Un ouragan nommé Death From Above 1979

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Qui aurait imaginé les fougueux Canadiens de Death From Above 1979 enterrer la hache de guerre, enregistrer un excellent deuxième album, remonter sur les planches et enfin récolter le succès dont ils avaient posé les bases voici plus de dix ans ? Après une Rotonde du Botanique bien trop petite en octobre dernier, c’est à l’AB Box qu’ils se sont produits ce dimanche 1er mars. Un printemps météorologique qui allait prendre des allures de tempête sonore dès les premières notes du support, Turbowolf. Il ne fait aucun doute que le décibelomètre de la salle a volé en éclats sous les coups de batterie saccadés, les lignes de basse ronflantes et les riffs de guitare lorgnant vers le metal du groupe emmené par un chanteur entertainer complètement déjanté à la voix criarde.

Il va en effet faire le pitre en permanence, bien secondé par la bassiste pince-sans-rire au blouson noir qui ne va pas hésiter à descendre prendre la température dans le front pit. Le souci, c’est que tout cela semble un peu trop convenu. Par moments, on est à deux doigts d’une parodie d’un groupe de hard rock avec les clichés de rigueur. Et kitsch de surcroit lorsque l’on prend en compte les fleurs qui ornent les amplis. Il n’empêche que les spectateurs du premier rang ont apprécié.

Culte, c’est le terme qui caractérise le mieux Sebastien Grainger et Jesse F Keeler, les deux membres de Death From Above 1979. Ainsi, leur premier album (“You’re A Woman, I’m A Machine”, aujourd’hui épuisé) a survécu à leur séparation dans une ambiance détestable en 2006 alors que la même année, CSS les mentionnaient dans leur single “Let’s Make Love And Listen To Death From Above”.

Suivront cinq années pendant lesquelles ils vont se concentrer sur leurs projets parallèles respectifs (dont The Mountains et MSTRKRFT) et s’épanouir dans leurs vies affectives. La réunion surprise des deux protagonistes a finalement mené à l’enregistrement d’un deuxième album très réussi, “The Physical World”, mis en boîte à Los Angeles et produit par le réputé Dave Sardy.

Ceci dit, un rapide sondage dans la salle laissera apparaître que la majorité des spectateurs sont venus sur base de l’album de 2004 en n’ayant que très peu tenté de dompter la nouvelle plaque. Ceux-ci seront bien entendu aux anges lorsque le groupe débutera son show avec “Turn It Out”, la plage d’intro de “You’re A Woman, I’m A Machine”, initiant déjà les premiers pogos.

Sebastien Grainger, le batteur chanteur (hurleur ?), porte une salopette blanche laissant apparaître son torse et ses bras tatoués. Il joue de profil et a ainsi toujours un œil sur son compère bassiste Jesse F Keeler, aussi chevelu et barbu que lui. Ils se produisent devant une banderole arborant le (curieux) logo du groupe, représentant la tête des deux musiciens une trompe à la place du nez, intelligemment mis en valeur grâce aux jeux de lumière.

Si l’efficacité de “Go Home, Get Down”, “Going Steady” et autre “Dead Womb” n’est plus à démontrer (ce dernier va d’ailleurs générer un pogo monstrueux), on pourrait peut-être leur reprocher un manque de diversité encore plus flagrant sur scène. Furieux, certes, mais répétitif à la longue. Seul “Little Girl” et son riff à la Led Zeppelin échappe à cette remarque. Il est d’ailleurs incroyable d’entendre ce que le bassiste parvient à sortir comme son de sa quatre cordes. Sur ce point, il nous fait penser à Robert Levon Been (Black Rebel Motorcycle Club).

Les extraits de “The Physical World”, plus variés sur disque, vont quant à eux apporter une alternative mélodieuse (même si ce terme est plutôt mal choisi lorsque l’on parle de DFA1979), tout en conservant le mur du son qui fait la réputation du groupe en live. Ainsi, “Right On, Frankenstein” va déchaîner les passions, au même titre que “Cheap Talk” aux effets cowbell appuyés.

Un peu plus tard, “White Is Red” fera mine de ressembler à une chanson calme ou en tout cas moins nerveuse. Elle servira de break à des spectateurs prêts à se défier dans le moshpit. Juste après, les excellents (et presque radiophoniques) “Trainwreck 1979” et “Crystal Ball” leur permettront de s’adonner à leur activité favorite.

En attendant, la prestation se terminera au son d’un incroyablement puissant “Government Trash” (rien à voir avec la version de l’album) suivi d’“Always On” aux paroles criantes de vérité (“If we brought Kurt back to life, there’s no way he would survive”). Un hommage détourné à Nirvana dont l’esprit rock ‘n’ roll reste une de leurs influences majeures.

Les trois titres joués lors des rappels ne feront qu’ajouter une dose de rugosité à une soirée qui n’en aura pas manqué. “Pull Out” va d’abord quasi avoir raison de la voix de Sebastien Grainger avant que “The Physical World” et ses nappes électroniques ne soient le théâtre d’un circle pit dans la salle et d’un geyser sur scène initié par le batteur à chaque impact sur son instrument. Entre les deux, “Romantic Rights” rimera davantage avec testostérone qu’avec repas aux chandelles. En même temps, on n’en attendait pas moins de leur part…

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