Une [PIAS] NITE reliftée

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Pour son édition 2015, la [PIAS] Nite a subi un petit lifting. Désormais organisée en collaboration avec Les Ardentes, elle a eu lieu sur une seule journée dans un nouvel espace, le Palais 12. C’est donc au pied de l’Atomium que l’on a été faire la fête au célèbre label indépendant ce samedi 4 avril. Après un accueil chaleureux sur le stand presse, direction la grande salle dans laquelle allait se dérouler la majorité de la soirée. En effet, la petite était essentiellement le théâtre de DJ sets entre les concerts. Une manière habile d’éviter le décalage de l’an dernier consécutif à un retard sur le programme de la seconde scène.

Rien de tout cela cette année puisque le timing a été parfaitement respecté, à commencer par le set de The Spectors, qui avaient déjà ouvert le bal voici un an à Tours & Taxis. Les Brugeois emmenés par la blonde Marieke Hutsebaut (qui a définitivement troqué les survêtements rayés contre un élégant tailleur blanc) viennent de sortir « Light Stays Close », leur première plaque. Une plaque aux atmosphères sombres et aux harmonieuses voix féminines (la claviériste Hannah Vandenbussche y participe activement même si elle se révèle par moments maladroite).


Particulièrement expressive sur la plage titulaire de l’album, la bassiste leader va se montrer malgré tout assez statique. Cela n’empêchera pas les deux guitaristes de s’en donner à cœur joie et de participer aux vocaux de « Going Down » (en tout cas pour l’un d’entre eux). Parmi les meilleurs moments, pointons le très équilibré « Flakey », « Wish Me Away » qui débute en douceur avant de s’envoler vers un final musclé et « One-Eighty », d’une efficacité redoutable.

La dernière fois que l’on a vu BRNS, c’était à
l’AB Box
en octobre dernier pour la sortie de « Patine », leur premier album et, reconnaissons-le, ils nous avaient laissés sur notre faim. Sans doute tétanisés par l’enjeu, ils étaient un peu passés à côté de leur sujet ce soir-là. Six mois plus tard, ils maîtrisent parfaitement leurs plus récentes compositions et vont même nous en faire partager une toute nouvelle (titre de travail : « I Cannot Fall ») qui, axée sur des percussions prenantes et un final puissant sera ni plus ni moins un des sommets de leur prestation.

De retour d’une mini tournée promotionnelle aux Etats-Unis où ils ont notamment joué au célèbre festival SXSW (le chanteur batteur Timothée Philippe arbore d’ailleurs un t-shirt labellisé Texas), ils ont montré combien ils pouvaient emmener les spectateurs dans leurs délires sonores alambiqués mais paradoxalement accessibles si l’on se donne la peine de rentrer dans leurs univers. Cela, on le savait déjà mais la confirmation de l’osmose qui se dégage du quatuor nous a rapidement fait oublier le faux-pas accidentel dont on parle plus haut.


Qu’il s’agisse de « Void » à la sinistre intro, de « My Head Is Into You » amorcé au mélodica, du déroutant « Slow Heart » ou d’un « Our Lights » faussement bordélique en crescendo, leur set n’aura connu que peu de temps mort. Si les effets stroboscopiques judicieusement injectés ont accentué la puissance globale, il n’aura manqué que « Behind The Walls ». Le seul regret de la soirée, compte tenu qu’ils ont stoppé cinq minutes avant la fin de l’horaire prévu.

Pour la petite histoire, Baxter Dury avait été annoncé à l’affiche de l’an dernier avant d’être finalement remplacé. Ce soir, il est bien présent afin de promotionner « It’s A Pleasure », son quatrième album. Généralement très classe (il était apparu sur scène en col et cravate au
Dour Festival
en 2012), il montera sur scène complètement négligé ce soir. Baskets, pantalon en toile et chemise débraillée, il va en plus étaler son souci avec l’alcool en vidant un nombre incalculable de bières pendant son set entamé avec « Isabel ».

Sa voix caverneuse et son phrasé parlé caractéristique sont impeccablement secondés par Fabienne Débarre, sa choriste claviériste sans laquelle il se sentirait bien dépourvu (il en a perdu une en chemin depuis son concert au Bota en novembre dernier). Celle-ci porte une sorte de combinaison kimono un peu spéciale mais autrement plus classe que la section rythmique derrière elle. On a en effet l’impression qu’ils ont été recrutés pour participer à un film parodique. Le batteur joue notamment sur un kit bien trop petit pour lui. Ah oui, et ce couple de poupées gonflables qui traîne sur scène n’apporte pas grand-chose.


