Le post-grunge extrême de Metz

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Si la fin de la saison arrive à grands pas, il reste encore quelques rendez-vous incontournables dans les salles de concert avant le début des festivals d’été. Par exemple, ce mercredi 17 juin au Bota, où se produisaient les furieux Canadiens de Metz. La Rotonde était d’ailleurs déjà généreusement garnie lorsque Bad Breeding ont pris possession de la scène pour assurer leur support. Ce sont déjà eux qui avaient provoqué un déluge en ouverture d’Eagulls à l’AB Club l’an dernier. Six mois plus tard et rien n’a changé sous le soleil. Ou plutôt dans la pénombre vu que les atmosphères restent délibérément froides et sinistres, régulièrement parsemées de flash épileptiques.

Le regard hagard du leader et son attitude détachée voire possédée le rendent flippant, notamment lorsqu’il s’accroche à son pied de micro dans des positions à même le sol. Un leader qui se mêlera au public à plusieurs occasions, semant presque la terreur parmi les spectateurs. D’autant qu’il hurle plutôt qu’il chante, accompagnant à la perfection ses trois compères (un guitariste, un bassiste et un batteur) pour qui le terme harmonie ne doit pas signifier grand-chose. Du son bien lourd mais pas un mot au public. Their kind of freedom, sans doute, pour paraphraser le slogan arboré sur un de leurs amplis.

Deux ans après avoir sorti un premier album éponyme aussi court que puissant, les trois gaillards de Metz sont de retour avec une seconde plaque sobrement baptisée “II”. Prônant toujours un revival grunge puissance dix, il se veut plus mélodieux. Enfin, mélodieux à la sauce des natifs de Toronto, s’entend. Autant vous dire que les murs de la Rotonde s’apprêtaient à trembler.

Les choses se sont mises en place avec trois extraits de “Metz” (dont un enragé “Negative Space” d’entrée de set), qui vont baliser la soirée et d’emblée démontrer l’importance fondamentale du batteur Hayden Menzies qui, avec ses longs cheveux lisses, ses tatouages et sa manière aussi appliquée que décidée de frapper sur ses fûts, rappelle un certain Dave Grohl au début des années 90.

L’autre personnage en vue n’est autre que le chanteur guitariste Alex Edkins qui n’attendra pas “Knife In The Water”, le second titre joué ce soir, pour s’égosiller et “Get Off” (le suivant) pour dégouliner de sueur. Il est vrai qu’il se dépense sans compter et on est toujours en train de se demander comment ses lunettes sont restées bien en place pendant tout le concert. Seul le bassiste Chris Slorach va passer légèrement inaperçu, contrairement à son instrument.

A l’instar des pogos devant la scène, les compositions, pourtant déjà puissantes, vont se développer en crescendo. Les rares moments de répit, comme sur “Spit You Out” ou “Kicking A Can Of Worms”, ne permettent qu’une respiration de courte durée avant de repartir de plus belle dans le rouge. À ce propos, si on ne présente plus un classique comme “Headache”, les nouveaux “The Swimmer” et “Nervous System” dégagent une efficacité au moins aussi redoutable.

Surtout que l’ensemble prend une dimension quasiment incontrôlable sur scène, comme en témoigneront les spectateurs du premier rang littéralement emportés par les riffs incendiaires du leader et les coups de massue répétés du batteur. “Wasted” va ainsi faire office d’hymne alors que “Dirty Shirt” prendra des couleurs du Nirvana de la période “Bleach”, sans concession aucune. Entre-temps, le chanteur se sera improvisé roadie en ramenant une guitare de derrière la scène avant de l’accorder dans la foulée.

Les mouvements de foule atteindront leur paroxysme sur “Acetate”, l’excellente plage d’intro du nouvel album, mais c’est “Wet Blanket” qui surpassera les limites les plus folles, avec un final frappadingue d’une extrême violence. Il n’aura manqué que la destruction du matériel sur scène. Pour nos tympans, il était déjà trop tard…

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