Benjamin CLEMENTINE, Adrian CROWLEY, LE COLISEE, Nuits du Botanique, 9 mai 2015

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Ce samedi 9 mai, le vent soufflait plus fort que d’habitude et faisait regretter le soleil qui est d’habitude présent lors des éditions précédentes des Nuits du Botanique. Ce soir, la tête d’affiche était Benjamin Clementine, avec un première partie l’irlandais Adrian Crowley et Le Colisée, qui offre une performance qui abolit les frontières, entre folk et afro-beat. Adrian Crowley apparaît sur scène vers 20h30, très timide, avec sa guitare électrique. Il nous parle du voyage qui l’a emmené jusqu’ici et de sa petite fille qui lui manque. Les compos de Crowley se distillent tranquillement, clames et lentes, évoquant Daniel Lanois ou the Edge pour l’aspect éthéré des sons de guitare et Richard Hawley pour la voix. C’est aussi pour sa petite fille qu’il prend une photo du public.

On ne présente plus Benjamin Clementine. Sa prestation de ce soir fût un des premiers rendez-vous de ces Nuits 2015 à afficher complet. Il ne fut donc pas évident de se frayer un passage jusqu’au devant de la scène. Vers 21h30, un escogriffe sort de la pénombre et se dirige vers un piano à queue. Il avance pieds nus, vêtu d’un long manteau défraîchi comme en recyclent les Emmaüs, dans une monumentale pompadour de cheveux crépus. Son embarras, perceptible, se communique à toute la salle. Hésitant, il fait craquer ses phalanges avant de se résoudre à poser ses longs doigts sur les touches du clavier. Et d’emblée, il attaque avec « Condolences », un des plus beaux morceaux de son album. Il demande à l’éclairagiste une lumière moins bleutée, et de sa voix très douce et basse, s’autorise des petits apartés avec le public entre chaque morceau. Le magnifique « Adios » et ses notes de pianos jouées à toute vitesse sont acclamées à leur terme par des tonnerres d’applaudissement, tout comme « Nemesis » et « Cornerstone ». Après avoir annoncé qu’il ne ferait pas de rappels, il semble revenir sur sa décision et nous offre une superbe reprise du classique de Nick Drake, « River Man ». Au final, c’est un hommage à Charles Aznavour (dont Clementine est un grand admirateur) et à Jacques Brel qui vient clotûrer ce concert de une heure et des poussières. Ce medley « Emmenez-moi/Ne me quitte pas » n’est pas trop fidèle au texte mais il parviendra à tourner son manque de connaissance du français à son avantage, en faisant rire le public.

Nous quittons ce concert avec l’impression d’avoir assisté à un grand moment…sous ces auspices, Les Nuits ne pouvaient donc pas mieux commencer.

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