The Subways au Bota : still a party !

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Tel un rituel, la sortie d’un nouvel album des Subways s’accompagne d’un passage obligé au Botanique. La tradition a une nouvelle fois été respectée ce mercredi 11 mars puisque le trio londonien a pour la quatrième fois fait parler la poudre dans une Orangerie sold out. Ils avaient emmené avec eux Dune Rats, un trio australien explosif, en tout cas par rapport à l’environnement sonore qu’ils maîtrisent à la manière des Ramones. En d’autres termes, leurs compositions sont courtes, directes et bordéliques. Quant aux textes, on ne les imagine pas d’une profondeur extrême. À vrai dire, on ne s’y est pas vraiment attardés vu qu’ils chantent presque faux la plupart du temps.


Mais c’est sans doute leur attitude puérile qui est la plus énervante. Le chanteur ne peut s’empêcher de grimacer en permanence alors que le bassiste se trouve dans un trip démonstratif aigu qui finit par taper sur le système. Seul le batteur n’en fait pas trop, ou alors plus discrètement car sa chevelure lui recouvre continuellement le visage. Autant dire que l’on n’a pas réussi à tenir jusqu’au bout des quarante minutes de leur prestation.

Les Subways sont donc de retour avec un quatrième album entièrement réalisé par leurs soins. S’il n’est pas vraiment révolutionnaire et limite un peu décevant, il sert au moins de prétexte à une nouvelle tournée. Et lorsque l’on sait que c’est en live que le groupe se dévoile le mieux, l’achat d’un ticket garantit à coup sûr une soirée festive.

Il ne faudra pas longtemps pour se rendre compte qu’après dix ans de carrière, ils ont toujours le même enthousiasme et continuent à prendre leur pied sur scène. “We Don’t Need Money To Have A Good Time” débutera à du cent à l’heure après une intro parsemée de fumigènes et de gyrophares. La bassiste Charlotte Cooper, robe à paillettes et ballerines roses (assorties à sa nouvelle coloration) arpente déjà la scène telle une sauterelle.


Le chanteur Billy Lunn, quant à lui, force sur sa voix mais attendra tout de même le deuxième morceau (“I’m In Love And It’s Burning In My Soul”) pour grimper sur le kit de batterie. Un kit derrière lequel ne se trouve pas Josh Morgan. Celui-ci souffre en effet du syndrome d’Asperger qui a pour conséquence de décupler son trac au moment de monter sur scène. Il est donc en convalescence et remplacé par un proche du groupe dont la présence scénique et le jeu vont presque faire oublier le batteur d’origine.

Le début du set sera parsemé de nouveaux titres dont la perception ira de correcte (“Dirty Muddy Paws”, le riff de “Good Times”) à passable (le single “My Heart Is Pumping To A Brand New Beat”) en passant par médiocre (le téléphoné “We Get Around” malgré la voix de Charlotte). Mais ils seront tous distancés dès les premières notes de “Mary”, instantanément accueillies par les cris du public et dont le solo de guitare prononcé fera des ravages.


Et c’est bien là que réside le problème des Subways. Tout ce qu’ils enregistreront sera systématiquement comparé à “Young For Eternity”, leur excellentissime premier album de 2005. Un réservoir à tubes qui contient toute la science du génial producteur Ian Broudie (The Lightning Seeds). Comment en effet ne pas craquer sur les arrangements de “I Want To Hear What You Have Got To Say” et de “Rock & Roll Queen” (le leader se fendra d’ailleurs d’un couplet approximativement traduit en français). Le nouveau single “Taking All The Blame” paraîtra dès lors bien pâle juste après, surtout que certains breaks mériteraient d’être davantage exploités.

Un Billy Lunn qui, comme de coutume, ne tiendra pas en place et, entertainer né, va interagir abondamment dans un français basique avec le public (ponctué par son désormais légendaire “meeerci beaucouup”). Le souci, c’est qu’il ne se renouvelle pas et qu’il finit par devenir prévisible (stage diving dans le public, “everybody go crazy”, concours de cris,…). En revanche, on va redécouvrir sous un nouveau jour la puissance du presque metal “Girls And Boys” auquel succèdera “Celebrity”, un des rares extraits du troisième album joués ce soir.

C’est à ce moment que le set principal aurait dû se terminer mais le groupe préférera rester sur scène et jouer le rappel dans la foulée. Malheureusement, la version de “With You”, débutée de manière acoustique, ne va pas nous faire frissonner (au contraire, certains spectateurs iront jusqu’à faire des cœurs avec leurs doigts). Tout rentrera cependant dans l’ordre avec “Oh Yeah”, chanté à l’unisson par un public chaud comme la braise. Un nerveux dernier nouveau titre, “Just Like Dude” et le festif “It’s A Party” clôtureront les débats, quelques riffs du “Foxy Lady” de Jimi Hendrix en sus. Les Subways ont une fois de plus assuré, souhaitons leur toutefois de ne pas devenir une caricature d’eux-mêmes.

Photos © 2015 Bernard Hulet

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