Kasabian à Forest National, le tarif habituel

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Riches d’une discographie sertie de cinq albums incontournables, les Britons de Kasabian se sont également taillés une envieuse réputation en live. Leur nouveau fait d’armes à eu lieu ce samedi 8 novembre à Forest National à l’occasion de la dernière date de leur tournée européenne. Bien que prévue à 20h10, la prestation de Pulled Apart By Horses, le groupe choisi par les bad boys themselves pour assurer leur première partie, était déjà bien entamée lorsque l’on a pénétré dans une salle généreusement garnie. Sur scène, quatre gaillards qui s’en donnaient à cœur joie, toutes guitares en avant. Les natifs de Leeds avaient en effet décidé de pousser le volume dans le rouge.

Malheureusement, le son était définitivement trop puissant que pour pouvoir légitimement apprécier leurs compositions. Si la voix criarde du chanteur aux cheveux longs et lisses (et gras ?) y est clairement pour quelque chose, le manque de mélodies accrocheuses n’est sans doute pas étranger non plus au relatif manque d’intérêt qui a sanctionné leur set. À revoir peut-être dans de meilleures conditions.

Avec “48:13”, Sergio Pizzorno et Tom Meighan, les deux chevilles ouvrières de Kasabian, ont mis au point un concept pour le moins étrange. Il s’agit en fait du titre et de la durée de la dernière plaque en date du groupe de Leicester. S’il a servi de teaser efficace dans les semaines précédant sa sortie, sa pochette d’une simplicité extrême et d’une couleur hideuse ne l’ont pas empêchée d’atteindre la première place du hit-parade britannique.


Les quatre chiffres en question trônent sur un immense rideau à l’arrière de la scène mais contrairement à leur concert événement au Victoria Park dans leur ville natale en juin dernier devant 50.000 fans hystériques, ils ne vont pas faire office de compte à rebours au terme duquel le groupe montera sur les planches. Ceci dit, ils n’auront pas besoin d’artifice pour se mettre d’emblée dans le bain avec “Bumblebeee”, premier nouveau titre de la soirée.

Tom Meighan, costume noir, cravate et lunettes de soleil fixées sur le nez, prend la main avec son attitude nonchalante caractéristique. À sa droite, Sergio Pizzorno, plus touffu que jamais (la private joke du jour dans les travées de Forest le comparera à… Conchita Wurst), porte un t-shirt blanc et, plus curieux, une queue de raton-laveur derrière lui.

En tout cas, une chose est sûre, ils ne sont pas là pour faire de la figuration. La preuve avec les bombes que sont “Underdog”, “Where Did All The Love Go” et “Days Are Forgotten” balancées en tout début de set. Affirmer que certains groupes les réserveraient pour les rappels ne fait qu’amplifier la confiance inébranlable qui les habite.


Ceci dit, même pour Kasabian, il allait être compliqué de maintenir une telle intensité durant tout le concert. L’ambiance retombera dès lors d’un cran pendant “Clouds”, qui verra poindre les influences électroniques de “48:13”. Si elles ont toujours été présentes en filigrane au fil des albums, elles font désormais partie intégrante d’un son de plus en plus orienté dancefloor (tout en restant rock ‘n’ roll, on vous rassure). Le single “Eez-eh”, bourré de reverbs dans la voix et, un peu plus tard, “Treat” avec des jeux de lumière lasers époustouflants, seront tout de même à deux doigts de nous téléporter au Flanders Expo de Gand pour I Love Techno. Quelques mesures du hit de Justice (“We Are Your Friends”) à la fin de “Me Plus One” renforceront encore un peu plus l’idée.

En parlant de reprises, ils apprécient particulièrement étoffer leurs compositions de bribes empruntées ça et là. Le pseudo acoustique “Thick As Thieves” (très Arctic Monkeys, soit dit en passant), virera intelligemment vers le “People Are Strange” des Doors alors que “Stuntman” rendra hommage à Donna Summer via son “I Feel Love”, déjà remanié par Franz Ferdinand dans cette même salle voici quelques mois.

Bien entendu, c’est également la face british pub supporters de foot qui les a amenés là où ils sont aujourd’hui et des titres comme “Re-Wired” à la basse envoûtante et “Club Foot” vont initier des mouvements de foule contrôlés. Dommage qu’un “Empire” réarrangé sera quelque peu loupé. Mais leur version sans bavure de l’irrésistible “Fire” effacera bien vite ce léger pas de travers, accompagné par un public qui sautera à pieds joints pendant le refrain.

Les rappels seront entamés avec un ultime nouveau titre, le très réussi “Stevie”, qui fera place au toujours efficace “Vlad The Impalor” (ici aussi, le public se dégourdira les jambes sans compter). Leur traditionnelle cover du “Praise You” de Fatboy Slim introduira ensuite un puissant “L.S.F. (Lost Souls Forever)” qui résonnera encore dans l’arène bien après que les lumières se soient rallumées. Les boys sont fin prêts pour leur série de cinq concerts archi sold out à la Brixton Academy de Londres le mois prochain…

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Photos © 2014 Denoual Coatleven

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