Steel Panther se fait l’AB

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‘Cheveux longs & pantalons moulants pour LA soirée metal ’15. Tel était le communiqué qui avait été posté sur le site de l’Ancienne Belgique pour rameuter les fanatiques de Steel Panther à la capitale. LA soirée métal 2015 ! Vous avez bien lu ! Comment aurions nous pu, Bernie et moi, manquer LA soirée métal 2015 ? Jeudi 2 avril 2015. Bruxelles à répondu à l’appel et ce soir la Panthère d’Acier joue à guichets fermés. 19h40. Bernie mitraille déjà les Lounge Kittens lorsque je m’engouffre dans la salle. Ces ‘chatons de salon’, dont j’ignorais l’existence il y a encore quelques heures, donnent le ton de LA soirée métal 2015 en nous offrant un set… sans une once de métal !

D’après le site de l’AB, les Lounge Kittens sont ‘un trio de femmes fatales qui reprend des grands classiques du métal dans le style des Andrew Sisters’. Le rédacteur des communiqués de la superbe salle bruxelloise et moi n’avons pas vraiment la même vision du monde. Vues du parterre, les trois femmes ne me semblent pas aussi fatales qu’il a voulu le faire croire. Quant aux ‘Classiques du Métal’ annoncés,… le débat est ouvert. À titre personnel, j’ai un peu de mal à ranger dans cette catégorie des hits de Slipknot, Prodigy, Limp Bizkit ou Rammstein, même s’ils sont miaulés à la perfection. Si les femmes ne sont pas fatales, l’ennui, lui est bien mortel. Le trio remporte un certain succès, ce qui aurait dû, en principe, me faire comprendre que je n’étais pas à ma place.

Je ne me suis jamais vraiment intéressé au cas Steel Panther. L’étiquette ‘parodie’ qui lui colle à la peau m’a toujours un peu intrigué, mais pas au point de faire l’effort d’approfondir le sujet. Je me suis un peu rattrapé ce matin en faisant de leur album « All You Can Eat » la bande son de mon embouteillage quotidien. Le style de la plaque ne m’a pas déplu, pas plus qu’il ne m’a emballé d’ailleurs. Elle m’a semblé devoir la plupart de ses idées à Poison, Def Leppard et Dokken, trois groupes que j’apprécie (un peu pour le premier, beaucoup pour les deux autres), je n’ai donc aucun a priori négatif.

20h30. L’AB, pleine à craquer accueille l’obscurité avec un plaisir évident. La sono, qui nous a fait patienter jusqu’ici en diffusant quelques classiques de Dio et d’Ozzy, envoie dans nos esgourdes avides les premières notes du fantastique « Runnin’ With The Devil » de Van Halen. Les Steel Panthers envahissent les planches en affichant un look ‘mi-Loréal, mi-Pepsodent’ relativement similaire à celui qui avait fait le succès de Poison à la sortie de « Look What The Cat Dragged In ».

Le titre « Pussywhipped » qui ouvre le concert est aussi celui qui ouvrait l’album que j’ai écouté ce matin et je suis donc en terrain relativement connu. Pourtant, contrairement à l’AB qui est en liesse dès les premiers accords, je n’arrive pas à entrer dans le jeu. Les musiciens sont plutôt bons, mais leur attitude de rock stars débiles (intentionnellement?) exagérée, me rebute au plus haut point. La suite du show est une successions de platitudes myosines, homophobes et à mon humble avis franchement ‘métalophobes’. Le côté humoristique qui, d’après les convaincus fait tout l’intérêt du groupe, ne me semble pas voler beaucoup plus haut que la blague du coussin péteur. Me désintéressant peu à peu du concert, je me concentre sur mes voisins qui s’esclaffent de manière mécanique chaque fois que l’un des musiciens prend la parole pour lâcher une débilité profonde. Les fans de Steel Panther sont venus pour rire et un rien les satisfait. Dans un sens, ils me rappellent ces français qui partent d’un fou rire dès que le mot ‘Belge’ est associé au mot ‘histoire’. Mes amusants voisins, quant à eux, deviennent hilares dès qu’ils entendent le groupe prononcer l’une des nombreuses déclinaisons anglaises du mot ‘bite’ (ou leur forme quantitative ‘grosse bite’ très largement utilisée par le guitariste). Lassé d’écouter ces abrutis en spandex quémander du nichon et fantasmer sur le nombre de groupies qu’ils vont se faire après le show, et sans doute un peu effrayé à l’idée que, pour rester dans le ton, ils enflamment leurs flatulences avec des briquets, je décide de terminer la soirée au bar en compagnie de Bernie. Esquissant un sourire gêné, le keupon me balance :’Vous êtes cons, les métalleux, non ?’ Bien que l’idée me répugne, je suis forcé d’admettre que, pour une fois, l’animal a trouvé plus décérébré que lui.

Nous avons donc assisté à LA soirée métal 2015. Mises à part celles que j’ai passées avec Bernie, j’en ai détesté chaque seconde !

Photos © 2015 Bernard Hulet

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