Heureusement, il reste les compositions du bonhomme qui, quoi qu’on en dise, sortent du lot avec ces nappes de synthé rafraîchissantes et un souci du refrain particulièrement affûté. Curieusement, il va tout d’abord interpréter dans l’ordre les sept premières plages de « Happy Soup », l’album avec lequel il a enfin obtenu la reconnaissance du public en 2012, avant de se concentrer sur ses compositions les plus récentes. Parmi celles-ci, « Palm Trees », « Pleasure » et « Whispered » font aisément le boulot, entre pop intelligente et arrangements entêtants.

En plus de se rincer le gosier, de faire le pitre et de lancer des rires béats énervants au micro, il allumera une cigarette avant de chanter « Cocaine Man », le seul titre datant de sa période pré-« Happy Soup », à l’intense final renvoyant au « Enjoy The Silence » de Depeche Mode. Son père Ian Dury parlait de « Sex & Drugs & Rock & Roll », il doit en avoir pris de la graine. Il n’empêche que son comportement a terni une prestation que l’on qualifiera dès lors de mitigée.

Véritable phénomène, Oscar & The Wolf n’en finit pas de franchir des barrières de plus en plus hautes. Le groupe de Max Colombie vient en effet de remplir le Lotto Arena et s’apprête à faire de même en octobre prochain avec le Sportpaleis. Les deux premiers EP (dont « Summer Skin », produit par Robin Proper-Sheppard de Sophia) avaient initié un intérêt qui n’a fait que grandir de façon exponentielle avec « Strange Entity », leur excellent premier album sorti l’an dernier.

Le public a en tout cas rejoint en masse le Palais 12 et l’ambiance va monter d’un cran dès que les lumières vont faire place à une animation d’éclipse solaire sur l’immense écran géant qui avait à peine été utilisé jusque-là. « Joaquim », la plage d’intro de l’album, va instantanément poser les bases d’un show que Max Colombie va assurer tout seul au milieu de mini saules pleureurs en guise de décor naturel.


On ne voit en effet que lui, dans une tenue blanche immaculée en plusieurs couches. Lui qui va se prendre pour un cygne et sans cesse se mouvoir de façon langoureuse (maniérée ?) en utilisant généreusement l’avancée de la scène. Si cela fait sourire au départ, il faut bien avouer qu’à la longue, cela devient un peu too much. Mais la gent féminine, elle, craque complètement et le manifeste à coup de cris hystériques.

Derrière lui, le batteur utilise des stick rose fluo alors que le claviériste démonstratif complète le line-up. Ah non, il y a aussi un guitariste sur le côté mais sa présence apparaît plus énigmatique qu’autre chose vu qu’on ne l’entend pour ainsi dire pas. Si l’écoute de l’album donne des frissons répétés, on est déçus de se rendre compte qu’en live, les émotions se limitent à leur plus simple expression. Pourtant, « Undress », « Somebody Wants You » ou « Strange Entity » devraient presqu’arracher des larmes à tout spectateur.

Mais voilà, malgré un light show impeccablement réglé (les lasers ont fait sensation), un son digne des meilleures salles et un public conquis, on reste quasi de marbre. Est-ce la voix trafiquée en permanence du leader, son attitude, la relecture trop électro d’un titre comme « Princes » ou les clichés (le canon à confettis) qui clochent, on n’en sait trop rien. Et ce ne sont pas les covers de Gala (« Freed From Desire » dans une pourtant surprenante version soft) et de Jennifer Lopez (« Jenny From The Block ») qui vont arranger les choses. Ceci dit, un rapide sondage à la fin du concert nous a bien vite fait comprendre que notre avis était isolé. On ira donc jeter un œil à son set aux Ardentes pour se forger une deuxième opinion.


Le Palais 12 s’est alors transformé en discothèque géante jusqu’au bout de la nuit. Une manière comme une autre de d’étaler l’éclectisme du label, démontrant au passage que deux publics différents pouvaient cohabiter le temps d’une soirée de célébration.

Photos © 2015 Denoual Coatleven

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