Liv et Alex enchaîne ensuite avec deux autres tubes: «My Destiny» et la reprise de «To France» (de Mike Oldfield). Vient ensuite un autre inédit en live, «Hymn to the Lone Sands» (encore avec la danseuse). «Symphony of the Night» (de l’album éponyme) et «For Amélie» sont des incontournables qu’il aurait été indécent de ne pas jouer dans ce show anniversaire. Le groupe a aussi offert à ses fans un nouveau morceau inédit qu’il a joué en live pour la première fois: «Halvdan the Black». «Galswintha», «Norwegian Lovesong», «Frøya’s Theme» et «Mot Fjerne Land» clôtureront en beauté cette prestation mémorable. Et dire que certains se demandaient si Leaves’ Eyes avait vraiment sa place en tête d’affiche. Le groupe en a fait la démonstration magistrale!

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