Un concert de Camel, c’est toujours magique !

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Après leur passage en 2013 lors du Snow Goose Tour et de leur prodigieuse prestation, je me devais d’être à nouveau là ce mercredi 15 juillet à Limbourg, pour le retour de la bande à Latimer. Pas possible de rater ce groupe mythique d’autant plus que le line-up était à nouveau d’anthologie avec bien sûr Andy Latimer, Colin Bass, Denis Clément et Ton Scherpenzeel en remplacement de Guy Leblanc, récemment décédé (voir article déjà paru). Serait-ce la dernière fois que nous pouvons les voir ou reviendront-ils encore une fois ? Rien n’est moins sûr car le poids des âges se fait sentir pour le grand guitariste, qui souffre d’arthrose aux mains. Mais oublions ces perspectives pessimistes et recadrons-nous sur cet évènement incontournable du petit monde du progressif, avec la venue de ce véritable icone des seventies, qui nous aura déjà distillé tellement de sublimes compositions. Pour ce faire et ne voulant rien rater, je prends l’autoroute dès 17h45 et arrive à Limbourg une demi-heure plus tard où, il y a déjà des fans devant le Kursaal. Etant là de planton depuis quelques minutes, voilà qu’arrivent Brigitte, son mari et son fils. Quelle surprise, mais que faites-vous là ? Voir du prog bien sûr et du bon de préférence. Sur ce à 19 heures, les portes s’ouvrent et le petit groupe qui s’est étoffé depuis, rentre dans la salle avec une certaine excitation. Au passage, je croise Gilles Arend qui distribue les flyers du Spirit of 66.

Bien positionné au troisième rang, je découvre la scène avec sur la droite, les claviers de Ton (membre fondateur de Kayak), la batterie de Denis Clément au centre et les claviers additionnels du jeune Jason Hart à gauche. Toujours à gauche pour nous, on trouve le râtelier de basses de Colin Bass (oui il joue de la basse, trop facile non !) et sur la droite, les deux guitares du maitre de cérémonie. Quelques rafraichissements plus tard et suite à un passage au stand de merchandising, voici venir notre Francis Géron national qui annonce le début des hostilités pour 20h30, devant une salle quasi comble.

Et voilà nos dieux de la musique qui entrent sous un tonnerre d’applaudissements, pour entamer “Never Let go”, premier single du groupe sorti en novembre 1972. S’ensuivent “White Rider” (Mirage, 1974) et “Song Within a song” (Moonmadness, 1976). Un retour aux sources qui sonne le glas des photos admises mais surtout, qui nous promet un concert d’enfer avec cette première salve tonique et revigorante d’un tout grand niveau. A ce stade, on peut déjà dire que Colin Bass est bien plus présent qu’en 2013, que Ton remplace avec panache le regretté Guy Leblanc, et que Denis Clément et Andy Latimer sont dans une forme olympique (les trois médailles d’un coup) ! Même assis, les spectateurs tapent du pied et dandinent du chef avec parfois, les yeux fermés pour mieux apprécier cette splendide musique.

S’ensuit “Unevensong” (Raindance, 1977), puis c”est un moment de grande émotion qui nous submerge, car voilà “Spirit of the Water” chanté par un Colin Bass habité. Morceau hautement émotionnel qui monte dans les cieux et qui me fout la chair de poule. Chair de poule que mon camarade de chaise a depuis le début, à chaque fois qu’Andy Latimer entreprend un solo de guitare dont il est seul à avoir le secret. L’album “Moonmadness” reste ensuite dans les bonnes grâces du groupe avec coup sur coup, “Air Born”, “Lunar Sea” et “Another Night”, qui maintiennent un niveau hors du commun, chaleureusement remercié à chaque fois par le public.

Place ensuite à d’autres albums mythiques avec “Drafted” (Nude, 1981), “Ice” (I Can See Your House From Here, 1979) et “Mother Road” (Dust And Dreams, 1991) où, les musiciens transcendent chaque composition leur fournissant énergie et splendeur. L’album “Dust And Dreams” termine le set de ce soir par “Hopeless Anger” et “Whispers in the Rain”, par une standing-ovation comme en 2013. Les gens debouts les yeux emplis de bonheur, félicitent les cinq musiciens après un show littéralement fantastique où, nos hôtes ont carrément cassé la baraque ! Rappel oblige, les voilà revenir pour “Lady Fantasy” (Mirage, 1974) et “Long Goodbyes” (Stationary Traveller, 1984) où, le public se rassied puis se relève frappant de toutes ses forces dans les mains. Voilà c’est fini putain (oups), que c’était bon et bon dieux, comment peut-on faire une telle musique ?

Peut-être en ayant devant soi des monstres vivants et comme à chaque fois, c’est le moment de passer en revue les troupes en présence. Parlons tout d’abord du jeune Jason Hart qui officie aussi au sein de Renaissance, véritable jeune prodigue qui a épaulé avec justesse le main-claviériste. Ajoutons encore son travail à la guitare acoustique et au chant. Que dire de Ton, qui a illuminé l’espace sonore de ses innombrables nappes d’orgue et de synthés, mélangeant avec adresse les sons d’hier et d’aujourd’hui. Il aura surpris dans tous les registres, nous offrant des intros à vous glacer le sang. Le québécois Denis Clément est un tout grand batteur, et ce n’est pas pour rien qu’Andy Latimer l’a choisi ! Le guitariste et fondateur du groupe voulait un jeu à la fois puissant et à la fois précis, avec des points techniques difficiles à reproduire. Et c’est bien cela que nous offre l’homme au bel accent et à la longue chevelure. Colin Bass me semble-t-il, a été bien plus présent qu’il y a deux ans. La set-list étant peut-être pour quelque chose, l’homme à la splendide chevelure grise et à la petite barbe s’est directement mis en jambes, en nous proposant un jeu de basse et un chant d’une toute grande qualité. Il reste donc le bien nommé Andy Latimer, membre fondateur et âme vivante du grand Camel, qui nous a transporté tout au long de chaque splendide solo de guitare où, il nous a gratifié de ses mimiques faciales démontrant sans conteste l’implication de son cœur et de son esprit au sein même de son jeu. Comme me l’a dit mon voisin (il se reconnaitra), Andy peut tout jouer sans jamais déranger le spectateur, en lui offrant une expérience unique et un réel plaisir d’écoute.

Séance de dédicaces oblige aussi, avec des musiciens souriants, ouverts et proches de leur public. Une occasion exceptionnelle de côtoyer de près ses immenses artistes, avec un Andy Latimer encadré de tous les côtés par des fans transcendés. Bien loin de toutes ces musiques formatées et de tous ces groupes fabriqués de toutes pièces, une pierre angulaire du rock progressif, un groupe d’anthologie nous a offert une soirée inoubliable. L’album “Snow Goose” dans le lecteur CD, je rentre sur Liège avec deux galettes dédicacées par tous les musiciens présents ce soir, je suis donc un homme heureux ! A la prochaine Messieurs les grands musiciens, je l’espère.

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