Admiral Freebee en roue libre à l’Orangerie

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Depuis la sortie de son cinquième album (“The Great Scam”) en février dernier, Tom Van Laere alias Admiral Freebee a passé le plus clair de son temps sur les routes. Il clôturait une année faste à l’Orangerie du Botanique ce mardi 16 décembre. Une année pendant laquelle il a côtoyé de véritables légendes puisqu’il a notamment joué en support des Rolling Stones à TW Classic et de Neil Young aux Lokerse Feesten. C’est d’ailleurs lors de cette prestation que “The Great Scam” a dévoilé son énorme potentiel. En effet, en devenant moins prolifique (deux albums seulement en huit ans), l’artiste barbu anversois a désormais pris le temps de peaufiner ses compositions avec un résultat particulièrement abouti à la clé.


Il sera dès lors curieux de le voir entamer son set avec une cover de Van Morrison, “Little Village”. Mais à bien y réfléchir, il s’agit là d’un choix judicieux tant le titre en question débuté sagement au piano va progressivement gagner en intensité et finir par ressembler à une jam session savamment orchestrée. Il est vrai que le bonhomme sait s’entourer (on va y revenir).

L’ironique “Last Song About You” et le groovant “Always On The Run” (que l’on dirait inspiré de la période disco des Stones) vont faire grimper la température et initier des pas de danse à travers un public à la moyenne d’âge plus élevée qu’à l’accoutumée. Il est vrai que les influences de Tom Van Laere se situent plutôt dans la mouvance singer-songwriter des années 70 qu’il revisite allégrement sur son dernier opus (“The Land Of Lack”, “I Don’t Want To Feel Good Today”).


Ceci dit, il ne perd jamais de vue la petite touche pop qui lui permet d’incruster le refrain dans les oreilles des spectateurs en moins de temps qu’il ne faut pour accorder sa guitare, à l’instar de “Nothing Else To Do” et de l’excellent “Walking Wounded” dont les cuivres rappellent Calexico. Au milieu d’un décor on ne peut plus sobre (devant la scène, un bambou sur lequel est accroché le cornet d’un téléphone rose qui ne servira à rien), ce sont les musiciens qui captent le regard. Et pas seulement le guitariste dont les cheveux longs maintenus par un serre-tête le font ressembler à Björn Borg.

Ceux-ci peuvent en effet se targuer de maîtriser leur instrument à la perfection et il ne faut pas être mélomane pour se rendre compte qu’une réelle alchimie se dégage sur scène au point de transcender des compositions aux directions parfois surprenantes. Prenons par exemple un “Bad Year For Rock ‘N’ Roll” version big band agrémenté d’une basse d’enfer ou un uptempo “Rags ‘N’ Run” particulièrement efficace en final du set principal. Epinglons également “Get Out Of My Life Woman”, une reprise de Lee Dorsey dont la touche soul sera à tomber (l’excellent duo de cuivres n’y sera pas étranger).

Chaque musicien aura d’ailleurs droit à son moment de gloire pendant lequel le leader va respectueusement s’effacer. Ceci dit, il va tout de même s’illustrer en plaisantant abondamment avec le public (allant même jusqu’à prononcer quelques mots en wallon), en racontant une histoire abracadabrante en guise de présentation de son groupe ou en enfilant deux vestes de spectateurs qui traînaient au pied de la scène tout en continuant à chanter.

Une ambiance décontractée et bon enfant qui allait se poursuivre lors des rappels, même si ceux-ci allaient se voir drastiquement raccourcis par rapport à la set-list. Seuls un délicat “Home” et un ultime extrait musicalement très riche de “The Great Scam”, “Breaking Away”, allaient trouver grâce à leurs yeux. Pendant ce dernier morceau, les deux joueurs de cuivres allaient se retrouver au milieu du public en train de faire les pitres.

On ne le savait pas encore mais un appendice allait avoir lieu un peu plus tard. On était d’ailleurs en train de faire la file au bar lorsqu’un spectateur est venu nous prévenir que le groupe était de retour sur scène, malgré le fait que les sorteurs avaient déjà quasi fait vider les lieux. Ceux qui ont directement filé vers le vestiaire après le concert s’en mordent encore les doigts…

Photos © 2014 Denoual Coatleven

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