Festival d’Art de Huy, Caçamba ou le Brésil à Saint-Mengold

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Eh oui, le Brésil dans un église, voilà bien une confrontation plutôt inattendue chez nous qui, malgré tout, semble logique du fait que ce pays comporte une grande majorité de croyants. Un programme qui devrait attiser l’intérêt du public, car tout le monde sait que la musique brésilienne est souvent synonyme de fête, d’épices, de chaleur et de couleurs chatoyantes. Pour ce faire, le groupe Caçamba nous emmène à la découverte de la végétation, des folklores et des traditions de ce pays, où musique et football font partie de la vie de tous les jours. Composé de Victor Da Costa (brésilien compositeur et guitariste), Osvaldo Hernandez Napoles (mexicain et percussionniste), Claudio Rocha (brésilien, flûtiste, saxophoniste et clarinettiste) et Boris Gaquere (belge, compositeur et guitariste), le groupe en est aujourd’hui à son second album “Batendo Cancelas” développant un jazz instrumental brésilien en accord avec les traditions. Tel un beau voyage à travers les diverses contrées et parties de ce grand pays (201 millions d’habitants), les compositions de Victor et Boris nous emmènent du Cerrado brésilien (j’y reviendrai), en passant de l’intérieur du pays aux littoral et ses plages de sable blanc.

Si comme tous les concerts à Saint-Mengold, ceux-ci sont orchestrés en collaboration avec l’asbl MUZIEKPUBLIQUE, on remercie aussi l’Atelier Rock partie-prenante dans l’organisation de ces évènements. Sur scène on constate la présence en partie centrale d’un podium richement garni de percussions diverses, avec une place réservée au guitariste acoustique. Devant à gauche pour nous, c’est la place de Claudio et de ses instruments à vent et à droite forcément, c’est la place du guitariste électrique. Retrouvant avec plaisir le charme de cette petite église, je me prépare à vivre une soirée toute brésilienne, avec un groupe qui devrait encore nous faire voyager à travers des contrées exotiques.

Arrivée des artistes et démarrage des hostilités avec un nouveau répertoire, celui du nouvel album qui au départ d’une ambiance plutôt tamisée, s’envole grâce à une clarinette sautillante et des percussions savamment dosées. Sur un tempo typiquement sud-américain, cette clarinette chatoyante et ce saxophone qui entre dans la course, nous rapprochent de l’univers du jazz, fabuleux courant musical s’il en est. La flûte pour sa part apportant un côté plus apaisant, nous approche de certains groupes légendaires du rock progressif comme Camel ! Si les instruments à vent prennent souvent la place de soliste, les guitares prennent aussi les avant-postes au sein d’une samba, d’un jazz brésilien ou d’une bossa-nova. Les artistes passent ici en revue les divers styles musicaux, ce que nous explique Victor, et ce, dans un parfait français (mais pourquoi parle-t-il si bien le français, il faudra creuser cela à l’entracte).

Le groupe passe aussi à travers sa musique, les diverses parties du pays brésilien avec par exemple une chanson sur le Cerrado (région de savane d’Amérique du Sud où la riche biodiversité est grandement menacée), qu’il faut à tout prix préserver. La plus belle fleur du Cerrado nous offre ici une ballade calme jouée tout en finesse. Remarquons que dans l’ensemble de cette première partie (il y aura deux sets), les deux guitaristes sont parfaitement complémentaires quant aux percussions (atabac, alfaya, maringa, pandeiro, caxixi, cuica, agogo et chacalho), elles donnent une superbe coloration sonore.

Le break proposé par les musiciens me permet de les rencontrer une première fois, pour apprendre qu’ils vivent à Bruxelles depuis plusieurs années, ce qui explique leur aisance dans la langue de Molière et le fait qu’il y a un musicien belge au sein du groupe. Si Victor est chez nous depuis 20 ans et Claudio depuis 10, ils retournent une fois par an au pays sinon c’est la musique qui les ressource.

Seconde partie de concert avec la légende d’une figure mystérieuse qui prend les pêcheurs, la chanson “consolaçäo” de Baden Powell (Roberto Baden Powell de Aquino) et de Vinicius de Morales, ce qui permet à Victor de nous conter les racines et les traditions de son pays. Notons aussi une chanson inspirée par Elomar Figueirai de Mello (troubadour du folklore brésilien qui influença fortement le musicien) où, la flûte qui introduit une complainte d’oiseaux, continue à nous envouter et nous charmer. On en termine par un tempo frappé dans les mains par nos amis musiciens, rythme que reprend le public qui remercie chaleureusement le groupe. Un rappel sera comme toujours de mise avec un tempo bien frappé qui résume parfaitement ce concert chatoyant, épicé et coloré. D’ailleurs, tout le public semblera avoir passé une superbe soirée. Pour ma part et après cet excellent concert, je converse à nouveau avec les protagonistes et leur promet de venir les voir à Liège.

Liens à compulser :

Caçamba Site officiel

NB : le groupe brésilien Caçamba sera bientôt en concert à Bruxelles et à Liège, je ne peux que vivement vous conseiller d’aller les voir !

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